Corsaire Microbrasserie: le goût du risque

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Profession: entrepreneur
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Cet automne, la section Affaires suivra pas à pas quatre jeunes entreprises de la région de Québec pour raconter les difficultés mais aussi les bons moments dans les premières années d'un projet qui deviendra une réalité. Après consultation avec des experts dans le démarrage d'entreprises, Le Soleil a choisi de suivre Corsaire Microbrasserie, Ferme Québec-Oies, Achigan Écodesign et Kalia. »

Julie Gagnon et Martin Vaillancourt sont à la... (Le Soleil, Renaud Philippe)

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Julie Gagnon et Martin Vaillancourt sont à la barre de Corsaire Microbrasserie.

Le Soleil, Renaud Philippe

Louis Tanguay

Louis Tanguay
Le Soleil

(Québec) Brasser de la bière ou brasser des affaires? Le premier ne va pas sans le second. Il ne suffit pas d'avoir une bonne recette, ni même neuf bonnes, pour rentabiliser la fabrication de boisson à base de céréales.

À Lévis, juste à côté de l'embarcadère du traversier, une jeune équipe découvre depuis plus de deux ans les multiples facettes de la mise sur pied d'une nouvelle entreprise. Julie Gagnon et Martin Vaillancourt ont goûté le premier moût de Corsaire Microbrasserie en juin 2008 avec un troisième associé qui avait d'autres chats à fouetter et s'est retiré de l'aventure.

C'est bien l'aventure qu'évoque le nom de l'entreprise, synonyme d'audace et de goût du risque.

On leur a dit qu'ils allaient se casser le nez quand ils ont choisi de loger leur projet dans les locaux délabrés de l'ancien bureau de poste de Lévis. Mais ils ne regrettent pas d'avoir été parmi les premiers à avoir confiance dans la revitalisation de ce secteur qui pouvait paraître peu favorable à un tel commerce, mais qui est l'objet d'un plan d'intervention de 53 millions $.

Et ils misaient surtout sur le fait qu'il n'existe aucune autre microbrasserie sur le territoire de la Chaudière-Appalaches.

Martin Vaillancourt, c'est celui qui brasse la bière, après avoir multiplié les expériences et les stages dans ce milieu, en Europe et surtout au Royaume-Uni.

Il s'est même payé une coûteuse formation d'un an et demi comme maître brasseur à Sunderland dans le nord-est de l'Angleterre. Au programme : chimie, microbiologie et nombreux tests de dégustation.

Mais, à Québec, il a aussi travaillé avec l'équipe de L'Inox où il a retrouvé Julie Gagnon qui y a passé 11 années de sa carrière entièrement consacrée aux activités de restauration. C'est elle qui gère le bar avec sa salle de spectacles offrant vue sur les cuves de brassage et sur le Saint-Laurent. Elle s'occupe du personnel (12 personnes), des événements et de la bouffe.

Martin lui a montré son plan d'affaires et les deux associés se sont mis à la recherche de moyens pour le réaliser.

Énormément de paperasse à remplir pour satisfaire une demi-douzaine de ministères et d'organismes publics et pour obtenir les changements nécessaires au plan de zonage municipal. Mise à contribution d'amis et de membres de la famille pour renforcer le capital de base suffisamment pour convaincre la Banque de développement du Canada et la Banque Royale d'allonger des fonds pour le démarrage.

Les cuves d'acier inoxydable, ça coûte cher. Et il n'y avait pas de subvention pour cet investissement. Outre les grands cylindres destinés au brassage et qui font partie du décor, il y en a cinq autres pour la fermentation au sous-sol. Il faut ajouter à cela une bouilloire du même métal et un torréfacteur importé directement de Turquie. Celui-ci sert à préparer le seigle, l'orge ou le sarrasin des diverses recettes mais aussi à torréfier un café vendu seulement chez Corsaire.

Meubles recyclés

La majorité des meubles de la salle ont été recyclés, y compris une partie du bar lui-même, précise Julie Gagnon. Un ami ébéniste a contribué à la décoration.

Aujourd'hui, les amateurs de bière sont au rendez-vous et l'équipement de brassage est utilisé à pleine capacité, deux ans plus tôt que prévu au plan d'affaires. Le volume actuel de production n'était prévu que pour 2011, explique Martin Vaillancourt.

Principale ombre au tableau, les syndicats des propriétaires des condominiums voisins s'opposent farouchement au développement de l'entreprise.

Et le permis pour l'aménagement de la terrasse (pourtant comprise dans les plans initiaux soumis au service d'urbanisme) reste bloqué à un niveau politique, soutiennent les propriétaires. C'est jusqu'à maintenant leur plus grande déception.

À moyen terme, il faudra faire des choix pour la croissance des activités. Plusieurs scénarios sont sur la table. À suivre!

 

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