De la naissance à la mort

En tant que centre de recherche de l'Institut... (Photo: archives PC)

Agrandir

En tant que centre de recherche de l'Institut de réadaptation en déficience physique de Québec, le Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociales'intéresse aux «déterminants personnels (déficiences et incapacités) et environnementaux (obstacles et facilitateurs) qui influencent la participation sociale des personnes ayant une déficience physique.

Photo: archives PC

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Recherche: défis de société

Société

Recherche: défis de société

De la santé aux ressources naturelles, des communautés intelligentes à l'éthique en passant par le Nord durable, toutes ces questions constituent des domaines de recherche conduisant souvent à des applications concrètes pour améliorer nos vies. Ce sont de grands défis de société. »

Sur le même thème

<p>Camille B. Vincent</p>
Camille B. Vincent

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Expliquer le développement de l'humain dans son environnement. Voilà le deuxième grand défi de recherche que s'est lancée l'Université Laval. C'est simple - et en même temps si complexe : il s'agit d'étudier «le développement de l'humain à partir de sa naissance jusqu'à sa mort» dans le contexte sociétal, indique Lucie Girard, directrice du bureau de la recherche et de la création à l'Université.

Pour y arriver, l'institution compte 410 professeurs de six facultés différentes qui fourmillent dans leur champ d'expertise propre, et qui contribuent à l'assemblage du casse-tête complexe qu'est celui du cheminement de l'individu en société.

Le Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociale (CIRRIS) est un exemple concret de ce désir de mieux comprendre le développement de l'humain dans son environnement, et le fait par une approche interdisciplinaire. Des disciplines aussi variées que la physiothérapie, la psychologie, l'anthropologie, l'ergothérapie, l'ingénierie, la sociologie, la géomatique, l'orthophonie et l'architecture y sont d'ailleurs étudiées.

En tant que centre de recherche de l'Institut de réadaptation en déficience physique de Québec, le CIRRIS s'intéresse aux «déterminants personnels (déficiences et incapacités) et environnementaux (obstacles et facilitateurs) qui influencent la participation sociale des personnes ayant une déficience physique», tel qu'énoncé sur son site Web.

Reconnu par l'Université Laval, le CIRRIS regroupe 50 chercheurs répartis dans 15 laboratoires de pointe.

Dr Guy Jobin ... (Photo Paul Dussault) - image 2.0

Agrandir

Dr Guy Jobin

Photo Paul Dussault

Soigner le corps et l'esprit

>> Domaine de recherche: intégration de la spiritualité dans les soins de santé

  • Situation: L'article 100 de la Loi sur les services de santé et les services sociaux impose aux établissements de santé d'offrir «des services de santé ou des services sociaux de qualité qui soient continus, accessibles, sécuritaires et respectueux des droits des personnes et de leurs besoins spirituels». 
  • À Québec, le Centre Spiritualité santé de la Capitale-Nationale assure la mise en application de cet article, et ce, depuis 15 ans. 
  • En 2013-2014, 9371 patients ont été accompagnés par un des 45intervenants en soin spirituel formés à Québec.

Sources : Ministère de la Santé et des Services sociaux et Centre Spiritualité santé de la Capitale-Nationale

Spiritualité et soins de santé, incompatibles, dites-vous? Au contraire, le chercheur Guy Jobin, titulaire de la Chaire Religion, spiritualité et santé à l'Université Laval, y voit là une combinaison naturelle. «La spiritualité, on pense que ça peut aider à harmoniser, à humaniser le monde du soin», explique-t-il.

Le Dr Jobin se fait toutefois vigilant: «Il ne s'agit pas de remplacer le soin technique par autre chose. Il s'agit de voir comment ces deux manières d'aborder la personne peuvent contribuer au rétablissement, au mieux-être ou au meilleur accompagnement possible de la personne à travers l'épisode de la maladie.»

«Garder le moral»

Car à ses yeux, le fait d'avoir des croyances, qu'elles soient religieuses ou non, peut aider le patient malade à traverser l'épisode de la maladie, à «garder le moral», illustre-t-il simplement. D'autant plus que la maladie provoque bien souvent un questionnement existentiel chez le patient, questionnement auquel il peut répondre- à tout le moins en partie - par l'apport d'une croyance personnelle profonde.

Guy Jobin ajoute que la présence d'intervenants en soin spirituel dans les établissements de santé est plus nécessaire que jamais aujourd'hui, avec l'alourdissement des soins prodigués aux patients.

«Plusieurs soignants ont l'impression de donner un soin de plus en plus technique, et de moins en moins humain, de passer de moins en moins de temps avec le patient dans une relation de confiance et d'échange. Ça fait partie du soin, ça aussi.»

