Les soirs de cassoulet

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Transat Québec-Saint-Malo

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Transat Québec-Saint-Malo

Tenue pour la première fois en 1984, à l'occasion du 450e anniversaire du premier voyage de Jacques Cartier, la Transat Québec-Saint-Malo est la plus ancienne course transatlantique sans escale en équipage à être disputée d'ouest en est. »

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Pour faire plaisir à l'équipage, Rémi Firmin, second... (Photo collaboration spéciale Simon Boivin)

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Pour faire plaisir à l'équipage, Rémi Firmin, second à bord, a fait chauffer une conserve de cassoulet dans la bouilloire au propane.

Photo collaboration spéciale Simon Boivin

Simon Boivin
Le Soleil

Une fois, parti en mer pour une expédition de 20 jours, notre skipper David Augeix n'avait apporté des vivres que pour 10 jours. Et ne s'en était aperçu qu'après cinq.

«Je buvais l'huile des boîtes de sardines», se souvient-il péniblement.

En découle une philosophie assez stricte sur son bateau: pas de gaspillage. On ne jette rien. On finit la dernière lampée de chaque bouteille d'eau et on termine son morceau de pain.

L'autre jour, on tend au skipper une boîte de thon pour qu'il la jette pour nous. «Il en reste?» qu'il nous fait, sur un ton inquisiteur. Tout à coup, pris par surprise, l'impression d'avoir cinq ans. «Non, non, j'ai tout mangé.»

Mercredi, Rémi Fermin, second à bord, nous a fait plaisir. Il a fait chauffer une conserve de cassoulet dans la bouilloire au propane. Hum. Saucisse, porc, flageolets. Bombance. Jeffrey Macfarlane, l'autre équipier, n'en a pas voulu. Trop riche pour la mer, selon lui. Jeff raffole de la bouffe lyophilisée. Ça, nous en avons une belle variété: des couscous, des pâtes, des plats à base de riz, etc.

Pour notre part, la lyophilisée, ça ne passe pas. Peut-être parce qu'on y a été initié au moment où le mal de mer prenait ses aises. Quoi qu'il en soit, après quelques tentatives, il faut se rendre à l'évidence. Même qu'on a dû en jeter. Mais dans le dos du skipper. On n'est pas fou non plus. Pas envie de finir aux fers. Alors, on préfère ne pas prendre de risque et s'en passer. Et attendre sagement les soirs de cassoulet.

Autrement, deux caisses de plastique regorgent encore de conserves de rillettes, de pâtés de campagne, de thon, de sardines. Tous des produits français qui restent du convoyage entre la France et le Québec pour la Transat. Deux autres sacs de bouffe aussi, dans lesquels ont disparu à vue d'oeil un gros morceau de jambon de Parme, de la viande des Grisons, du parmesan, des barres tendres, des noix, des fruits séchés, du gruau et quelques desserts sucrés. Plus des miches de pain brun. Très brun.

Il y avait des fruits aussi, au début, des bananes, des pommes, des oranges. Jeffrey a une allergie au gluten, alors on ne touche pas à ses rations quotidiennes de sandwichs aux galettes de riz beurre d'arachide et confiture.

Onzième jour en mer. Forcément, certains trucs commencent à nous manquer. Surtout la nourriture fraîche, genre la salade. D'avance, on peut vous certifier ce que ce sera si, comme promis, David nous amène au pub L'Univers à Saint-Malo à notre arrivée. Un steak. Épais comme ça.

Techniquement, on devrait terminer la course samedi après-midi. Nous perdons des places en raison des dommages au bateau qui nous forcent à lever le pied. Nous terminerons amochés, mais nous terminerons.

P.-S. - Nos amis français sont fascinés par nos histoires de grève étudiante et de commission d'enquête sur l'industrie de la construction. Alors, il les a déclenchées, ces élections, M. Charest?

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