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Transat Québec-Saint-Malo

Tenue pour la première fois en 1984, à l'occasion du 450e anniversaire du premier voyage de Jacques Cartier, la Transat Québec-Saint-Malo est la plus ancienne course transatlantique sans escale en équipage à être disputée d'ouest en est. »

Malgré les super couchers de soleil, l'équipage de... (Photo collaboration spéciale Simon Boivin)

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Malgré les super couchers de soleil, l'équipage de l'EDF Énergies nouvelles a hâte de terminer l'aventure.

Photo collaboration spéciale Simon Boivin

Simon Boivin
Le Soleil

Peut-être qu'au fond, tout ceci n'est qu'une vaste supercherie dont le dessein tordu nous échappe encore. Ou une expérience secrète de scientifiques de la NASA sur la résistance humaine au mauvais sort.

Trente miles nautiques. C'est tout. Au cours des 14 derniers jours, on s'en est claqué plus de 2600. Trente miles, c'est une blague. Ça prend deux, trois heures maximum. Un saut de puce.

Trente miles et c'est Saint-Malo, l'arrivée, le quai, les retrouvailles, les tapes dans le dos, les agapes. D'ici, on entend presque le son des verres qui s'entrechoquent à la santé des uns des autres. Mais ce n'est pas pour nous. Notre barque est maudite.

L'EDF Énergies nouvelles a frappé du vide. Comme dans le fleuve, peu après le départ. On a cru longtemps arriver samedi matin. Puis midi, puis soirée, puis nuit. Finalement, rien du tout, pas de vent, et même du courant dans le nez. Il y a de fortes marées dans la Manche. Peut-être une partie de la nuit à l'ancre. On s'éloigne de la côte pour quémander une brise au large.

Le skipper ne veut plus faire de pronostics. Peut-être cette nuit, aujourd'hui, Noël, allez savoir. Cette impression indélébile que les bateaux derrière rigolent en regardant nos statistiques de vitesse se liquéfier. Et d'être cet abruti de lièvre qui dort à poings fermés pendant que les tortues reprennent du terrain. Avec le résultat que l'on sait. Cela ressemble à s'aplatir à 50 mètres de l'arrivée d'un marathon. La faible distance qui nous sépare de la fin ajoute à la frustration.

Faut pas croire. On se plaît bien, tous les quatre. Des super couchers de soleil, de la rigolade et tout. Mais on compte quand même les dodos. Tout le monde a hâte que ça finisse pour vite aller raconter combien il aurait aimé que ça dure plus longtemps.

«Tu peux dire dans ton truc qu'il fait un beau soleil breton», raille notre skipper David Augeix. Ouais, les Français du sud aiment bien se moquer de la météo au nord. Là, il pleut. Un beau soleil breton.

Côte en vue

Mais il ne faudrait pas que tout ceci éclipse la vraie nouvelle du jour: on voit la côte. Française, pas de boeuf. Quand même, après 14 jours en mer, ça fait quelque chose de la voir apparaître. On pratiquait nos noeuds de chaise et de cabestan quand elle s'est montrée le bout de la Bretagne. On a croisé quelques plaisanciers, doublé quelques phares. C'est joli. Ça donne à l'oeil de quoi manger. Aussi, ça rassure un peu. S'il vous arrive un pépin majeur, les secours ne sont plus au bout du monde. Finalement, ça vous met aussi dans l'esprit que les amarres seront larguées sous peu.

On peine à croire qu'on ne sera pas à quai demain. Voire au cours de cette nuit, si un vent favorable peut se lever. En même temps, reste la possibilité théorique que, d'ici là, une baleine nous avale. Alors prudence. Ne pas trop s'avancer.

*** L'EDF Énergies Nouvelles a atteint les côtes de Saint-Malo dans la nuit de samedi à dimanche à 3h45 heure locale (21h45 samedi soir, heure de l'Est).

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