De plus en plus, le Dr Jobin remarque un intérêt de la part des médecins pour l'intégration de la spiritualité dans les soins de santé. Et il s'en réjouit.

«La médecine s'intéresse à la spiritualité, et ça, c'est nouveau.»

Dre Geneviève Lessard ... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 3.0

Agrandir

Dre Geneviève Lessard 

Le Soleil, Patrice Laroche

Faire tomber les préjugés

>> Domaine de recherche: violence conjugale et enfants qui y sont exposés ou qui en sont victimes

  • Situation: Près d'un tiers des femmes dans le monde qui ont eu des relations 
  • de couple ont subi une forme quelconque de violence physique ou sexuelle de la part de leur partenaire. Il s'agit d'un grand problème de santé publique, selon l'Organisation mondiale de la santé. Au Québec, les forces policières ont comptabilisé 18885personnes de 12 ans et 
  • plus ayant été victimes de crimes contre la personne dans un contexte conjugal en 2013. Notons que seulement 20 à 25 % des individus victimes de violence portent plainte à la police. 
  • En 2013, plus de 6700 femmes et 5000 enfants ont été hébergés d'urgence dans 82 maisons d'hébergement au Québec.

Sources : Organisation mondiale de la santé, Sécurité publique Québec et Statistique Canada

Bien qu'il s'agisse d'un problème social - malheureusement - majeur à l'échelle planétaire, les préjugés sont légion en ce qui a trait à la violence conjugale. La professeure et chercheuse à l'Université Laval Geneviève Lessard l'atteste, et travaille à les combattre avec le CRI-VIFF (Centre de recherche interdisciplinaire sur la violence familiale et la violence faite aux femmes).

La Dre Lessard s'intéresse particulièrement à la situation des enfants exposés à la violence conjugale et victimes de maltraitance au sein de leur famille. Trop souvent, elle constate une conception erronée de la situation.

«Les gens croient que quand un enfant n'est pas victime directement de mauvais traitements, il est moins affecté. Pourtant, les recherches démontrent que le simple fait de vivre dans une famille où il y a de la violence entre les parents, ça affecte le développement de l'enfant autant que si l'enfant avait reçu le coup.»

Car au-delà du coup porté à l'enfant, la violence psychologique et le «climat de stress constant» dans lequel ils vivent sont beaucoup plus dommageables, affirme la chercheuse.

«L'exposition à la violence conjugale, c'est pas juste de voir ou d'entendre les scènes de violence conjugale, c'est de vivre dans un climat de terreur.»

À cela s'ajoute le sentiment de culpabilité qu'éprouvent beaucoup de ces enfants. «C'est à cause d'eux si on reste ensemble, c'est à cause d'eux si on se sépare», illustre Geneviève Lessard. À tort, ils se considèrent comme une part du problème.

«Dans tous les cas, il faut déresponsabiliser les enfants», plaide la Dre Lessard. «Ils ont le droit d'exprimer leurs émotions. Ils ont le droit d'aimer leurs deux parents.»

Car malgré la souffrance qu'il engendre dans le milieu familial, le conjoint violent reste un parent, rappelle-t-elle.

Un autre préjugé à déconstruire, selon Geneviève Lessard, est la perception que les gens qui commettent la violence conjugale sont des «gros méchants». «Ce n'est pas ça!» lance-t-elle. «Ils sont des amoureux. Ils aiment leur conjoint [...], mais ils aiment mal.»

C'est que beaucoup de ces conjoints violents ont eux-mêmes grandi dans des milieux familiaux violents. Il y a donc un apprentissage à refaire.

«On dirait que les gens doivent trouver un coupable à la violence conjugale. Mais la violence conjugale, ce n'est pas le problème d'une caractéristique individuelle, c'est un problème de société. Il y a des facteurs liés aux individus, mais il y a des facteurs sociaux. Comment on éduque les petits garçons, les petites filles. Comment on permet l'agressivité chez les garçons, comment on la valorise même», dénonce la Dre Lessard.

«Je trouve que la problématique sur laquelle je travaille ne doit pas être réduite à des caractéristiques individuelles, de l'agresseur, de la victime, de l'enfant. Il faut vraiment que toute la société se sente concernée.»

Au Québec, la violence conjugale est jugée inacceptable, mais rappelons que c'est loin d'être le cas partout. «Dans certaines cultures, ce n'est pas nommé de cette façon-là, ou on le dissout dans le large problème de la violence faite aux femmes», avance Geneviève Lessard.

À noter, le CRI-VIFF a été fondé en 1992 en réaction à la tragédie de l'École Polytechnique, survenue le 6 décembre 1989. L'Université Laval fait partie des quatre membres fondateurs. 

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer