«Ce n'est pas mon intérêt pour les Jeux qui diminue, mais c'est que je me rends compte que Québec pourrait se buter à un échec. Je sais que M. Labeaume n'aime pas perdre ses dossiers, mais là, il se dirige vers un mur!» explique au Soleil Hubert Laforge, ancien recteur de l'Université du Québec à Chicoutimi, ex-doyen de la faculté des sciences sociales de l'Université Laval et vice-président international de Québec 2002.
Le problème récurrent de la montagne pour la descente masculine est l'un des éléments qui poussent M. Laforge à cette réflexion. «Le Comité international olympique [CIO] a un quasi-mépris pour notre "butte" pour le ski. En voulant renverser ça, on s'expose à bien des déconvenues», indique M. Laforge en faisant référence aux projets d'aménagement du cap Maillard ou du mont à Liguori au centre de ski Le Massif de Charlevoix.
Des adversaires
«Il ne faut pas oublier non plus que plus les années passent, plus de grandes villes fortes économiquement s'ajoutent à la liste des prétendants aux Jeux d'hiver. Québec n'a pas de chance, car elle a des adversaires plutôt que des alliés au CIO. Elle n'a pas les cordons en main», poursuit-il.
Hubert Laforge estime que Québec a raté sa chance d'obtenir les JO d'hiver en ne posant pas sa candidature en 2006 après que Salt Lake City lui eut été préférée pour les Olympiques d'hiver de 2002. «Québec s'est traîné les pieds. Le Comité olympique canadien a donné à Québec toutes les chances de rester candidate internationale pour 2006 et 2010, mais le maire disait : "On réfléchit". Pendant que Québec réfléchissait, d'autres villes canadiennes, dont Vancouver, ont montré de l'intérêt et Vancouver a obtenu les Jeux.»
Exposition universelle
M. Laforge propose plutôt à Régis Labeaume d'organiser une exposition internationale com-me Expo 67 à Montréal. «C'est un dossier plus intéressant, qui amènera de meilleures retombées et qui coûtera moins cher que les Jeux olympiques. De plus, le Bureau international des expositions est à Paris, alors il y a des liens naturels avec le Québec», explique-t-il.
Il estime que tout militerait en faveur de Québec pour l'obtention d'un tel événement. «Québec a une histoire, une culture et un charme enviables et est située près de l'immense bassin de population du nord-est de l'Amérique. De plus, une exposition internationale dure six mois comparativement à 15 jours seulement pour les Jeux et n'oublions pas que ce sont «les autres» qui assumeraient les plus grosses factures», conclut-il en faisant référence aux pavillons qui sont bâtis par les pays participants.