Transat Québec-Saint-Malo: une équipe fait un accident lors d'une régate amicale

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Transat Québec-Saint-Malo

Tenue pour la première fois en 1984, à l'occasion du 450e anniversaire du premier voyage de Jacques Cartier, la Transat Québec-Saint-Malo est la plus ancienne course transatlantique sans escale en équipage à être disputée d'ouest en est. »

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Marie-Pier Duplessis
Le Soleil

(Québec) «Tant que tu ne m'entends pas crier, ça va bien. Mais si je crie, c'est que ça ne va pas.»

Le capitaine David Augeix a crié, jeudi, et sa participation à la Transat Québec-Saint-Malo est maintenant menacée.

Le Soleil était à bord de son bateau quand ce dernier est allé heurter une bouée d'acier à la hauteur de l'Anse au Foulon. Ce qui devait être une simple régate amicale en compagnie des médias, 10 jours avant la fameuse course de voiliers, a finalement pris une tournure aussi dramatique qu'inattendue pour les trois membres de l'équipe EDF Énergies Nouvelles.

«Rechoque, rechoque, rechoque! Je t'ai dit de rechoquer! Bordel!» s'est époumoné le skipper, juché à la barre de son voilier. Trop tard. La coque venait de frapper la bouée peinte en rouge, en plein milieu du fleuve Saint-Laurent. Un deuxième impact et le safran à bâbord, qui oriente le navire dans l'eau, a éclaté en mille morceaux.

«Ah non, putain, les mecs! Pas ça! Pas maintenant!»

Pas besoin d'avoir le pied marin pour comprendre que ce qui venait de se produire était grave. Sans perdre une minute, l'équipage appelle à l'aide en faisant signe à un autre bateau. «On vient de perdre un safran. Allez nous le chercher, là, près de la bouée.»

Déconcertés par la tournure des événements, les trois invités à bord ont observé en silence David, Renaud et Rémi tenter de reprendre la situation en main. Un coup de fil rapide en France nous apprend qu'une «expédition urgentissime» par avion sera nécessaire pour remplacer la pièce brisée. Le skipper informe également son interlocuteur outre-mer qu'il n'y a pas de danger puisqu'on ne prend pas l'eau. Pas de panique, alors!

Les six occupants retournent donc au quai plus vite que prévu, la mine toute déconfite. «Ça ne devait pas arriver. C'est des conneries de débutants», rage le capitaine. Plutôt posé malgré le malheur qui venait de le frapper, il trouve toutefois le moyen de voir du positif dans toute cette mésaventure.

«On était fin prêt pour le départ. On n'avait plus rien à faire sur le bateau. Alors là, au moins, il y aura du boulot. On ne s'ennuiera pas.»

Si tout va bien...

Si tout va bien aux douanes, l'équipe originaire du Languedoc-Roussillon, qui arbore le numéro 45, devrait recevoir sa nouvelle pièce vers le milieu de la semaine prochaine. Elle devrait ainsi pouvoir prendre le départ comme prévu le 22 juillet, aux côtés de 25 autres embarcations à voiles.

Mais chaque minute compte. D'ici là, il faudra lever le bateau de l'eau pour entamer les réparations sur la coque. Il ne s'agit pas que d'un travail esthétique. L'impact a été si fort que la structure est renfoncée, laissant paraître de grandes fissures à l'intérieur, ce qui mine la solidité du bateau.

«On a été tous les trois fautifs. Je les ai avertis trop tard, ils ont réagi trop tard. Ça ne m'est jamais arrivé d'abîmer un bateau. C'est vraiment des bêtises», conclut David Augeix, qui compte déjà trois traversées de l'océan Atlantique à son actif.

Accident possible en mer

Un accident comme celui dont Le Soleil a été témoin pourrait également se produire en haute mer, même si les chances sont plutôt minces étant donné l'expérience des marins.

«Des obstacles en mer, il y en a. Il y a des conteneurs, des baleines. Ça peut arriver», affirme Rémi Fermin, membre de l'équipage de l'EDF Énergies Nouvelles. Celui-ci gagne justement sa vie en réparant des bateaux de course.

«Moi, ce que je pense qu'il faudra faire, c'est une réparation provisoire. Solide, mais provisoire. La réparation définitive se fera de retour en France», dit-il, regrettant le manque de concentration des trois équipiers. «Si c'était arrivé au large, on aurait été bien embêtés. Il aurait fallu faire une réparation par l'extérieur, ce qui implique de faire pencher le bateau sur le côté pour mettre du scotch.»Un tout petit peu d'eau s'est infiltrée à travers la crevasse. «Ça aurait pu être beaucoup plus grave que ça», convient le matelot.

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