J'ai ma place: la «patente» qui a marché

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Dès 2008, le comptable Mario Bédard a été pionnier de la mobilisation pour un nouvel amphithéâtre à Québec.

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Vers un nouveau Colisée

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Vers un nouveau Colisée

Un groupe de gens d'affaires veut doter Québec d'un nouvel amphithéâtre multifonctionnel pouvant accueillir tant des matchs sportifs que des spectacles. Le projet a ses partisans comme ses détracteurs. »

(Québec) «Quand tu pars la patente, tu dis que ça va prendre cinq ans. Mais moi, je n'y croyais pas.» Pourtant pionnier dès 2008 de la mobilisation pour un nouvel amphithéâtre à Québec, le comptable Mario Bédard admet être le premier surpris d'avoir vu pousser si rapidement un projet aussi ambitieux. Mais on y est, alors que s'amorce une semaine de festivités pour inaugurer le bâtiment de 370 millions $.

Le bureau de Mario Bédard est comme un... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 1.0

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Le bureau de Mario Bédard est comme un petit musée de l'amphithéâtre, avec notamment Le Soleil de novembre 2008, où il est apparu pour la première fois en couverture. 

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

«Là, on se ramasse qu'en 2015, le colisée est prêt et que le club de hockey, il n'est probablement pas loin», lance le fondateur de J'ai ma place, Mario Bédard rencontré mardi dans son bureau de la firme Mallette.

Un bureau qui a des airs de petit musée de la genèse de l'amphithéâtre avec des caisses de documents, des photos, des pelles bleues, l'exemplaire du Soleil de novembre 2008 où il est apparu pour la première fois en couverture.

«Ce jour-là, je me suis dit : OK, ça marche», relate M. Bédard, responsable du développement des affaires chez Mallette.

«Ça», c'est son projet d'amasser 50 millions $ d'argent privé pour doter Québec d'un nouveau colisée. Dans son plan, les gouvernements provincial et fédéral pourraient doubler la mise en allongeant 100 millions $ chacun. La Ville mettrait 50 millions $. «On aurait alors 300 millions $ pour un amphithéâtre», calcule Mario Bédard.

Une «idée folle» qu'il avait lancée au maire Régis Labeaume quelques mois plus tôt, dès février 2008. Le comptable se souvient comme si c'était hier de cette première véritable étincelle vers un nouveau colisée. Il était alors trésorier du 400e, grand fan de hockey et de spectacles, encore en deuil du départ des Nordiques en 1995.

L'année d'activités du 400e était encore loin du succès qu'on lui a connu. Mais déjà, le comptable pensait à «l'après-400e». Il a cogné à la porte de M. Labeaume, lui a parlé de son idée. «Il m'a dit :"Vas-y, le grand, si ça marche, je te suis."» Mario Bédard avait le «go» du maire. Mais n'avait pas encore la formule, ni d'équipe autour de lui. Se bâtir un C. A. n'a pas tardé.

Mario Bédard connaît du monde. Et pas les moindres. Des gens influents, des riches, des ambitieux et des bourreaux de travail. Il a déniché l'avocat Luc Paradis, l'architecte François Moreau d'ABCP, qui deviendra d'ailleurs à l'automne 2011 l'architecte de l'amphithéâtre. Il s'associe à la boîte de pub lg2, à des gens de CGI, de Roche, de Desjardins.

Une brochette de grosses pointures réunies en juillet 2008 et qui rendaient sa «patente» crédible. «Quand on est sortis publiquement, c'était difficile de nous critiquer. Nous critiquer, c'était douter de Desjardins, de CGI», illustre M. Bédard. Selon lui, c'est ce qui a distingué son projet des autres qui étaient jusque-là apparus un brin farfelus comme ceux de Mark Charest à Saint-Augustin-de-Desmaures ou de Me Guy Bertrand.

Départ en lion

Octobre 2008, la vente de sièges est lancée. En une semaine, le groupe récolte 3,2 millions $ en lettres d'intention, vend 980 sièges et 23 salons corporatifs sur un 13 000 potentiels en trois ans. «C'était la folie!» se remémore Mario Bédard. Au total, J'ai ma place vendra finalement 5000 sièges et remettra bientôt 18,5 millions $ à la Ville de Québec.

Et, surtout, l'amphithéâtre est construit. Tout ça, sept ans après la courte discussion de Mario Bédard dans le bureau du maire. «C'est la fin d'un projet qui était un rêve au départ», laisse-t-il tomber.

Si amasser des fonds pour l'amphithéâtre était un projet «d'après-400e», quel est «l'après-colisée» pour le comptable devenu véritable personnalité publique? Il assure qu'il n'a pas de projet à court terme. Mais on apprenait en juillet qu'il fait partie d'un groupe de sept hommes d'affaires nommés pour redresser le Carnaval de Québec. «Je voulais être tranquille, mais là, le maire m'a demandé de m'occuper du Carnaval!» lance-t-il en riant.

Blanchi, mais maintenant frileux

Même s'il a été blanchi, Mario Bédard estime que la plainte dont il a fait l'objet en 2009 à son ordre professionnel a laissé des traces.

«Ça fait qu'il y a des comptables qui s'impliquent un peu moins. Nous, on l'a défendu à notre monde ici. J'ai demandé à mes gens de ne plus être agent officiel pour des élections», déplore cet associé chez Mallette depuis 1996. Une perte, croit-il, pour le monde politique qui bénéficiait de bons comptables. «Là, on se retrouve souvent avec des gens qui n'ont pas d'expertise», estime M. Bédard. En novembre 2009, l'ex-conseiller municipal André Letendre a porté plainte à l'Ordre des comptables professionnels agréés. Il jugeait que M. Bédard avec J'ai ma place et Jean-Guy Poulin, alors représentant officiel du parti Équipe Labeaume, étaient trop proches de la Ville de Québec au moment où Mallette était chargée de vérifier les états financiers municipaux. En janvier 2014, après plus de quatre ans d'enquête, le syndic de l'Ordre a conclu que les deux professionnels n'ont enfreint aucune règle à leur code de déontologie. Mario Bédard a malgré tout préféré céder la présidence de J'ai ma place à l'avocat Luc Paradis. Cette plainte, croit-il, était de «l'enfantillage», mais elle a eu un impact. «Si les gens se font dire qu'ils sont en conflit d'intérêts, ils n'en feront plus, de bénévolat. Je serais curieux de faire le tour des OSBL à Québec et demander s'ils ont de la difficulté à trouver des gens sur leur conseil d'administration. Je suis pas mal sûr que c'est plus difficile.»

Parfois des promesses, mais pas toujours de chèque

Malgré l'enthousiasme de plusieurs à s'engager à acheter un siège avec J'ai ma place au fil des ans, certains n'ont jamais trouvé leur carnet de chèques. «On a amassé 18,5 millions $. Mais dans le fond, on a dû vendre pour 30 millions $ en promesses», rigole Mario Bédard. Pour ceux qui ont réalisé qu'ils ne pouvaient pas se payer de siège, son groupe a lancé la Fondation J'ai ma place en 2010. Les gens pouvaient alors payer 20 $, 50 $ ou 100 $ pour voir leur nom immortalisé sur le mur des donateurs, une murale numérique installée dans l'amphithéâtre. Un peu plus de 1600 places sont encore disponibles sur les 6000 que peut contenir la murale. Le Soleil révélait hier qu'un dernier sprint de vente aura lieu lors des visites publiques du Centre Vidéotron cette semaine.  

 

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