Québec «doit» encore rêver aux Olympiques, dit Marcel Aubut

Marcel Aubut a reçu mercredi le Prix d'honneur... (Le Soleil, Yan Doublet)

Agrandir

Marcel Aubut a reçu mercredi le Prix d'honneur 2014 de la Société des relations internationales de Québec. Le président du Comité olympique canadien est convaincu que la ville de Québec représente une destination de choix pour des Jeux d'hiver.

Le Soleil, Yan Doublet

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Persuadé que l'imminente réforme du CIO favorisera des Jeux plus «accessibles», le président du Comité olympique canadien, Marcel Aubut, croit que Québec et son maire, Régis Labeaume, doivent continuer d'entretenir le rêve olympique.

Prévu en décembre, le dépôt du nouveau plan directeur du Comité international olympique devrait répondre aux critiques formulées à son endroit à la suite de la présentation de Jeux de Sotchi démesurés (51 milliards $) et du retrait de la candidature d'Oslo en vue des Jeux de 2022.

Si Marcel Aubut comprend les raisons ayant poussé Régis Labeaume à mettre le dossier olympique sur la glace «dans le contexte économique de coupures que l'on vit», il est également convaincu que la ville de Québec continue de représenter une destination de choix pour des Jeux d'hiver.

«Surtout avec le Massif, le Mont-Sainte-Anne, toutes les infrastructures, les deux amphithéâtres... Mon Dieu qu'on est équipés!» s'est-il enthousiasmé mercredi, au moment de recevoir le Prix d'honneur 2014 de la Société des relations internationales de Québec (SORIQ).

Sous le leadership de son nouveau président Thomas Bach, le CIO affiche «une volonté de changer», affirme Aubut. Cette volonté de redonner une taille plus humaine aux Jeux devrait se manifester dans une réforme qui pourrait ramener Québec au centre des discussions. 

«Il est très habile d'attendre ce que M. Bach va décider de faire au niveau de l'accessibilité des Jeux, en ce qui a trait aux coûts, etc. Il va y avoir de quoi là-dessus - définitivement -, mais on ne sait pas quoi. On verra en décembre. Après ça, on verra si on doit pousser plus fort pour que [le maire Labeaume] change d'idée. Et le Colisée va être bâti. Ça devrait aider au niveau de la pression financière, pour considérer ça...»

Critères révisés

Siégeant au comité de travail du CIO s'intéressant à la pérennité de l'héritage olympique, Marcel Aubut révèle que les critères de sélection des infrastructures seront révisés.

«Je sais qu'il va y avoir des ouvertures à ne plus bâtir des infrastructures qui ne perdureront pas, qui ne sont pas nécessaires, qui sont là pour trois semaines. Surtout si elles sont coûteuses. Le bobsleigh est un exemple. On a une piste à Calgary, à Lake Placid... Alors qu'est-ce qui serait mieux de faire, au lieu d'en bâtir une qu'on va fermer après, alors que ça coûte 110 millions $?»

Aubut juge que le maire Labeaume «se trompe» s'il croit que le CIO viendra un jour «cogner à la porte» de Québec, comme il l'a déclaré après le désistement d'Oslo, au début d'octobre.

«J'espère que c'est une blague [...]! D'abord, on sait qui va appliquer sur les Jeux d'été après Tokyo. Il va y avoir un line-up incroyable! Et pour ce qui est des Jeux d'hiver, c'est le résultat [...] de la peur qu'ont créé les investissements à Sotchi, qui n'était pas vraiment pour les JO. Ils se sont servis d'une [locomotive] comme les JO pour tirer un train au complet. [...] À mon avis, M. Labeaume est un gars intelligent et il ne pense pas comme ça. Parce que personne ne va l'appeler...»

