Kurt Etchegary: le hockey dans la peau

Ignoré au dernier repêchage de la LNH, Kurt... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Ignoré au dernier repêchage de la LNH, Kurt Etchegary est plus motivé que jamais à faire sa marque.

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(Québec) Les valeurs du sport, et plus particulièrement du hockey et du soccer, se transmettent de père en fils chez les Etchegary. Du patriarche Gus, considéré comme le «père du soccer à Terre-Neuve», à son petit fils Kurt, qui s'aligne avec les Remparts, en passant par son père Glenn, qui a pratiqué les deux sports, l'envie de se dépasser se trouve au menu quotidien du clan

Le sport est inscrit dans l'ADN des Etchegary. C'est pourquoi il est indissociable de la famille dans l'esprit de Kurt, qui arbore des tatouages rendant hommage à Gus, dont il reprend le mantra (mettle pour «force de caractère»), et sa défunte femme Nora, dont le visage est reproduit sur l'un de ses bras. Ses grands-parents ont, après tout, été les premiers témoins de ses exploits sportifs!

«J'avais trois ans lorsque j'ai appris à patiner avec mon grand-père maternel. On avait un chalet près d'un lac, qui gelait l'hiver. C'est sur le lac que j'ai donné mes premiers coups de patin. Ensuite, j'ai rapidement commencé à jouer au hockey. Tout le monde jouait dans ma famille, que ce soit mon grand-père, mon père ou mon frère Marcus», se souvient «Etchy».

Passé rapidement de la glace naturelle à l'aréna, le centre des Remparts a défendu les couleurs des Capitals de St. John's tout le long de son hockey mineur. Derrière le banc, son père Glenn, un homme d'affaires, l'a dirigé jusqu'au niveau bantam. «On a gagné beaucoup de championnats ensemble!» se rappelle le fils, avec un plaisir évident.

Pendant ces années, le jeune Etchegary n'a cessé de démontrer de belles aptitudes. Suffisamment, en tout cas, pour qu'il cesse de pratiquer le soccer, où il excellait également, et que la famille décide de se fracturer afin d'augmenter ses chances d'être repêché dans la LHJMQ, une occasion qui avait échappé à son grand frère Marcus, né d'une union précédente.

Sa mère Katrina et sa soeur Kaitlin s'étaient donc installées en banlieue montréalaise, où son développement serait mieux supervisé, pour lui permettre de s'aligner avec la formation bantam de l'Association de hockey mineur de Lakeshore, puis avec les Lions du Lac St-Louis (midget AAA). Son père, lui, faisait l'aller-retour entre Terre-Neuve et Montréal.

«Mes parents ont fait un gros sacrifice pour moi, à ma première année bantam. À cause de ce déménagement, j'ai fini par jouer avec les Lions du Lac St-Louis et j'ai été repêché par Québec. Si j'avais complété mon hockey mineur à Terre-Neuve, je ne pense pas que je serais ici aujourd'hui, parce qu'il y a moins de dépisteurs là-bas.»

«M. Positif»

Déjà à cet âge, Etchegary exhibait la fougue qui fait le bonheur des partisans des Remparts, depuis sa sélection de deuxième ronde, en juin 2011. C'est d'ailleurs cette attitude positive, qu'il attribue en partie à l'influence de ses parents et en partie à sa foi, qui l'aide à surmonter chaque grand défi qui se présente à lui. Né avec un lymphangiome microkystique au visage, le combatif petit attaquant ne s'est d'ailleurs jamais laissé miner par sa rare condition.

«Ça ne m'affecte pas dans ma vie de tous les jours. C'est là depuis ma naissance. J'ai eu l'occasion de me faire opérer en vieillissant, mais je ne voyais pas le but de le faire. Et puis, je n'ai jamais eu de problème avec ça en grandissant. On ne m'a jamais rien dit de négatif à ce sujet. En général, je pense que c'est facile de s'entendre avec moi...» a-t-il laissé entendre, sourire en coin.

