Dix moments forts de l'aventure de l'amphithéâtre

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Des milliers de personnes avaient participé à la Marche bleue sur les plaines d'Abraham.

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Vers un nouveau Colisée

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Vers un nouveau Colisée

Un groupe de gens d'affaires veut doter Québec d'un nouvel amphithéâtre multifonctionnel pouvant accueillir tant des matchs sportifs que des spectacles. Le projet a ses partisans comme ses détracteurs. »

2 octobre 2010

La Marche bleue

«Québec, ville Nordiques!» titrait Le Soleil le 3 octobre 2010. La veille, des milliers de personnes avaient participé à la Marche bleue sur les plaines d'Abraham. Lancée à l'initiative d'un citoyen, Mario Roy, la marche avait pour objectif de montrer l'appui des gens de Québec à la construction d'un nouvel amphithéâtre multifonctionnel. L'organisme J'ai ma place, lancé deux ans plus tôt, avait commencé à amasser des fonds, espérant voir les gouvernements fédéral et provincial doubler la mise. Un amphithéâtre avant tout, donc. Pour des spectacles, une éventuelle candidature olympique. Mais dans les faits, le retour des Nordiques était sur toutes les lèvres. Dès cette première éclatante activité de mobilisation populaire, il est apparu clair dans l'esprit de bien des amateurs qu'un nouveau Colisée était synonyme d'un retour de la Ligue nationale de hockey à Québec. Les cinq années qui allaient suivre ne feront pas mentir tant, qu'on le veille ou non, chaque étape du chantier de l'amphithéâtre aura eu une petite coloration bleu Nordiques.

10 février 2011

Le «go» à 200 millions $

C'est confirmé. Le 10 février 2011, le gouvernement libéral de Jean Charest annonce en grande pompe une mégasubvention de 200 millions $ pour doter Québec d'un amphithéâtre de 400 millions $ à l'automne 2015. Le fédéral n'embarque pas, et la Ville de Québec fait bondir sa contribution à 187 millions $, le groupe J'ai ma place ayant à ce moment récolté 13 millions $ avec la vente de sièges. Il s'agit d'un très gros morceau pour l'administration Labeaume, qui s'était fait élire en 2009 avec la promesse d'un investissement de... 40 millions $. Mais les gens de Québec veulent un nouveau Colisée, et le maire Régis Labeaume promet de dégager cette somme dans le budget de la Ville sans augmenter les taxes plus que l'inflation. «Jamais, jamais, jamais nous n'augmenterons les taxes à cause de l'amphithéâtre», avait-il assuré. Parmi les solutions pour rendre l'amphithéâtre intéressant pour les coffres de la Ville : toucher 4 $ pour chaque billet vendu.

1er mars 2011

Québecor obtient la gestion

La poignée de main est symbolique, et elle fait le tour de la province : Pierre Karl Péladeau, alors pdg de Québecor - bien avant son saut en politique pour le Parti québécois trois ans plus tard -, pose avec le maire Régis Labeaume pour la gestion du futur amphithéâtre. En gros, l'entente implique que Québecor payera 33 millions $ à la Ville de Québec pour apposer son nom sur l'édifice pendant 25 ans en plus de payer un loyer annuel de 3,1 millions $. Si les Nordiques reviennent, ce à quoi travaille Québecor, ces sommes augmenteront respectivement à 63,5 millions $ et à 5 millions $. L'entente est en général bien reçue, mais pas par un ancien directeur général de la Ville, Denis de Belleval. En mai, celui qui dit y voir une subvention déguisée à Québecor a demandé au maire et au ministre des Affaires municipales d'annuler l'entente. Sans quoi, il menace de déposer une requête en nullité en Cour supérieure.

6 juin 2011

Crise au Parti québécois

La députée péquiste de Taschereau, Agnès Maltais, a parrainé le projet de loi 204 qui vise à mettre l'entente de gestion entre la Ville de Québec et Québecor à l'abri de toute poursuite judiciaire. La pièce législative crée de grands remous au sein du parti d'opposition à l'Assemblée nationale. Le 6 juin 2011, trois députés, Louise Beaudoin, Pierre Curzi et Lisette Lapointe, claquent la porte du parti de Pauline Marois, qui appuie la loi 204. Le lendemain, Jean-Martin Aussant, aussi opposé au projet de loi bien qu'il ait aussi invoqué d'autres raisons, quitte également le caucus péquiste. La loi 204 sera finalement adoptée le 21 septembre 2011 dans un vote sans équivoque de 98 députés pour, 14 contre et 5 abstentions. Denis de Belleval et son associé, Alain Miville de Chêne, poursuivent leur lutte et contestent devant la Cour supérieure la constitutionnalité de la loi 204, mais leur requête sera finalement rejetée en juin 2012.

4 février 2012

Sols contaminés

Mauvaise surprise dans le sol de l'emplacement prévu pour l'amphithéâtre coin Wilfrid-Hamel et Laurentienne. Le Soleil révèle qu'il faudra disposer de 200 000 à 300 000 mètres cubes de terre, dont la moitié est contaminée. La facture pourrait atteindre 40 millions $. C'est trop. La Ville de Québec est forcée de revoir ses plans et de tabler sur son plan B : construire l'amphithéâtre à la place de l'hippodrome. Ce scénario avait déjà été envisagé par le passé, et l'administration Labeaume avance l'idée d'intégrer la façade de l'hippodrome. On évoque le Soldier Field de Chicago, construit en 2003 et qui avait conservé une façade de 1924. En Irlande, l'aréna The O2 a été construit en conservant des murs d'une gare de 1878. Mais l'idée d'intégrer la façade a finalement été écartée. «Je pensais dans ma tête que ça serait beau, mais c'était pas beau», avait déclaré le maire Régis Labeaume en juillet 2012.

