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Transat Québec-Saint-Malo

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Transat Québec-Saint-Malo

Tenue pour la première fois en 1984, à l'occasion du 450e anniversaire du premier voyage de Jacques Cartier, la Transat Québec-Saint-Malo est la plus ancienne course transatlantique sans escale en équipage à être disputée d'ouest en est. »

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Il pleut à boire debout et il vente,... (Photo collaboration spéciale Simon Boivin)

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Il pleut à boire debout et il vente, mais du bon bord! L'EDF vogue à une vitesse de «croisière» d'environ 10 noeuds.

Photo collaboration spéciale Simon Boivin

Simon Boivin
Le Soleil

L'Atlantique fait le plein. Il pleut à boire debout du matin au soir. Mais on s'en fout. Il vente. Et du bon bord.

L'EDF fonctionne à voile réduite vu la force du vent, mais maintient une vitesse de «croisière» d'environ 10 noeuds. Les ajustements aux voiles ont été faits, et le pilote automatique fait maintenant tout le travail. À moins que le vent ne varie et contraigne à modifier le voilage, il garde le cap très bien tout seul. Sur Saint-Malo. Encourageant que chaque mile nautique avalé nous rapproche de la France.

À l'intérieur de la cabine, tout est plutôt tranquille. Hormis le bruit des vagues fortes qui frappent la coque et la secoue dans tous les sens. Le skipper David Augeix et l'équipier Macfarlane font la sieste, tandis que le second, Rémi Fermin, se fait une petite patience sur l'ordinateur de bord.

Ce Fermin est un marin assez incroyable. Couché dans sa bannette, dans la cabine, il diagnostique mille et un petits problèmes sur le pont rien qu'à l'oreille. Même sur une mer agitée, il bondit ici et là sur le bateau avec l'agilité d'un chat. Il tenait la barre dans du temps mauvais au large de l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon. Alors que, de l'intérieur, l'apocalypse semblait tendre sa carte de visite, Fermin est rentré en s'exclamant : «Woa, j'ai fait 21 noeuds de vitesse! (record du EDF: 24 noeuds) Vous auriez vu les vagues, c'était trop bien!» Ça a quelque chose de rassurant. En même temps, il faut qu'il se méfie. La même soirée, une déferlante l'a surpris et projeté de la barre jusqu'aux filins arrière. Sans eux, on peut imaginer le pire.

Un grand livre ouvert

Fermin navigue depuis qu'il est né et lit dans les vagues comme dans un grand livre ouvert. À la barre, il a un petit côté Gilles Villeneuve. Faut que ça roule. Il avait son atelier de réparation de bateaux, à Nîmes, en France. Mais il s'est lassé de réparer les joujoux des autres. Fermin aimerait bien faire de la voile son seul et unique métier. La quête de commanditaires n'est pas une chose facile. Le jeune homme de 28 ans en est à sa troisième traversée de l'Atlantique rien que cette année.

Il y a autant de courses sur la transat que de bateaux qui y prennent part. De votre ordinateur personnel, vous êtes plus à même de suivre les péripéties de tout un chacun que nous à bord. On reçoit simplement quelques classements quotidiens. Déjà hâte de savoir ce qui s'est passé dans le coin de Saint-Pierre-et-Miquelon où les cartes semblent avoir été passablement redistribuées. Ça jasera course sur les quais à l'arrivée.

Paraît qu'on sera assez choyés en ce qui concerne la météo et les vents favorables d'ici la fin. Tant mieux. La traversée est tellement agréable au soleil.

L'envoi de photos est plus problématique ces jours-ci. Vu notre position plus nordique, l'angle d'accès à notre satellite est moins prononcé, ce qui faiblit le signal et ralentit l'envoi de données, explique notre skipper. Augeix a une peur bleue que le système de communication ne bloque et qu'il ne puisse plus accéder à ses précieuses informations météo...

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