C'est cette même attitude - et quelques vétérans marquants - qui l'ont aidé à s'adapter à sa nouvelle vie à Québec, une ville francophone.

«Ç'a demandé de l'ajustement. Mais on avait de bons vétérans à ma première année, avec Tam, Roy, Barnard, Shaw et Lefebvre, qui savaient bien accueillir les nouveaux. C'est ce que nous essayons à notre tour de faire cette année, avec les plus jeunes. Après un certain moment, on finit tous par se sentir à l'aise.»

À travers toutes ces étapes, une constante est demeurée : l'attachement au logo. Lorsqu'il enfile le chandail d'une équipe, Etchegary se donne entièrement. Un comportement qui l'a toujours bien servi et lui a permis d'être capitaine de toutes les formations pour lesquelles il a évolué, avant les rangs midget.

À Québec, les dirigeants des Remparts, lui ont préféré cette saison Ryan Culkin, un vétéran de 20 ans, qui a joué la totalité de sa carrière junior à Québec. Ils n'ont toutefois pas hésité à confier un poste d'adjoint à l'attaquant qui aura 19 ans le 12 novembre.

«Parce que je suis un vétéran, parce que j'aime les gars de l'équipe, parce que j'aime interagir avec les médias, parce que j'ai été un leader toute ma vie et parce que j'ai toujours voulu être le capitaine de mes équipes, j'aurais aimé être nommé. Je suis toutefois très heureux pour Ryan, qui mérite amplement le titre. J'espère que si je suis de retour l'an prochain, ce sera à mon tour», fait savoir Etchegary, qui apprend le français pour s'y préparer.

D'ici là, «M. Positif» continuera, même s'il a été ignoré lors du dernier repêchage de la LNH, de faire ce qu'il fait le mieux : jouer avec énergie aux deux extrémités de la patinoire, en espérant se faire remarquer par une formation!

«Pour le reste, la vie est belle. J'ai une famille qui m'appuie, je joue pour l'une des meilleures organisations de la LHJMQ, je vise une carrière dans le hockey professionnel et j'ai une copine formidable. Ça ne pourrait pas mieux aller!» constate le numéro 19.

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Sous la loupe des Red Wings

Kurt Etchegary a été victime de quelques blessures depuis son arrivée chez les Remparts, en 2011, mais aucune n'aura fait plus mal que celle subie le 30 juin, lorsqu'il a été ignoré au repêchage de la LNH. Déterminé à ne pas laisser cette journée définir le reste de sa carrière, il a repris le collier cette saison plus motivé que jamais à faire sa marque.

Ayant passé une partie de la saison 2012-2013 à se remettre d'arthroscopies aux deux hanches, Etchegary était revenu au jeu à temps pour participer au dernier droit vers les séries. Cela aurait dû suffire à convaincre les formations de la LNH de sa bonne condition physique. Un malheureux imbroglio remontant au combine de la LNH à Toronto, en mai, a toutefois faussé la donne.

Un examen par ultrasons réalisé à cette occasion avait révélé la présence de fluide dans la région du coeur d'Etchegary. Un état qui n'était pas lié à un problème cardiaque, mais plutôt à un coup reçu dans les côtes lors d'une rencontre face aux Tigres de Victoriaville, en fin de saison. Un avis médical confirmant le tout avait d'ailleurs été émis par un médecin de Québec.

«Ce que l'on a compris, c'est qu'il y avait eu un problème dans la transmission de l'information entre le médecin, la Centrale de recrutement et les équipes de la LNH, qui n'ont jamais reçu mon dossier médical à temps pour le repêchage. Après la séance, sept équipes sont venues me voir en me disant qu'elles n'avaient pas reçu le document. J'ai fini par être invité à six camps de recrues. J'ai choisi d'aller à Detroit parce que ce sont eux qui ont démontré le plus d'intérêt à mon endroit», explique le centre des Remparts, qui était classé 72e espoir nord-américain.

