Les règles du jeu en 1912

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Québec en 1912
Québec en 1912

Il y a 100 ans, le Club Hockey Québec gagnait une première Coupe Stanley. Tous nos reportages sur la conquête, la ville et son époque. »

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Le Quebec Skating Rink des plaines d'Abraham hébergeait... (Photo archives commission des champs de bataille nationaux)

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Le Quebec Skating Rink des plaines d'Abraham hébergeait les Bulldogs avant d'être détruit en 1918.

Photo archives commission des champs de bataille nationaux

<p>Kathleen Lavoie</p>

Kathleen Lavoie
Le Soleil

(Québec) Mille neuf cent douze fut également l'année où le hockey, dans ses règles, aura fait des pas de géant vers sa forme définitive. Survol de la pratique du hockey à l'époque, alors que les dirigeants se préoccupent déjà beaucoup du jeu trop fermé et des coups salauds...

 

 

La fin du maraudeur

C'est lors de la saison 1911-1912 que l'Association nationale de hockey abolit la position de maraudeur (rover) et adopte le jeu à cinq contre cinq, en plus des gardiens. La mesure est instaurée afin de réduire les dépenses des équipes, mais aussi pour ouvrir le jeu et éliminer les coups sournois sur la patinoire... Cette décision déplaît toutefois aux partisans de Québec, convaincus qu'elle nuira aux performances de l'équipe réputée pour son contrôle de la rondelle. «Ils jugent que les équipes de six hommes sont de nature à empêcher l'exécution de belles combinaisons. On estime aussi que la charge d'attaquer les buts est trop ardue pour être imposée tout spécialement à trois hommes», écrit-on dans Le Soleil du 19 janvier 1912.

Le numéro des Bulldogs

Lors d'une réunion des dirigeants de la ligue, ce sont les délégués des Bulldogs, Michael J. Quinn et Louis Lagueux, qui proposent d'ajouter des numéros au bras gauche des chandails. Les joueurs les porteront d'abord sur des brassards. Puis, les numéros seront cousus à l'avant des maillots. Cette nouveauté permet de mieux identifier les joueurs, mais surtout de stimuler la vente de programmes aux amateurs...

Gardiens, debout!

Avec la toute nouvelle distinction entre pénalités majeures et mineures, les infractions signalées en 1912 ne diffèrent pas tellement de celles d'aujourd'hui. Les fautes majeures de l'époque? Avoir lancé son bâton afin d'empêcher un point, commis un double-échec, frappé l'adversaire par-derrière, donné un croc-en-jambe ou avoir proféré des injures. Les mineures étaient constituées de pénalités pour avoir frappé la rondelle avec le pied, lancé la rondelle avec la main, levé son bâton plus haut que les épaules (sauf pour lancer au but). Grande différence : le gardien était encore puni quand il se jetait sur la glace pour effectuer un arrêt. Il devait rester debout!

La loi du portefeuille

Si la nature des infractions à punir n'a guère changé, les sanctions, par contre, sont de tout autre nature en 1912! Toute transgression mineure était passible d'un avertissement. Après trois avertissements, un joueur devait débourser 5 $ et quitter la patinoire. Une pénalité majeure entraînait, elle, une amende de 5 $ sur-le-champ et l'exclusion de la partie. Un joueur exclu était remplacé par un réserviste. «Le fait d'éviter de la brutalité, dans les joutes, est un résultat dont tous les vrais sportsmen doivent être fiers. Quand des "salariés" sont obligés de délier les cordons de leur bourse pour subir une punition, ils reviennent à de meilleurs sentiments. Le sport professionnel doit être gouverné strictement, sans faiblesse», soutenait alors Le Soleil.

Une bonne passe

Au cours de la saison 1911-1912, les équipes étaient composées de neuf joueurs en uniforme, soit six réguliers - trois attaquants, deux défenseurs et un gardien - et trois réservistes. Les défenseurs, dont le duo était composé d'un pointeur et d'un couvre-pointeur, pouvaient jouer l'un derrière l'autre, plutôt que côte à côte, en raison du règlement interdisant les passes vers l'avant. En 1914, l'Association de hockey de la côte du Pacifique innove en ajoutant des lignes bleues sur la glace, dont l'objectif est justement de permettre les passes par l'avant en zone centrale. Jugées spectaculaires, ces passes seront éventuellement autorisées dans les trois zones.

Au suivant!

C'est en 1912 que les changements de joueurs deviennent en tout temps permis pendant un match. Seule différence avec 2012 : le joueur retiré pour faire place à un autre ne pouvait pas revenir au jeu par la suite, à l'époque. Petite nuance en cas de blessures : «Dans le cas d'un joueur blessé, celui-ci aura 10 minutes de délai avant de revenir, mais la partie ne devra pas être interrompue, le côté opposé retirant un homme. [...] Le joueur blessé qui ne pourra revenir sur la glace au bout de 10 minutes pourra être remplacé», précise Le Soleil de l'époque.

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