James McDonald n'a évidemment pas vu évoluer son arrière-arrière-grand-père Jack McDonald, grande vedette des matchs de la Coupe Stanley 1911-1912 avec ses neuf buts, mais il conserve tout de même un rare souvenir de ce championnat.
Au début de la troisième période du dernier match contre Moncton, un groupe de partisans avait offert aux joueurs des médaillons et des pinces à cravate ornées d'un diamant en guise de cadeaux. James McDonald possède toujours ce diamant qu'il a fait installer sur une bague.
«Le diamant au centre de cette bague est le diamant original qui était sur la pince à cravate que Jack McDonald a reçue», lance fièrement le résidant de Québec en montrant une bague ornée de plusieurs de ces pierres précieuses.
«Mon père avait fait installer ce diamant sur un jonc. Comme il était abîmé, je l'ai remis au bijoutier Léonard Toussaint de Limoilou avec une autre bague en or qui appartenait à ma mère. Il a conservé le diamant et fait fondre l'or pour façonner une nouvelle bague à laquelle il a ajouté huit autres diamants», explique-t-il à propos du bijou particulier.
«Comme mon père, Jack McDonald avait grandi dans le quartier Saint-Jean-Baptiste. C'était une fierté pour moi d'avoir un ancêtre qui a porté les couleurs des Bulldogs, et aussi des Canadiens», indique ce partisan de la Sainte-Flanelle.
La fierté des Moran
L'illustre gardien de but des Bulldogs, Paddy Moran, n'a pas eu d'enfant. Ses parents plus éloignés qui résident toujours à Québec ressentent toutefois eux aussi la fierté d'avoir un vainqueur de la Coupe Stanley et un membre du Temple de la renommée du hockey dans leur famille. «Il ne parlait pas beaucoup de cette époque. Par contre, je me rappelle qu'il venait me voir lancer au softball au parc Saint-Malo», explique George Moran, maintenant âgé de 81 ans, neveu de Paddy Moran.
«Ma mère me disait qu'il chaussait des patins de grandeur 8 et la maison qu'il avait bâtie, sur la rue Aberdeen, existe toujours aujourd'hui», poursuit-il.
Neveux de George Moran, Ronnie Moran et son frère Harold étaient très jeunes quand ils ont connu l'ex-gardien de but. «Lui et mon père Claude étaient très proches», se souvient Ronnie.
«À Limoilou, tout le monde sait que je fais partie de la famille de Paddy Moran. J'en ai parlé beaucoup entre amis à la brasserie!» rigole Harold.
Le nom de famille des deux frangins aurait la faculté d'attirer l'attention des amateurs de hockey septuagénaires et octogénaires de la région. «Quand ils entendent mon nom, les plus vieux me demandent toujours : "As-tu connu Paddy Moran?"» souligne Ronnie.
Courageux Rooney
Walter Rooney n'était peut-être qu'un joueur substitut, mais la fille et la petite-fille de l'ex-joueur de centre se rappellent encore aujourd'hui le courage de celui qui évoluait dans l'ombre de Joe Malone.
«Mon père était modeste et ne nous parlait pas beaucoup de l'époque où il jouait au hockey. Je crois qu'il était très peu payé pour jouer les matchs. Ma grand-mère me disait qu'il rentrait souvent des matchs avec plein de coupures et de bleus», signale Maureen Rooney McKenna, 87 ans.
Catherine McKenna, fille de Maureen Rooney et petite-fille de Walter, raconte une anecdote semblable. «On m'a dit qu'il ne se plaignait jamais dans un sport qui n'avait rien d'élégant à l'époque. Quand il se faisait casser le nez, l'entraîneur lui mettait des papiers mouchoirs dans le nez et le renvoyait sur la glace», relate-t-elle.
«Mon père est toujours resté un très bon patineur et c'est lui qui m'a montré à patiner sur la patinoire qui était située face au Château Frontenac», enchaîne Maureen Rooney.
Celui qui est devenu dentiste après sa carrière de hockeyeur aimait aussi beaucoup enseigner à sa petite-fille. «Il m'a appris à lire et à écrire avant que je n'entre en première année. Il m'a aussi transmis son amour des chevaux. Il n'a eu qu'un enfant, ma mère, alors il s'occupait beaucoup de ses petits-enfants», se souvient Catherine McKenna.
Son grand-père a habité 30 ans dans une maison de la rue Sainte-Anne qui abritait aussi son cabinet de dentiste. «La maison existe toujours, mais elle a plus tard été transformée en restaurant pendant quelques années. Plus personne n'y habite depuis 20 ans.»