La santé globale comme priorité de recherche

À l'Institut sur la nutrition et les aliments... (Le Soleil, Erick Labbé)

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À l'Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels (INAF), on travaille autant sur l'offre alimentaire que sur l'adoption de saines habitudes alimentaires. «C'est un continuum», décrit Sylvie Turgeon (photo), directrice par intérim de l'INAF et chercheuse en science des aliments.

Le Soleil, Erick Labbé

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Recherche: défis de société

Société

Recherche: défis de société

De la santé aux ressources naturelles, des communautés intelligentes à l'éthique en passant par le Nord durable, toutes ces questions constituent des domaines de recherche conduisant souvent à des applications concrètes pour améliorer nos vies. Ce sont de grands défis de société. »

<p>Camille B. Vincent</p>
Camille B. Vincent

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Quand l'Université Laval a établi qu'une de ses grandes priorités de recherche était la santé et le bien-être durables, elle avait en tête beaucoup plus que le traitement de maladies physiques et mentales.

Ça se voit dans son Plan de développement de la recherche 2015-2010, dans lequel il est notamment question de «contribuer au fonctionnement harmonieux et efficace du système de santé» et de «développer des approches de soins centrées sur la personne et son bien-être».

L'université souligne de cette manière que l'atteinte d'une société en santé passe non seulement par des connaissances biologiques et médicales approfondies, mais également par un transfert efficace de celles-ci auprès de la population. Un travail à la chaîne, du laboratoire au lit d'hôpital, que réalisent près de 800 professeurs à l'Université Laval.

Un exemple concret

L'Alliance santé Québec (AsQ), un regroupement d'acteurs clés de la grande région de Québec dans le domaine de la santé et des services sociaux, est un exemple concret de ce désir d'unir les forces de chacun. «On regroupe un ensemble de disciplines pour représenter la réalité de la santé durable», explique Éric Bauce, vice-recteur exécutif et au développement à l'Université Laval.

Lancée en octobre 2013, l'AsQ souhaite «maximiser les retombées positives de la recherche et de l'innovation sur la santé et le mieux-être des individus et de la population, sur l'écosystème des soins de santé et des services sociaux et sur le développement économique».

Parmi les membres fondateurs de cette alliance, mentionnons l'Université Laval, l'Institut de réadaptation en déficience physique de Québec, le centre jeunesse de Québec et Québec international.

La qualité des travaux des chercheurs de Québec amène la capitale à se démarquer à l'échelle internationale dans bien des domaines de recherche. C'est le cas par exemple des neurosciences et de la neurophotonique, qui ont pu se développer à Québec notamment grâce à l'Institut universitaire en santé mentale de Québec - également membre fondateur de l'AsQ. «Tout ce qui est neurosciences, on est très fort là-dedans», atteste d'ailleurs Lucie Girard, directrice du bureau de la recherche et de la création à l'Université Laval.

Même son de cloche en ce qui concerne la recherche en nutrition, grâce à l'apport de l'Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels.

>> Domaine de recherche: nutrition

  • L'obésité touche 6,3 millions de personnes adultes au Canada, soit un Canadien sur quatre. 
  • Chez les enfants de 12 à 17 ans, le  pourcentage a triplé entre 1981 et 2009. 
  • Au Québec, près du tiers des adultes ne consomment pas cinq portions de légumes et de fruits par jour, soit le nombre minimal recommandé par le Guide alimentaire canadien.

Sources : Santé Canada et Institut national de santé publique du Québec

À l'Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels (INAF), on travaille autant sur l'offre alimentaire que sur l'adoption de saines habitudes alimentaires. «C'est un continuum», décrit Sylvie Turgeon, directrice par intérim de l'INAF et chercheuse en science des aliments.

«Oui, il y a des travaux fondamentaux, mais on va rapidement jusqu'aux études [...]. On a en effet la chance de pouvoir couvrir tout ça et de voir les résultats de nos travaux.» 

En tant qu'institut de recherche de l'Université Laval, l'INAF regroupe près de 70chercheurs, en comptant ses collaborateurs des industries et d'autres universités.

