Une réplique de 6,1 sème la panique à Port-au-Prince

Mardi, quelques fruits et légumes étaient disponibles à... (AFP)

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Mardi, quelques fruits et légumes étaient disponibles à la vente à Port-au-Prince mais la majorité des survivants n'ont pas d'argent pour s'en procurer.

AFP

Paul Haven et Michelle Faul
Agence France-Presse
Port-au-Prince

Huit jours après le séisme qui a dévasté Port-au-Prince, Haïti a tremblé mercredi sous la plus puissante réplique enregistrée jusque là. Cette forte secousse de magnitude 6,1 a provoqué de nouveaux effondrements de gravats et terrifié les rescapés dans la capitale dévastée.

Le séisme ne semblait pas avoir causé de nouveaux dégâts majeurs dans une ville déjà presque détruite par le tremblement de terre du 12 janvier. Mais elle a encore compliqué les efforts de secours, déploraient les humanitaires. Par ailleurs, le premier ministre Jean-Max Bellerive a fait savoir que le gouvernement envoyé un avion et une équipe de reconnaissance aérienne vérifier la situation à Petit-Goave, près de l'épicentre.

Au moins une femme a succombé à une crise cardiaque lors de la secousse de mercredi, selon Eddy Thomas, un responsable de pompes funèbre. «Elle était cardiaque et le nouveau séisme l'a achevée», expliquait-il, poussant le corps dans la rue sur une civière mobile.

La terre a tremblé à 6h03 du matin, soulevant des nuages de poussière dans Port-au-Prince, où la secousse a duré huit secondes. Au milieu des hurlements de terreur, soldats américains comme réfugiés des camps de tentes ont couru pour s'éloigner des bâtiments.

C'était la plus forte des 49 répliques de 4,5 ou plus qui se succèdent depuis le séisme de magnitude 7 de la semaine dernière.

D'après l'Institut géologique américain (US Geological Survey), son épicentre se trouvait à une soixantaine de kilomètres à l'ouest-sud-ouest de Port-au-Prince et à 9,9 km de profondeur. Soit donc plus éloigné de la capitale que le tremblement de terre d'il y a huit jours, qui a fait au moins 200 000 morts et 1,5 million de sans-abri selon une estimation de l'Union européenne.

D'après Bruce Pressgrave, géophysicien de l'USGS, personne ne peut dire si des répliques plus puissantes encore peuvent survenir. «Les répliques s'estompent parfois très vite, a-t-il expliqué. Dans d'autres cas, elles peuvent se prolonger des semaines ou, si l'on n'a vraiment pas de chance, des mois».

Après la réplique, Anold Fleurigene, 28 ans, a pris sa femme et ses trois enfants par la main pour gagner la gare routière. Sa maison a été détruite dans le premier tremblement de terre et son frère et sa soeur ont été tués. «J'ai vu la situation ici et je veux partir.»

Bébé de 23 jours retrouvé vivant

La nouvelle secousse et la légère pluie qui tombait mardi compliquent les secours, expliquait le Dr Yi Ting Tsai, membre d'une équipe taïwanaise cherchant des rescapés près des ruines de la cathédrale: «la pluie et le nouveau séisme ce matin ont rendu les débris plus compacts».

Et pourtant, des secouristes continuaient d'émerger des ruines en annonçant des sauvetages miraculeux. Comme celui de cette toute petite fille, bébé de 23 jours seulement, secourue mardi à Jacmel, et semble-t-il en bonne santé, après une semaine sous les décombres, selon des secouristes colombiens et français.

Ou cette fervente catholique de 69 ans, Ena Zizi, dégagée par une équipe mexicaine et qui a dit avoir prié constamment après avoir été ensevelie dans l'effondrement de la résidence de l'archevêque d'Haïti. Le corps de ce dernier, Mgr Joseph Serge Miot, a lui été retrouvé par les équipes travaillant sur le site de la cathédrale.

Mardi soir, vers minuit, une jeune femme de 26 ans, Lozama Hotteline, tout sourire et chantant, a été dégagée des décombres d'un magasin de la banlieue de Pétionville par des membres de l'association française Secouristes sans frontières.

Ce sont ainsi plus d'une centaine de personnes, selon les autorités, qui ont été sorties des décombres par les équipes internationales. Plusieurs dizaines d'entre elles traquaient encore les signes de vie dans les gravats mercredi à Port-au-Prince.

Mais malgré l'effort international massif, nombre de rescapés attendent toujours de l'eau et de la nourriture. Si les gouvernements ont déjà promis près d'un milliard de dollars pour Haïti et envoyé des milliers de tonnes de nourriture et de matériel médical, l'aide, confrontée à de graves problèmes logistiques, reste inadaptée face à l'immensité des besoins.

Aide encore repoussée

De l'aide humanitaire était encore repoussée à l'aéroport de Port-au-Prince et son unique piste, où les forces américaines ont été accusées de mal gérer les priorités des vols. L'armée de l'air américaine dit avoir augmenté les capacités quotidiennes de 30 à 180 vols.

«On a besoin de tant de choses. De la nourriture, des vêtements, on a besoin de tout. Je ne sais pas qui est responsable de cela, mais il faut qu'ils nous donnent quelque chose bientôt», soupirait Sophia Eltime, 29 ans, mère de deux enfants, vivant sous un drap avec sept membres de sa famille.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé l'envoi de plus de 250 000 rations alimentaires à la date de mardi, alors que quelque trois millions de personnes selon les estimations ont besoin d'une aide urgente.

Après le spectaculaire atterrissage des troupes américaines mardi sur les pelouses du Palais national en ruines, la noria des renforts continuait d'arriver mercredi, dont l'hôpital flottant de la marine américaine, l'«USNS Comfort», qui était déjà en train de traiter deux blessés graves quand il a jeté l'ancre au large de Port-au-Prince.

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