L'Ukraine est le premier pays à avoir officiellement confirmé vendredi sa candidature pour les Jeux olympiques d'hiver de 2022. Selon le site Web gazeta.ru, la construction des diverses infrastructures sportives requises entraînera des dépenses de 1,5 milliard $.
La Suisse - dont tout le monde redoute la candidature en raison de l'enracinement profond du mouvement olympique au pays - vogue tranquillement vers une nouvelle aventure. Ce pays enclavé dans l'Europe a mis sur pied un comité interdépartemental pour évaluer la pertinence d'une candidature en vue de 2022. Les conclusions du comité seront annoncées le 27 mai.
Aux États-Unis, des hommes d'affaires de la région de Lake Tahoe-Reno ont multiplié les rencontres afin de mousser leur projet de candidature. Le soutien de politiciens locaux a déjà commencé à faire son oeuvre dans cette région de l'ouest des États-Unis. À la fin avril, le sénateur Ted Gaines a officiellement endossé l'initiative, soulignant que la tenue du rendez-vous olympique «attirerait l'attention de toute la planète sur la Californie».
Dans les pays nordiques, la Norvège pourrait se laisser tenter. Le membre du Comité international olympique norvégien Gerhard Heiberg milite ouvertement pour un retour de la plus grande manifestation mondiale de sports d'hiver dans son pays. La Norvège a déjà accueilli les Jeux d'hiver en 1994, à Lillehammer.
Labeaume prudent
À l'image de la Suisse, le gouvernement du Québec avait également mandaté une équipe composée de gens influents et issus de divers horizons afin d'étudier la pertinence du rêve olympique.
Équipe Québec, présidée par l'homme d'affaires Claude Rousseau, a ainsi complété son rapport ce printemps. Ce dernier n'a toutefois pas encore été rendu public.
En avril, le maire de Québec, Régis Labeaume, s'est rendu au congrès SportAccord à Londres. Ce congrès regroupant tous les bonzes de l'olympisme se voulait une occasion inespérée de prendre le pouls concernant une candidature de Québec.
Le maire a depuis été prudent dans ses déclarations. À Londres, il avait soutenu être «tiède» devant le projet olympique, notamment en raison des difficultés pour trouver une solution convenable au problème de la montagne de descente masculine.
Munich gagne son référendum
Une ville doit-elle tenir un référendum avant de se lancer dans l'aventure olympique? La question a souvent été soulevée à Québec, où la flamme olympique n'a pas toujours été aussi intense. En Allemagne, Munich a décidé de prendre le risque de consulter sa population... et a gagné son pari. Le comité olympique allemand a annoncé dimanche soir avoir remporté ses deux référendums sur le sujet.
Les 21 000 résidants de Garmisch-Partenkirchen ont ainsi voté dimanche soir en faveur de la tenue des Jeux olympiques d'hiver en 2018. Munich avait choisi de consulter seulement les résidants affectés par les compétitions de ski, et non pas la population de la métropole.
L'opposition des résidants locaux, notamment des fermiers, était vue depuis quelques mois comme une sérieuse tache sur le dossier de candidature de Munich. Ce gain en référendum redonnera fort probablement des ailes au comité de candidature.
La cité allemande semble toutefois traîner la patte par rapport à sa grande rivale, PyeongChang, en Corée du Sud. Pyeongchang ne récolte que des félicitations dans le monde olympique pour son dossier. La plupart des analystes prédisent même la victoire à cette ville qui a déjà essuyé deux revers devant le Comité international olympique (CIO).
Les 18 et 19 mai, les représentants des trois villes candidates (Munich, PyeongChang et Annecy) se rendront à Lausanne pour impressionner les membres du CIO. Le vote final sur la ville hôtesse se tiendra le 6 juillet, à Durban, en Afrique du Sud.
L'issue de ce vote pourrait avoir des conséquences non négligeables sur la décision ou non de Québec de se lancer dans l'aventure pour 2022. Si Munich (ou Annecy) décroche les Jeux pour 2018, les pays européens freineront leur ardeur pour 2022. À moins d'une quatrième tentative de PyeongChang, un retour en Amérique du Nord deviendrait plus logique que la tenue de deux Olympiques consécutives en Europe. Cependant, si PyeongChang retient la faveur du CIO pour 2018, la compétition sera assurément féroce pour 2022.
La ville hôtesse pour 2022 sera décidée en 2015.