Décloisonner la science

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Dans son Plan de développement de la recherche 2015-2020, l'Université Laval dit vouloir «consolider et accroître son statut de grande université de recherche et de création».

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Recherche: défis de société

Société

Recherche: défis de société

De la santé aux ressources naturelles, des communautés intelligentes à l'éthique en passant par le Nord durable, toutes ces questions constituent des domaines de recherche conduisant souvent à des applications concrètes pour améliorer nos vies. Ce sont de grands défis de société. »

<p>Camille B. Vincent</p>
Camille B. Vincent

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Révolu est le temps où la recherche se faisait en vase clos. Aujourd'hui, l'expertise de l'un est indispensable au travail de l'autre, et vice versa. L'ayant compris, les dirigeants de l'Université Laval mettent le paquet et misent sur «l'interface des disciplines», là où se feront d'après eux les grandes découvertes du futur.

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Sophie D'Amours, vice-rectrice à la recherche et à la création

«Ce qu'on disait il y a quelques années, que les chercheurs d'université étaient dans leur tour d'ivoire et complètement isolés de la société, ce n'est plus comme ça maintenant, et on le voit», souligne Lucie Girard, directrice du bureau de la recherche et de la création à l'Université Laval. «Les problèmes scientifiques et sociaux sont tellement complexes qu'une seule discipline ne peut pas les résoudre. Il faut vraiment le regarder sous plusieurs angles, de plusieurs points de vue. Et c'est en mettant en commun ces expertises-là qu'on va pouvoir trouver des solutions.»

«J'ai vécu comme chercheuse l'incroyable force de l'interdisciplinarité. J'y crois profondément», ajoute Sophie D'Amours, vice-rectrice à la recherche et à la création à l'Université Laval.

Une vision qui concorde d'ailleurs avec celle de Rémi Quirion, scientifique en chef du Québec, dont une des priorités est le développement de la recherche intersectorielle.

Dans son Plan de développement de la recherche 2015-2020, une stratégie institutionnelle rendue publique récemment, l'Université Laval dit vouloir «consolider et accroître son statut de grande université de recherche et de création». Le grand défi de l'institution, affirme Sophie D'Amours, est plutôt de savoir «où on peut faire la différence, où on a des masses critiques de chercheurs qui, par leur expertise, peuvent réussir à trouver des réponses à des grands défis de société».

Sept axes

Après une large consultation auprès de ses chercheurs, l'Université Laval a donc établi sept axes de recherche centrés sur le décloisonnement et le partage des expertises. Parmi ces grands thèmes, mentionnons la gestion responsable des ressources naturelles et le développement du Nord durable. Des défis qui «transcendent les structures universitaires», selon Lucie Girard.

Le vice-rectorat à la recherche mise tout particulièrement sur la technologie optique-photonique, et sur la télédétection de la nouvelle frontière arctique du Canada, des domaines de recherche étudiés par des chaires d'excellence en recherche du Canada que détient l'Université Laval et obtenues au terme d'un concours canadien extrêmement compétitif.

«L'Université Laval est une des rares universités à avoir plusieurs chaires d'excellence en recherche au Canada», mentionne d'ailleurs Lucie Girard.

Le Plan de développement de la recherche a par ailleurs pour mission de s'attarder aux préoccupations toutes québécoises et canadiennes, et de s'assurer, comme le précise Mme D'Amours, que les recherches effectuées à l'Université Laval ne soient pas «dictées par des impératifs économiques».

La plus vieille université francophone en Amérique se situe également au sixième rang canadien sur le plan du financement obtenu auprès des grands conseils fédéraux. «Ça en dit beaucoup, considérant la taille de notre université et le nombre de professeurs, sur notre performance et la qualité de notre base scientifique», fait valoir la vice-rectrice Sophie D'Amours.

«Quand on voit la diversification économique de la région de Québec et qu'on apprécie la contribution de l'Université Laval à cette diversification-là, on est très, très fier de ce qu'on peut apporter à la région.»

La recherche à l'Université Laval

84
nombre de chaires de recherche du Canada
1350
nombre de professeurs à temps complet
307
millions $
revenus de recherche en 2013

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Bernard Garnier, vice-recteur aux études et aux activités internationales

Une force vive à stimuler

L'Université Laval compte dans ses rangs 4300 étudiants diplômés qui, par leur passion et leur dynamisme, constituent la force vive de la recherche universitaire. Stabilisation du nombre d'inscrits oblige, l'institution se lance maintenant le défi d'intéresser davantage d'étudiants à la poursuite de leurs études aux deuxième et troisième cycles.

Bernard Garnier, vice-recteur aux études et aux activités internationales, se chagrine d'observer «une certaine stabilité» dans le nombre d'étudiants inscrits au doctorat depuis quelques années. «On pense qu'on pourrait faire mieux.» Au deuxième cycle, la voie traditionnelle à emprunter pour travailler en recherche, le programme de maîtrise avec mémoire, est également de moins en moins populaire.

La raison de cette baisse d'engouement pour ces programmes d'études supérieures axés sur la recherche? L'employabilité, affirme M. Garnier. «Est-ce qu'on est sûr d'avoir un emploi quand on est docteur? La réponse est non.»

C'est un fait, la carrière en recherche universitaire est de moins en moins accessible aux nouveaux diplômés.

Avant, «on faisait des études doctorales pour devenir professeur à l'université», souligne Marie Audette, doyenne de la Faculté des études supérieures et postdoctorales à l'Université Laval. «Aujourd'hui, la carrière professorale n'est plus la voie royale et la voie principale. Le tiers des diplômés au doctorat vont exercer en milieu universitaire. [...] On dit aux étudiants de se trouver un plan B, ce qui est assez dévalorisant. Il faut arrêter de parler de plan B. Des carrières formidables s'offrent aux étudiants au doctorat.»

Le défi à venir pour l'Université Laval, selon Mme Audette : travailler sur la motivation des étudiants de deuxième et troisième cycles et convaincre le marché de l'emploi de la valeur d'un diplômé au doctorat, qui «n'est pas seulement formé dans un sujet très pointu», rappelle-t-elle.

Formations appliquées

Par ailleurs, l'université observe une croissance de la maîtrise avec essai qui, par une approche plus appliquée, permet une formation à l'analyse et à l'intervention, explique Marie Audette.

Selon le vice-recteur Bernard Garnier, c'est que «les bouchées sont plus petites à prendre» durant ce type de maîtrise.

«Les maîtrises professionnelles sont pas mal en vogue», ajoute-t-il. Par maîtrise professionnelle, on entend tout programme de deuxième cycle dont le diplôme est nécessaire pour exercer un emploi donné. C'est le cas, par exemple, de la maîtrise en administration des affaires et du programme de deuxième cycle en physiothérapie.

«Cette année, on a atteint le chiffre magique de 50 000 admissions. Pour nous, c'est vraiment encourageant de voir ça! [...] Car je tiens à préciser que quand on parle de recherche, on parle aussi de formation.»

Denis Brière
Recteur de l’Université Laval

«L'interdisciplinarité, c'est facile à dire, mais c'est difficile à faire. Le confort, c'est de rester dans sa discipline, où tout est bien balisé, bien facile.»

Bernard Garnier
Vice-recteur aux études et aux activités internationales

«La farce qui dit : des chercheurs qui cherchent, on en trouve, mais des chercheurs qui trouvent, on en cherche... Ben moi, j'en ai trouvé un méchant paquet à l'Université Laval, des chercheurs qui trouvent!»

Sophie D'Amours
Vice-rectrice à la recherche et à la création
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