L'atout d'être regroupés dans un institut comme celui-là? «Ça nous met en contact, ça nous permet d'échanger, ça nous donne des infrastructures communes. On a ici à l'INAF la plus grande facilité en études cliniques chez l'humain hors du milieu hospitalier au Canada. On est très choyé, on est très bien équipé.»

Renée Michaud, directrice exécutive et au développement à l'INAF, admet que beaucoup de travail reste à faire pour conscientiser la population et les industries à l'importance d'une bonne alimentation. Mais elle refuse d'être défaitiste, et mentionne que les Québécois sont sur la bonne voie.

«On est témoin de l'effort des distributeurs de faire mieux. [...] Tout le monde est ensemble, les ministères, la recherche. C'est valorisé. On assiste au Québec à un mouvement fort d'amélioration de la qualité de l'offre.»

Et ça se voit jusque chez les jeunes, qui ont participé avec enthousiasme au camp de jour Aliment'Terre, offert par l'INAF pour la première fois l'été dernier. Une cinquantaine de jeunes de 10 à 12ans ont pu en apprendre davantage sur l'agriculture, les aromates, la transformation des aliments - en faisant notamment leur propre pain - et les techniques culinaires.

Aux yeux de Sylvie Turgeon, il s'agit d'une «façon de conscientiser les jeunes à l'impact d'une saine alimentation».

Pour des infos sur le camp Aliment'Terre: www.inaf.ulaval.ca 

Michel Boivin (photo), directeur du Groupe de recherche... (Photo fournie par Michel Boivin) - image 3.0

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Michel Boivin (photo), directeur du Groupe de recherche sur l'inadaptation psychosociale chez l'enfant, travaille depuis 30 ans à la question du développement de l'enfant.

Photo fournie par Michel Boivin

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>> Domaine de recherche: développement biopsychosocial du jeune enfant

  • Au Québec, le quart des enfants à la maternelle présente une vulnérabilité dans au moins un des cinq domaines de développement, soit la santé physique et le bien-être, les compétences sociales, la maturité affective, le développement cognitif et langagier, ainsi que les habiletés de communication et les connaissances. 
  • En 2011, 23 % des Canadiens de 12 à 19 ans affirmaient que leur santé mentale n'était pas excellente ou très bonne. Cette statistique peut devenir inquiétante, sachant que plusieurs maladies mentales - et même physiques - se manifestent à  l'adolescence et persistent tout au long de la vie. 

Sources : Institut de la statistique du Québec et Société royale du Canada

Michel Boivin, directeur du Groupe de recherche sur l'inadaptation psychosociale chez l'enfant, travaille depuis 30 ans à la question du développement de l'enfant. Il s'est particulièrement intéressé à la relation entre pairs, au cheminement scolaire et à la réponse au stress.

«Il y a 30 ans, on avait tendance à considérer l'environnement comme étant la cause principale [des problèmes de développement]. Ce qu'on commence à comprendre un peu mieux, c'est l'idée que ça dépend. Il y a des facteurs génétiques qui sont à considérer», mentionne-t-il. Une vulnérabilité génétique pourrait notamment expliquer, à tout le moins en partie, l'hyperactivité d'un enfant.

Sauf que cette vulnérabilité ne détermine pas tout non plus. «On peut essayer de contrer cette vulnérabilité-là en intervenant plus tôt, en modifiant les comportements de l'enfant», dit le chercheur, ajoutant que la petite enfance est probablement le moment crucial.

«Je ne suis pas en train de dire que c'est facile [...], mais il faut investir massivement à ce moment-là.»

Michel Boivin félicite d'ailleurs le Québec de s'être doté d'une politique de garde publique. «Ce n'est pas le paradis non plus, mais ça permet d'avoir des milieux de qualité où les enfants peuvent aller.» Il mentionne que la fréquentation d'un milieu de garde est associée à une diminution des comportements agressifs chez l'enfant.

Le chercheur explique par ailleurs qu'il est possible de prédire - «pas parfaitement, mais de façon très significative» - le cheminement durant les premières années scolaires à partir des acquis que l'enfant a faits précédemment. «Ça, ça semble surtout associé à l'environnement familial», souligne-t-il. 

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