Une fois à Traverse City, un médecin des Red Wings a confirmé le diagnostic de son homologue québécois, puis s'est assuré de retirer les fluides en question. Etchegary s'est ensuite vu offrir une invitation pour le camp des recrues, mais une blessure au haut du corps, subie pendant le camp d'entraînement des Remparts, l'a empêché d'y participer.

Malgré cela, il a eu la chance de rencontrer plusieurs membres de l'organisation, dont Ken Holland, Mike Babcock et Chris Chelios. Une expérience qu'il n'est pas près d'oublier!

Toujours admissible au repêchage cette année, Etchegary sera dans la mire des Red Wings, eux qui ont gardé contact avec lui depuis le début de la saison. Le directeur général adjoint Ryan Martin échange régulièrement des textos avec lui.

«Ils me traitent comme si j'étais un espoir de l'équipe, même si techniquement, je ne leur appartiens plus. Ça montre à quel point c'est une grande organisation», note Etchegary.

«J'avais trois ans lorsque j'ai appris à patiner... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé) - image 2.0

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«J'avais trois ans lorsque j'ai appris à patiner avec mon grand-père maternel. [...] Ensuite, j'ai rapidement commencé à jouer au hockey. Tout le monde jouait dans ma famille, que ce soit mon grand-père, mon père ou mon frère Marcus» - Kurt Etchegary

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

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Papi au Temple du soccer

Depuis plusieurs générations, le clan Etchegary pratique autant le soccer que le hockey. Même que le grand-père de Kurt, Gus, un membre de l'équipe de la péninsule de Burin entre 1945 et 1950, a été intronisé au Temple de la renommée du soccer canadien en 2007 pour ses qualités de leadership, autant comme joueur que comme administrateur. «Mon grand-père est au Temple de la renommée du soccer canadien, mon père a joué au soccer dans les rangs universitaires, moi, j'étais meilleur au soccer, mais j'ai choisi le hockey, parce que j'aimais le contact physique. Et puis, j'avais aussi le rêve de jouer dans la LNH. Je joue quand même au soccer l'été pour le plaisir», a fait savoir Kurt.

À deux points de Drouin

L'un des plus beaux accomplissements de Kurt Etchegary dans le hockey aura été la saison 2010-2011, alors que les Lions du Lac St-Louis remportaient les championnats du Québec et de la Ligue de hockey midget AAA du Québec. Cette année-là, Etchegary (21-35-56) avait terminé la saison au troisième rang des marqueurs de son équipe, après Jonathan Drouin (22-36-58) et Anthony Duclair (25-32-57). Les Lions s'étaient également rendus en demi-finale de la Coupe Telus, où ils avaient été défaits 4-3, en double prolongation, par les éventuels champions, les Thrashers de Winnipeg.

«Ils ont eu un rebond chanceux. Frankie [François Brassard] ne pouvait rien faire contre ça. On était très heureux de notre saison. Et quand on regarde les gars qui étaient dans cette équipe, plusieurs ont de très belles carrières», remarque Etchegary au sujet des Michael Matheson (Boston College), Patrick Walsh (Titan), Anthony Cortese (Islanders) et Alexandros Soumakis (Titan).

Un resto et un voilier

Si le hockey ne devait pas fonctionner pour Kurt Etchegary, ce ne sont pas les projets d'avenir qui manquent! Dans un premier temps, le jeune homme aimerait suivre les traces de son père et brasser des affaires. Il suit d'ailleurs une formation par correspondance en administration à la Memorial University et se voit un jour diriger une franchise d'une grande chaîne de restauration. Une idée qui lui est venue à force de côtoyer l'entraîneur adjoint des Remparts, Pierre Sévigny, un franchisé Tim Hortons (rue Bouvier).

«Pierre m'a raconté comment il s'était lancé en affaires et ce qu'il a fait pour se rendre là. D'après ce que je comprends, il travaille très fort, mais il aime ce qu'il fait. Ce serait très cool de faire la même chose», estime celui qui est également intéressé par l'univers de la préparation physique. Sur le plan personnel, il espère pouvoir imiter son grand-père et faire le tour du monde en voilier.

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