Amphithéâtre: le projet de loi sera finalement débattu

Amir Khadir a consenti à ce qu'un projet... (Le Soleil, Laetitia Deconinck)

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Amir Khadir a consenti à ce qu'un projet de loi spécial, qui doit empêcher les poursuites judiciaires contre l'entente, soit l'objet d'un débat en commission parlementaire.

Le Soleil, Laetitia Deconinck

(Québec) Le projet de loi censé «sécuriser» l'entente entre la Ville de Québec et Quebecor sur le futur amphithéâtre ne sera peut-être jamais adopté, mais il sera au moins débattu à l'Assemblée nationale. Tous les élus ont accepté qu'il soit déposé la semaine prochaine par la péquiste Agnès Maltais.

C'est à l'arraché que le maire Régis Labeaume a obtenu que son projet de loi d'exception soit soumis à un débat en commission parlementaire d'ici quelques jours. Les députés indépendants Éric Caire et Marc Picard ont dit «oui, d'accord», après avoir dit «non, pas question».

Amir Khadir, de Québec solidaire, a finalement, lui aussi, accepté de ne pas s'opposer au dépôt du projet de loi. Il l'a annoncé à l'issue de son tête-à-tête avec le maire de Québec, à l'hôtel de ville.

«Il faut qu'on ait une tribune pour débattre de tout ça», a affirmé l'élu de Québec solidaire. Il a estimé que le maire Labeaume et ses opposants, parmi lesquels l'ancien directeur général de la Ville de Québec Denis de Belleval, doivent être entendus au Parlement.

Si Amir Khadir a changé son fusil d'épaule, c'est qu'il a appris au cours des dernières heures qu'un deuxième vote interviendra dans le processus parlementaire, un autre vote qui requerra l'unanimité des élus. Il sait donc qu'il pourra toujours empêcher l'adoption formelle du projet de loi d'ici la fin de la session, prévue le 10 juin.

Sur le fond, l'élu de Mercier demeure opposé à une législation qui placerait l'entente commerciale entre la Ville de Québec et Quebecor à l'abri de toute contestation devant les tribunaux. Il refuse «une loi d'exception juste pour favoriser un partenariat d'affaires».

Volte-face

En matinée, les indépendants Caire et Picard ne voyaient pas l'utilité de discuter en commission parlementaire d'un projet de loi que le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, avait lui-même estimé illégal mardi, disaient-ils.

Or, surprise!, en après-midi, un communiqué du Ministère nuançait les propos du ministre. Et permettait aux élus indépendants d'ouvrir la porte au projet de loi.

«Jamais je n'ai vu un ministre être désavoué d'une telle façon par son ministère», a déclaré Éric Caire en entrevue. «Avec ce que je lis dans ce communiqué, c'est loin de ressembler à quelque chose d'illégal. Je comprends qu'il y a divergence d'opinion sur les façons de faire, mais celle de la Ville de Québec pourrait répondre à l'esprit de la loi.»

Mais attention: «On aura toujours la possibilité de bloquer le reste de la procédure au moment de l'adoption», a prévenu le député de La Peltrie.

L'adéquiste Sylvie Roy a indiqué que son parti n'est pas prêt à appuyer l'entente conclue avec Quebecor à la lumière d'un document de 25 pages que lui a remis Régis Labeaume. Mais l'Action démocratique du Québec ne s'opposera pas non plus au dépôt du projet de loi, quitte à voter contre au bout du compte.

Même si les membres du gouvernement Charest appuieront son adoption, le ministre Lessard a préféré laisser flotter un certain flou, hier. Il s'est simplement dit favorable «au dépôt et au débat».

Seul le Parti québécois s'est jusqu'ici clairement prononcé en faveur et du dépôt, et du débat et de l'adoption du projet de loi.

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