«La ville a été métamorphosée de manière importante», soutient Geoff Meggs, vice-président du comité exécutif de la Ville de Vancouver, en entrevue au Soleil. Pour les Jeux olympiques, la métropole côtière a demandé l'aide de tous ses travailleurs.
«Il a fallu sortir les fonctionnaires de leurs habitudes. Nous avons demandé à tous les francophones de la fonction publique de travailler aux Jeux, et aussi à ceux parlant d'autres langues. Les employés ont franchi des lignes comme jamais auparavant. Aujourd'hui, c'est en train de modifier toute l'organisation du travail. On s'est rendu compte du talent de nos employés, au lieu de juste les voir assis à leur bureau.»
Vancouver a profité de la réunion athlétique pour se doter de la Canada Line. Le trajet de SkyTrain qui relie en 15 minutes le centre-ville à l'aéroport fait l'envie de tous au pays. La ville a utilisé les Jeux comme prétexte pour réduire sa dépendance à l'automobile.
«Nous avions promis avant les Jeux de transporter beaucoup de gens au centre-ville, tout en réduisant le nombre d'autos par 30 %. Les gens étaient sceptiques. Dans les faits, on a réduit le nombre d'autos par 40 %!» avance Geoff Meggs.
Claude Rousseau s'est rendu à pas moins de 28 reprises à Vancouver, avant, pendant et après les Jeux. Il devrait dévoiler bientôt ses recommandations sur la pertinence d'une nouvelle candidature olympique pour Québec. Mais d'ici là, il lance des fleurs à Vancouver.
«Je suis convaincu que Vancouver a gagné, soutient le président d'Équipe Québec. Ils avaient une structure bien organisée, et surtout, ils ont réussi à ne pas pénaliser les autres sports. Il y avait de l'argent pour les autres fédérations sportives. Ils ont développé le transport de façon incroyable. Et ils ont gagné en visibilité et en confiance. Ils ont réussi leur coup.»
L'aura de Vancouver a toutefois pâli récemment avec les révélations concernant le village olympique. Il y a 12 mois, le village olympique faisait tourner les têtes avec ses airs d'écoquartier. Le Millenium Water a hébergé les athlètes avant d'être converti en condos et appartements. Les prix d'achat frôlaient toutefois le million, et les acheteurs n'ont pas été au rendez-vous. Le promoteur a déclaré faillite avant d'être sauvé par la Ville de Vancouver. Les contribuables doivent désormais payer la facture pour le quartier controversé.
Bilan des pertes : pas moins de 150 millions $.
«C'est ce qui est le plus amer, le village des athlètes. Celui de Vancouver, parce qu'il y en avait un également à Whistler, et celui-là a très bien fonctionné, on n'en entend jamais parler. Celui de Vancouver, c'est un problème financier et politique majeur», explique Michael Geller, un architecte bien connu dans la métropole?britanno-colombienne.
«Maintenant, c'est le maire de Vancouver qui doit vendre les condos, ajoute l'architecte. Les nouveaux prix seront 30 % moins élevés que les prix d'il y a un an, ça fait des mécontents.»
Le conseiller municipal Geoff Meggs reconnaît sans détour les ratés du village. «C'est notre plus grand défi. Ça n'a rien à voir avec l'ampleur de votre Stade olympique, mais c'est tout de même un sérieux problème. C'est un quartier magnifique, mais qui a été très mal géré.»
La facture est salée. Mais personne au conseil municipal ne reniera jamais les Olympiques, estime-t-il. «Le changement dans l'humeur des gens est trop frappant.»