«J'ai peur qu'on devienne la risée du Québec», dit Shoiry

Clotaire Rapaille... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Clotaire Rapaille

Le Soleil, Patrice Laroche

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Québec et son image

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Québec et son image

Lasse de l'expression «Vieille Capitale» qui lui est accolée, la Ville de Québec fait appel au «gourou» Clotaire Rapaille pour «revamper» son image de marque. »

(Québec) L'ex-conseiller Paul Shoiry craint que ce qu'on peut désormais appeler «l'affaire Rapaille» nuise à l'image de Québec. À tel point qu'il croit maintenant nécessaire que la Ville et ses partenaires retirent leurs billes du jeu.

«La première réaction que j'ai eue en lisant cette histoire samedi, c'est de me dire que ça enlève tout le positivisme, l'entrain, l'erre d'aller qu'on avait depuis les fêtes de 2008. Et ce n'est pas comme si c'était arrivé de nulle part. C'est notre maire qui nous amène ça. C'est décevant.»

Celui qui a aussi été maire de Sillery connaît bien la chose municipale et la suit encore beaucoup. C'est pourquoi il s'intéresse au dossier Clotaire Rapaille. «J'ai peur qu'on devienne la risée du Québec et du Canada avec ça. Pourtant, ça va bien au niveau de l'économie et de l'emploi. Et ce dossier-là fait en sorte qu'on parle de nous de façon négative», déplore-t-il.

«Pour le bien de Québec», ajoute M. Shoiry, il vaudrait mieux que la relation d'affaires avec Clotaire Rapaille cesse. «Je rejoins le conseiller indépendant, Yvon Bussières, dans ce sens-là. Je pense qu'une erreur a été commise et qu'il vaut mieux arrêter ça.»

Une de perdue...

Jean-François Dumas, président d'Influence communication, expert dans l'analyse des couvertures médiatiques et de leur impact, explique qu'il faudra revoir l'ensemble de ce qu'il appelle «l'aventure Rapaille» pour avoir une perspective plus générale de ses conséquences sur l'image de la Ville. Mais sans l'avoir fait, il dit pouvoir déjà énoncer les conclusions possibles de l'analyse.

«Je vous donne les résultats dès aujourd'hui. Le maire, il ne l'a pas gagnée celle-là. Lui-même avouait la semaine dernière ne pas avoir remporté la bataille médiatique. Il va peut-être s'ennuyer du terme Vieille Capitale dont il voulait se débarrasser. Il va trouver que c'était moins pire ce qu'il y avait avant.»

Selon M. Dumas, c'est la première poigne solide que les adversaires de M. Labeaume ont sur lui depuis qu'il est en poste. Et ce, indépendamment des conclusions de l'étude menée par M. Rapaille, si, bien sûr, son mandat est maintenu. «Ça se peut que ça donne quelque chose de positif, mais ça va avoir été cahoteux et chaotique. Les gens vont retenir ça aussi.»

L'expert croit également que le maire aurait dû davantage sortir sur la place publique pour justifier sa décision, surtout de la manière dont il a accordé le contrat à M. Rapaille. «Comme observateur, je remarque que le maire est allé à l'encontre de tous les principes. Il a pris une décision unilatérale et il a continué. Malgré la couverture négative, il n'a pas défendu sa position.»

M. Dumas prend en exemple la relative discrétion du maire depuis que Clotaire Rapaille a qualifié les gens de Québec de «sadomasochistes» et parlé de leur complexe d'infériorité face aux résidants de Montréal. «M. Labeaume aurait dû être là pour vendre sa salade. Dans des crises du genre, il faut être là pour défendre son plan. J'essaie maintenant de voir comment il va s'en sortir», con­clut-il.

Simoneau en rajoute

Après s'être demandé en entrevue au Soleil si ça pouvait être «la première fois que M. le maire se trompe dans un de ses dossiers», le conseiller dans Robert-Giffard, Marc Simoneau, membre d'Équipe Labeaume, a exprimé d'autres interrogations sur son blogue. En date de samedi, il exprime ses craintes à savoir si «Clotaire nous monté un bateau». Se disant toujours solidaire envers le maire, il avoue avoir été ébranlé par le reportage. M. Simoneau se demande aussi qui a présenté M. Rapaille au maire. Ça, on le sait déjà. Ce sont des dirigeants de Pôle Québec Chaudière-Appalaches en février 2009. Le conseiller fait ensuite un parallèle entre le premier ministre Stephen Harper qui voulait changer des paroles de l'hymne national et M. Labeaume, «le nom de Vieille Capitale et enlever sur la carte postale le Château Frontenac, la bâtisse la plus photographiée dans le monde». M. Simoneau termine son commentaire en se demandant : «Quelqu'un à l'hôtel de ville est-il capable de dire non au maire?»

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