Nul ne peut prédire l'avenir. Alors n'abandonnons pas la bataille olympique avant de l'avoir commencée, affirme Mélanie Turgeon.
«Québec serait LA plus belle ville au monde pour tenir les Jeux olympiques d'hiver», assure l'ancienne skieuse alpine, championne du monde de descente en 2003.
«Pour avoir l'essence de l'hiver, il n'y a rien de mieux. J'étais aux Jeux de Lillehammer [1994], un petit village, et c'était fantastique. Mais peut-être que le Comité international olympique a d'autres priorités, comme la télévision, les commandites», concède l'ex-résidante de Québec.
Au sujet de la piste de descente masculine, épreuve pour laquelle la région de la Vieille Capitale n'abriterait pas de montagne assez haute et pentue, Turgeon met des bémols.
«Le monde du ski se demande actuellement comment rendre ses courses plus sécuritaires», souligne-t-elle.
De plus en plus de concurrents se blessent, les accidents graves se multiplient. Hans Grugger est la dernière victime en lice. L'Autrichien a dû être opéré d'urgence au cerveau à la suite d'une chute survenue à Kitzbühel, le 20 janvier.
«Peut-être que les standards de la Fédération internationale de ski vont changer au fil des prochaines années? 2026, c'est dans 15 ans!» Turgeon insiste sur le fait que ce ne sont pas les parcours qui sont devenus plus difficiles, mais plutôt l'équipement des skieurs qui, en plus de permettre d'aller toujours plus vite, ne pardonne plus la moindre erreur.
«Les compagnies réussissent à faire plus vite et plus performant, mais pas plus sécuritaire. Alors la question commence à se poser : qu'est-ce qu'on décide de faire avec ça?»
Selon elle, la voix des athlètes est de plus en plus entendue, et écoutée, au sein des instances de décisions de la FIS.