24 février 2012

L'homme de 400 millions $

L'emplacement de l'amphithéâtre est définitif, l'entente avec Québecor est conclue. Reste un problème : dans son état actuel, le nouveau colisée coûterait 550 millions $. Pas question de dépasser les 400 millions $ pour le maire Régis Labeaume qui confie un mandat de conseiller spécial à Claude Rousseau, alors président des Remparts et conseiller chez TELUS. Un défi colossal et bénévole qui consiste à faire des choix pour réduire en 40 jours le budget à 400 millions $ tout en ne coupant pas trop pour satisfaire aux exigences du gestionnaire Québecor. «J'arrive là sans idée préconçue. J'écoute les gens, je comprends le mandat que j'ai à atteindre», avait résumé Claude Rousseau au Soleil au moment de se joindre temporairement au comité directeur de l'amphithéâtre déjà composé de neuf personnes, dont celui qui était à l'époque l'élu responsable du dossier, François Picard, et le directeur du projet, Jacques A. Bédard. Mais M. Bédard n'en avait plus pour longtemps...

30 avril 2012

Le capitaine quitte le navire

Le 30 avril 2012, on apprend que le directeur du projet d'amphithéâtre, Jacques A. Bédard, démissionne. L'ingénieur d'expérience, embauché à l'externe, était entré en fonction en avril 2011 pour un contrat de 200 000 $ par an jusqu'en septembre 2015. Son départ intrigue, et, deux semaines plus tard, la Ville de Québec rend finalement publique la lettre de démission que M. Bédard avait remise le 27 avril. Il y affirmait craindre que le pouvoir de plus en plus grand des «ressources externes» ne menace le «respect du budget, des échéanciers et de la qualité» du futur colisée. Régis Labeaume réfute ces allégations voulant que la Ville avait «perdu le contrôle» du vaste chantier. Le 20 juillet, le remplaçant de M. Bédard est connu, et il s'agit d'un employé de l'interne : Jean Rochette, qui occupait la fonction de directeur du Service de la gestion des immeubles à la Ville de Québec depuis 2008. M. Rochette mènera finalement le chantier avec succès, dans les temps et dans le budget.

3 septembre 2012

Après la marche... la pelle

Première pelletée de terre symbolique, la journée des fameuses «pelles bleues» de J'ai ma pelle, lancée à l'initiative du fondateur de J'ai ma place, Mario Bédard. Près de 20 000 personnes se sont procuré une pelle au coût de 10 $ en prévision du grand jour. Cette activité citoyenne qui visait avant tout à réaffirmer le soutien de la population à la construction de l'amphithéâtre - et bien sûr au retour des Nordiques - a rapidement pris des couleurs politiques alors qu'elle tombait la veille d'une élection provinciale. Jean Charest, dont le gouvernement avait allongé 200 millions $ pour le nouveau colisée, est présent, tout comme la chef du Parti québécois, Pauline Marois, qui s'est fait huer par certains citoyens présents. Ironiquement, Mme Marois allait, le lendemain, être élue première ministre du Québec.

11 octobre 2012

Architecture d'hiver

Depuis maintenant 18 mois que le financement d'un nouvel amphithéâtre était assuré, on avait hâte de voir de quoi aura l'air le fameux édifice. Le 11 octobre 2012, l'architecte François Moreau de la firme ABCP présente en grande pompe des maquettes et une vidéo d'un amphithéâtre résolument inspiré par l'hiver québécois. «Une icône de notre ville», clame Régis Labeaume, qui estime que le bâtiment, dont l'architecture évoque la glace et la neige, «nous ressemble». L'équipe intégrée SAGP composée d'ABCP, de SNC-Lavalin, de Gagnon, Letelier, Cyr, Richard, Mathieu & associés et de la firme américaine Populous avait remporté le concours d'architecture en octobre 2011. Leur amphithéâtre d'un peu plus de 18 000 sièges fait la part belle au blanc, aux courbes, est muni de rideaux rétractables pour plusieurs configurations de salles de spectacle. Et, évidemment, d'une patinoire pour les Remparts et, encore et toujours, pour les futurs Nordiques.

15 juin 2015

Dans le budget et les temps

On avait dit 400 millions $ pour un amphithéâtre livré en septembre 2015. Après près de trois ans de chantier, le délai est respecté pour l'immeuble nommé Centre Vidéotron en avril. Le budget, lui, est de 30 millions $ inférieur, annoncent Régis Labeaume et le ministre responsable de la Capitale, le libéral Sam Hamad. Une facture de 370 millions $, qui, selon le maire de Québec, est attribuable à la «bonne gouvernance» et au suivi «tough» et serré des dépenses. La Ville et le gouvernement provincial ont alors convenu que les 30 millions $ non dépensés seront épargnés à parts égales et qu'une somme de 10 millions $ sera investie dans la place publique devant l'amphithéâtre. On a appris le 6 juillet que le nom de Jean Béliveau sera donné à la place devant l'édifice qui sera inauguré dès mardi par une série de visites publiques. Dossier réglé, donc? Presque. Il ne manque que les Nordiques...

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