Adoption en Haïti: un cours de politique en prime pour Jeff Boudreault

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Comme pour plusieurs couples québécois en attente d'un enfant haïtien, le séisme du 12 janvier 2010 est venu tout chambouler pour le comédien Jeff Boudreault et sa conjointe.

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Un puissant séisme de magnitude 7 a frappé Port-au-Prince, le 12 janvier 2010, plongeant Haïti en plein cauchemar. Un an plus tard, la situation ne s'est guère améliorée. »

Le Soleil

(Québec) Le 12 janvier 2010, le séisme en Haïti a failli compromettre les procédures d'adoption que Jeff Boudreault et sa conjointe avaient entamées plus de trois ans auparavant. Un an plus tard, le comédien résume ainsi son début d'année 2010 : cheveux blancs, nuits blanches, mais au final, «du négatif qui s'est transformé en positif». Ah, aussi, un cours de politique en prime.

Aujourd'hui, l'acteur qu'on a notamment pu voir dans Un homme mort, La galère et Destinées déborde de bonheur depuis que sa famille compte Marie-Barbara, cinq ans et demi.

Mais comme plusieurs couples québécois en attente d'un enfant haïtien, le séisme du 12 janvier 2010 est venu tout chambouler. «Disons que ç'a été un accouchement douloureux», illustre-t-il.

Connu du public et doué pour la communication, Jeff Boudreault est devenu en quelque sorte le porte-parole des parents de dizaines de couples qui ont craint de ne pouvoir accueillir leur enfant. «Certains journalistes étaient au courant de mes démarches. Des gens m'appelaient déjà. J'avais des entrées dans les médias. Tu veux ton enfant et tu veux aider les autres, ça s'est donc fait naturellement», raconte-t-il au bout du fil.

En se remémorant ces angoissantes premières semaines de 2010, Jeff Boudreault retient combien ces parents se sentaient impuissants devant la «game politique», cette valse-hésitation que se sont livrée les gouvernements provincial et fédéral.

Un jour, Québec assurait que les enfants arriveront bientôt. Quelques heures plus tard, Ottawa proposait son propre plan de match pour rapatrier les jeunes haïtiens. «Ce sont des grosses machines, ça devenait décourageant», reconnaît celui qui a à l'époque effectué quelques sorties émotives dans les médias.

Aujourd'hui, Jeff Boudreault estime que cette aventure lui aura toutefois fait mieux comprendre le monde politique. Et au final, il tient à remercier le député Denis Lebel, Agop Evereklian, chef de cabinet du ministre fédéral de l'Immigration, Jason Kenney et la ministre déléguée aux Services sociaux, Lise Thériault, devenue depuis ministre provinciale du Travail. «Il y a vraiment des hauts et des bas dans le rôle de politicien. Dans La galère, je jouais un politicien [le ministre Jacques Ferron], mais dans la vie, je n'en ferais jamais!»

Avec le recul, Jeff Boudreault mesure combien ces grands moments de stress se sont transformés en «positif», depuis qu'il a vu sa petite Marie atterrir à Ottawa le 26 janvier. Dans les mois qui ont suivi, le couple qui avait déjà un fils de huit ans a tenu à s'isoler, le temps que la nouvelle venue s'acclimate.

«Là, on commence à ouvrir un peu la cellule», dit celui qui conserve toutes les informations relatives au séisme en Haïti. Un jour, il expliquera à sa fille dans quel contexte elle est arrivée ici. «J'aimerais qu'elle connaisse le climat qui régnait.»

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