Ouverture du Centre Vidéotron: «une réussite collective», selon le maire Labeaume

Le maire de Québec, Régis Labeaume, est arrivé... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Le maire de Québec, Régis Labeaume, est arrivé vers 16h30, l'air fébrile, voire nerveux.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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Vers un nouveau Colisée

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Vers un nouveau Colisée

Un groupe de gens d'affaires veut doter Québec d'un nouvel amphithéâtre multifonctionnel pouvant accueillir tant des matchs sportifs que des spectacles. Le projet a ses partisans comme ses détracteurs. »

(Québec) Le reluquage de la peinture fraîche est terminé au Centre Vidéotron, qui vibre désormais au rythme de sa programmation officielle pour les années à venir. Les milliers de partisans, gens d'affaires, politiciens et personnalités sportives ont eu l'occasion, samedi, de constater tout le potentiel, en action, du bâtiment qu'ils espèrent voir devenir le repaire des Nordiques.

C'était annoncé depuis un moment déjà : le match inaugural des Remparts de Québec contre l'Océanic de Rimouski, premier événement sportif officiel de la programmation d'ouverture, affichait complet, samedi, au Centre Vidéotron.

Des milliers d'amateurs n'ont pas attendu l'ouverture des portes, prévue à 17h30, pour venir célébrer l'aboutissement du projet impliquant 370 millions $ d'argent public. Au début des activités sur le site, vers 15h, une véritable marée humaine s'était formée sur la place Jean-Béliveau, devant l'amphithéâtre.

Le maire de Québec est arrivé à 16h30, l'air fébrile, voire nerveux. À quelques heures de l'accomplissement de ce qui pourrait être son fait d'armes le plus marquant depuis son arrivée en poste, Régis Labeaume cachait mal ses émotions.

Pas souvent

«On n'ouvre pas souvent des amphithéâtres», a répondu le maire lorsqu'un journaliste lui a souligné qu'il avait l'air plus émotif qu'à l'habitude. «Le monde est heureux, et ça nous fait plaisir», a-t-il poursuivi, ayant de la difficulté à trouver les mots devant les caméras.

Ayant déjà dit «tout ce qu'il y avait à dire», M. Labeaume a tenu à saluer l'appui de la population de Québec tout au long du projet. «C'est pas une réussite personnelle, il faut arrêter de voir ça comme ça. C'est une réussite collective. [...] C'est ça qui me rejoint là-dedans. J'ai rarement vu un projet où tout le monde a poussé dans le même sens, tout le monde a accepté et on l'a réussi ensemble. Mon sentiment aujourd'hui, c'est que c'est une réussite de notre communauté.»

Le ministre responsable de la Capitale-Nationale, Sam Hamad, a lui aussi vanté un effort collectif pour mener à terme le projet d'amphithéâtre. «Ce n'est pas une journée partisane. C'est une journée de fête pour les gens de Québec. On l'a fait pour eux et aujourd'hui on est contents», a-t-il dit d'emblée.

M. Hamad s'est souvenu de la rencontre entre le maire de Québec et l'ex-premier ministre Jean Charest, en 2011, qui allait fixer le financement initial de 400 millions $.

«Vous connaissez M. Labeaume, il n'a pas l'habitude d'être nerveux. Mais à cette rencontre-là, on sentait un peu de nervosité. Il y avait un peu de tension. [...] J'avais hâte que ça sorte, et, finalement, M. Charest a dit : "C'est réglé, on y va."» Les deux ordres de gouvernement confirmaient le montage financier le 10 février de la même année.

L'un des grands philanthropes du milieu sportif de la région de Québec, Maurice Tanguay, était de la fête malgré ses 81 ans. «C'est une journée extraordinaire, une des plus belles journées de ma vie», a-t-il affirmé sans hésitation. «Pour le hockey, ça va être un succès. Un bon jour, on va avoir la LNH. Moi, je ne le verrai peut-être pas, mais vous, vous allez le voir!»

Le tapis jaune a vu défiler plusieurs anciens Nordiques, dont Michel Goulet et Marc Tardif. Il s'agissait pour les fans de Québec d'une occasion unique de renouer avec leurs anciennes idoles. Guy Lafleur, qui a porté les uniformes des Remparts et des Nordiques, a sans contredit reçu le plus vibrant accueil.

Benoît Robert, pdg du Groupe Sports et divertissement de Québecor, et Pierre Dion, pdg de Québecor, ont tous deux parlé d'une journée qui restera gravée dans les mémoires. «C'est vraiment une journée historique pour nous tous. Ce que le Centre Vidéotron représente pour Québec et pour tout le Québec, c'est extraordinaire», a lancé M. Robert à quelques heures de l'ouverture. «Les gens sont tellement fiers de ce qu'on a accompli aujourd'hui», a renchéri M. Dion.

La fête s'est évidemment transportée à l'intérieur du Centre Vidéotron par la suite, non sans un certain retard dans la programmation. Des milliers de partisans ont notamment eu de la difficulté à entrer dans l'amphithéâtre, surtout du côté est, où une congestion monstre a ralenti le processus.

De longues cérémonies d'avant-match ont ensuite occupé tout ce beau monde pendant plus d'une heure. Un montage multimédia montrant les capacités du nouvel aréna a entre autres été présenté, lequel a été capté par de nombreux téléphones cellulaires.

La soirée s'est conclue à l'extérieur pour un grand feu d'artifice.

Live Blog L'ouverture du Centre Vidéotron en direct

Le jeu en valait finalement la chandelle, dit Bonnardel

La défunte Action démocratique du Québec (ADQ) n'était pas chaude à l'idée de voir un amphithéâtre multifonctionnel construit à 100 % par des fonds publics. François Bonnardel, qui a porté les couleurs de la formation politique, constate aujourd'hui que le jeu en valait la chandelle.

L'ancien chef de l'ADQ avant la fusion créant la Coalition avenir Québec (CAQ), Gérard Deltell, exigeait en 2011 la participation du privé à hauteur de 50 millions $ dans le montage financier de 400 millions $. Pas de privé, pas de colisée, disait-il.

Député adéquiste à ce moment, aujourd'hui caquiste, François Bonnardel se souvient très bien des houleux débats à l'Assemblée nationale au sujet de l'amphithéâtre de Québec.

«C'était audacieux comme décision», a-t-il dit, samedi, à propos de la participation du gouvernement du Québec dans la construction du Centre Vidéotron. «On était dans des conditions où on sortait d'une crise économique en 2008-2009. Alors, investir 200 millions $ d'argent public...»

Représentant la CAQ aux cérémonies d'ouverture, samedi, M. Bonnardel a admis qu'aujourd'hui, avec le recul, la participation du gouvernement, qui a ultimement permis la construction de l'édifice, avait été un coup gagnant pour la ville de Québec et la province. «Aujourd'hui, on se rend compte du succès que ça peut amener. [...] On se rend compte que Québec s'en sort grandie», a-t-il concédé, sans toutefois renier les positions qu'il a pu défendre dans le passé.

M. Bonnardel a rappelé que les débats ont été très difficiles, notamment pour le Parti québécois. «On a eu une bonne discussion [samedi] avec Agnès Maltais sur l'épisode difficile du projet de loi 204», a-t-il mentionné.

Le projet de loi, parrainé par la députée de Taschereau visant à sécuriser l'entente conclue entre la Ville de Québec et Québecor pour la gestion de l'amphithéâtre, avait été l'un des facteurs ayant mené au départ d'au moins trois députés péquistes, à l'été 2011.

M. Bonnardel espère maintenant le retour des Nordiques, qu'il croit capable de générer «un boom de développement économique important».

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