Haïti: poursuivre un rêve commun en solo

Marc-André Franche, qu'on voit à gauche avec sa... (André Franche et James Tanaka)

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Marc-André Franche, qu'on voit à gauche avec sa conjointe Alexandra Duguay, en 2008, a choisi de poursuivre sa mission en Haïti malgré le décès tragique de son amoureuse.

André Franche et James Tanaka

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Séisme en Haïti

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Séisme en Haïti

Un puissant séisme de magnitude 7 a frappé Port-au-Prince, le 12 janvier 2010, plongeant Haïti en plein cauchemar. Un an plus tard, la situation ne s'est guère améliorée. »

Le Soleil

(Québec) «Pour Alex comme pour moi, c'était un projet commun d'aller en Haïti. Même si après le tremblement de terre, on m'a encouragé à aller travailler ailleurs, j'ai décidé de retourner pour continuer ce qu'on avait commencé ensemble.»

Directeur adjoint du Programme des Nations unies pour le développement en Haïti, Marc-André Franche a perdu sa conjointe, Alexandra Duguay, dans l'écrasement de l'édifice des Nations unies à Port-au-Prince, le 12 janvier 2010. Originaire de Québec, la femme de 31 ans travaillait comme chargée de communication pour la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti, la MINUSTAH.

Malgré l'épreuve, Marc-André Franche n'a pas hésité à reprendre le boulot là où il l'avait laissé. «On était allés en Haïti pour aider, et de laisser Haïti derrière alors que c'était le pire moment, ça aurait été contraire à tout ça. Je pense aussi qu'Alex serait retournée, si c'était moi qui étais décédé», dit-il en entrevue téléphonique au Soleil. Le couple s'était rencontré en septembre 2005 sur un plateau de tournage de RDI à New York et travaillait à Port-au-Prince depuis six mois lorsque la terre a tremblé.

Ce dernier, qui travaille avec Haïti depuis 2004, estime qu'il a encore beaucoup à apporter à ce pays qui en a bien besoin : «On a une équipe là-bas, j'ai passé à travers le tremblement de terre avec eux et je pense que je peux aider. J'ai aussi tellement d'amis qui sont décédés et qui travaillaient pour Haïti depuis des années, je trouvais que ce n'était pas une façon d'honorer leur mémoire que de simplement partir.»

Plus de 200 000 personnes sont mortes à la suite du séisme qui a dévasté Haïti l'an dernier, dont 130 employés des Nations unies, ce qui représente la pire tragédie de l'histoire de l'ONU.

L'orphelinat de l'île à Vache

Aujourd'hui, Marc-André Franche supervise le déroulement de plusieurs projets de reconstruction, dont trois projets de gestion des débris qui viennent de se mettre en branle.

À travers un horaire déjà chargé, il trouve aussi le temps de s'occuper de l'orphelinat de l'île à Vache, un projet qui tenait beaucoup à coeur à Alexandra. La femme avait décidé de donner un coup de pouce à cet orphelinat, supervisé par soeur Flora, qui y accueille une soixantaine d'enfants. Une vingtaine sont lourdement handicapés. L'an dernier, le couple avait passé les vacances des Fêtes à l'île à Vache, située à près de 200 kilomètres de Port-au-Prince.

«Alex avait décidé qu'au lieu de se donner des cadeaux, on allait faire une mobilisation pour l'orphelinat pour acheter des cadeaux de Noël aux enfants. Elle avait fait une vente aux enchères de photos chez moi et elle avait invité des musiciens haïtiens», raconte Marc-André Franche. Alors que le couple pensait amasser quelques centaines de dollars, c'est finalement 1500 $ qui ont été remis à soeur Flora. «Alex voulait établir un lien à long terme avec l'orphelinat», ajoute-t-il.

Marc-André et la mère d'Alexandra, Marie-Dominique Bédard, ont décidé de faire vivre le rêve d'Alexandra en organisant l'an dernier une collecte de fonds pour l'orphelinat. Environ 60 000 $ ont été amassés jusqu'à maintenant. Les sommes recueillies permettront notamment de construire de nouvelles classes de maternelle pour les 108 enfants qui la fréquentent.

«Présentement, les classes, ce sont des cabanes dehors avec des toits rouillés et percés. On a décidé de reconstruire les classes pendant les vacances scolaires pour que tout soit prêt pour la rentrée», dit-il. M. Franche aimerait aussi pouvoir offrir de la formation en pédagogie aux enseignants et en gestion à soeur Flora.

Collecte de fonds

Pour y arriver, une autre collecte de fonds se mettra en branle à Québec cette année. Les dons seront amassés par l'intermédiaire de l'organisme Les Ailes de l'Espérance, dirigé par André Franche, le père de Marc-André. Des poupées «voeux-doux» seront notamment vendues, explique Marie-Dominique Bédard, qui compte bien se rendre en Haïti à l'automne pour l'inauguration des nouvelles classes de maternelle.

«Alexandra adorait les enfants et s'apprêtait à fonder une famille, alors on se dit qu'on peut peut-être aider d'autres enfants qu'elle n'aura pas, dit Mme Bédard. Elle voulait aussi adopter des enfants, en plus d'en avoir. Au moins, il y a une suite à la vie qu'elle a eue.»

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