Maladie de l'Alzheimer: apprendre à penser en amont

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Serge Rivest, directeur du Centre de recherche du CHU de Québec et chercheur en neurosciences.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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Recherche: défis de société

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Recherche: défis de société

De la santé aux ressources naturelles, des communautés intelligentes à l'éthique en passant par le Nord durable, toutes ces questions constituent des domaines de recherche conduisant souvent à des applications concrètes pour améliorer nos vies. Ce sont de grands défis de société. »

<p>Camille B. Vincent</p>
Camille B. Vincent

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) La communauté scientifique a déjà perdu trop de temps à tenter de guérir la maladie d'Alzheimer, estime le Dr Serge Rivest, directeur du Centre de recherche du CHU de Québec. Selon lui, l'avenir est plutôt dans la prévention. «Il faut aller en amont. Tout le monde est d'accord là-dessus maintenant.»

Au fil des années, bon nombre de chercheurs se sont cassé les dents à chercher un remède pour les malades avancés, sans succès.

L'approche du Dr Rivest consiste plutôt à stimuler des cellules immunitaires du cerveau, les microglies, avant l'apparition de la maladie afin d'en retarder le développement. Les microglies sont soupçonnées depuis longtemps de jouer un rôle majeur dans l'alzheimer, mais jusqu'à récemment, on les accusait de causer la maladie.

En 2006, Serge Rivest propose une volte-face en démontrant que les microglies travaillent plutôt à l'élimination de la bêta-amyloïde, une protéine toxique qui, lorsque accumulée dans le cerveau, provoquerait l'apparition de l'alzheimer.

La bêta-amyloïde est produite de façon naturelle dans le cerveau. «Mais probablement que la majorité des gens l'éliminent grâce [aux microglies] du système immunitaire», ajoute le chercheur. Les personnes atteintes de l'alzheimer ne seraient quant à elles pas en mesure d'éliminer aussi efficacement la protéine.

«Nous, on pense que la bêta-amyloïde est la cible thérapeutique par excellence.»

L'équipe du Dr Rivest a par ailleurs constaté que chez la souris, les microglies avaient tendance à devenir de moins en moins efficaces avec le temps. Transposée à l'humain, cette observation tend à expliquer pourquoi la maladie d'Alzheimer se manifeste à un âge avancé.

L'objectif du chercheur: stimuler l'activité des cellules microgliales afin d'encourager la destruction de ces protéines toxiques. En d'autres termes, «ramener les microglies à leur état de jeunesse».

Tout ça semble bien prometteur, mais la route sera longue avant d'en arriver à un traitement préventif concret, prévient Serge Rivest. 

En 2013, son projet de vaccin contre l'alzheimer, réalisé avec la compagnie pharmaceutique GlaxoSmithKline, en avait fait jaser plus d'un, pour le meilleur et pour le pire. Le vaccin en développement se base sur l'action du lipide monophosphorylique A pour stimuler le système immunitaire. 

En laboratoire, les résultats sont encourageants. L'injection du vaccin a permis aux souris d'éliminer 80 % de la bêta-amyloïde présente dans leur cerveau.

Plusieurs scientifiques restent toutefois sceptiques devant l'approche, qui s'était montrée infructueuse chez l'humain jusqu'à maintenant.

Aux yeux du Dr Rivest, ce scepticisme est également dû aux erreurs du passé. «Les premiers vaccins pour l'alzheimer ont tué du monde, et ça a été mal fait. Ils ont traité des patients très avancés, qui étaient déjà bourrés de bêta-amyloïdes dans le cerveau. Trois personnes sont décédées d'encéphalite, entre autres, et l'essai clinique a été arrêté tout de suite. Depuis ce temps-là, Santé Canada et la FDA [Food and Drug Administration] demandent des tests énormes pour être sûr qu'il n'y a pas d'effets secondaires sur les patients. [...] Le fait que ces premiers vaccins-là aient été mal faits, ça a fait retarder l'apparition de vrais vaccins pour les 10 prochaines années.» 

>> Domaine de recherche: la maladie d'Alzheimer

  • Situation : En 2010, la planète comptait plus de 35 millions de personnes atteintes de l'alzheimer et de maladies apparentées. C'est plus que la population totale du Canada. Les spécialistes estiment que la prévalence mondiale de ces maladies doublera tous les 20ans, pour atteindre 115 millions de personnes en 2050.
  • À l'échelle nationale, 747 000 Canadiens souffraient de la maladie d'Alzheimer en 2011, soit près de 15 % des gens âgés de 65 ans et plus. Selon les prévisions, ce nombre augmentera à 1,4 million d'ici 2031 si rien n'est fait pour changer la donne.
  • Actuellement, les coûts directs et indirects de l'alzheimer et des maladies apparentées s'élèvent à 33 milliards $ par an au Canada.

Source : Société Alzheimer Canada

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