Labeaume agacé

Agacé par les propos de Marcel Aubut, le maire Régis Labeaume a tenu à rappeler au président du COC qui détenait réellement le pouvoir de présenter une candidature olympique pour Québec, mercredi. «C'est moi qui décide des Olympiques. J'ai mes entrées au CIO. Je n'ai pas besoin de personne. Je sais exactement ce que pensent les gens des fédérations sportives. Je parle à des gens du CIO. J'ai mon réseau à moi et je n'ai pas besoin de personne d'autre», a-t-il tranché, lors du cocktail d'Équipe Labeaume.

Selon le maire, les réalisations sportives de Québec sont bien connues des décideurs internationaux auprès desquels la ville a une «bonne réputation». «Des présidents de comités olympiques, il y en a plein dans le monde! Je ne veux pas diminuer Marcel, mais ce n'est pas avec lui qu'ils font affaires, c'est avec nous autres. Quand ils appellent à Québec, qu'ils veulent faire des affaires à Québec, ils n'appellent pas Marcel, ils m'appellent moi, ils appellent Gestev, tout le monde...» 

Le maire affirme savoir où il s'en va sur cette question et ne laissera personne, pas même Marcel Aubut, lui dicter sa conduite. «On n'est pas fous. On sait ce qu'on a à faire. Marcel, c'est parce que son temps [mandat] achève. Il aimerait bien qu'il se passe quelque chose, mais moi, j'ai du temps en masse, en masse, en masse!»

En bref

***

L'amphithéâtre: un monument

Marcel Aubut se dit très impressionné par la taille et l'allure du nouvel amphithéâtre.

«Premièrement, il est super beau. Et deuxièmement, ils ont pensé, contrairement à Montréal, de le mettre sur un socle. Il est élevé. Parce que tu ne dépenses pas 400 millions $ si tu ne fais pas un peu un monument pour ta ville. [...] Et ça, c'est un succès fou, de la façon dont on a créé le profil de cet édifice-là. [...] Ça va donner une bâtisse qui va aller avec notre prestige et notre titre de capitale francophone de l'Amérique.»

***

L'Asie, un choix rassurant pour le CIO

Malgré les sélections de Pékin en 2008, de Pyeongchang en 2018 et de Tokyo en 2020, les JO pourraient retourner en Asie dès 2022, alors que seules Almaty (Kazakhstan) et Pékin (Chine) sont encore en lice, à la suite du désistement d'Oslo. Marcel Aubut s'inquiète du manque de variété dans le choix des villes hôtesses des Jeux olympiques.

«Ce n'est pas bon que ce soit toujours des pays émergents, que ce soit toujours des grosses villes, des gros pays. Il faut que des plus petits pays, bien organisés, puissent avoir accès aux Jeux.»

Selon lui, si le CIO a préféré l'Asie, c'est pour miser sur des valeurs sûres dans un contexte international volatil. «Il voulait une espèce de tranquillité, voulait être sûr que ça allait marcher, qu'il ne manquerait pas d'argent, qu'il n'y aurait pas de guerre autour. Le fait que ça reste un peu plus longtemps en Asie, à mon avis, ce n'est pas idéal, mais c'est rassurant.»

***

Régime minceur pour le Gala Triomphe

Marcel Aubut croit que la flambée des droits de télédiffusion des Olympiques s'aligne sur celle du sport professionnel. «Tout est plus cher. Quand les franchises passent à deux milliards dans le basketball, comme les Clippers, quand vous voyez le deal qui vient d'être fait avec TVA Sports et Rogers pour la LNH, ce n'est pas vrai que ça s'en va en descendant.»

Passés de 160 millions $ à 200 millions $, les droits de télédiffusion des JO permettent de soutenir les athlètes amateurs, dont les «besoins sont illimités», selon Aubut.  Par ailleurs, le Gala Triomphe, parrainé par la Fondation Nordiques, fera l'objet d'une cure d'amaigrissement en cette année non olympique. «On va revenir à une dimension un peu plus rationnelle, à 1000 personnes au lieu de 2500, et revenir à 2500 après les prochains Jeux.»

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer