Colisée : «Mettez ça à terre», dit Patrick Dom

Les jeunes qui s'amusaient à imiter leurs joueurs... (Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Les jeunes qui s'amusaient à imiter leurs joueurs favoris dans les corridors du Colisée Pepsi devront s'habituer à un tout autre environnement dans le nouvel amphithéâtre l'an prochain.

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Vers un nouveau Colisée

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Vers un nouveau Colisée

Un groupe de gens d'affaires veut doter Québec d'un nouvel amphithéâtre multifonctionnel pouvant accueillir tant des matchs sportifs que des spectacles. Le projet a ses partisans comme ses détracteurs. »

(Québec) Ne comptez pas sur Patrick Dom pour s'ennuyer du Colisée de Québec. «Mettez ça à terre le plus vite possible», a-t-il dit dimanche, au terme du 56e et dernier Tournoi pee-wee présenté dans le, selon lui, vétuste bâtiment.

Le directeur général du Tournoi international de hockey pee-wee conservera de merveilleux souvenirs de la compétition qu'il pilote depuis plus de 12 ans. «D'un point de vue humain, il y a de l'histoire. Le Colisée, c'est quelque chose!» affirme-t-il d'entrée de jeu. Son propre fils a évolué sur la même patinoire que les Nordiques, en 2009.

Mais le côté promoteur l'emporte sur l'amateur de hockey ou le nostalgique, ne serait-ce que pour des raisons de logistique. «Le Colisée nous a rendu de fiers services, mais là, on passe à un autre appel. [...] On l'a aimé, mais là on commence à l'haïr la bâtisse.»

Le plus gros irritant avec le vieux Colisée est assurément le «manque flagrant» de cases de stationnement, selon celui qui a lui-même joué au Tournoi pee-wee en 1979. «Le commun des mortels qui veut venir, il est au fin fond du monde [après s'être stationné]. Ce sont des pertes de revenu claires pour nous autres. [...] S'ils peuvent le mettre à terre le plus vite possible, si on peut avoir du parking

Le directeur du tournoi prend pour exemple la journée d'hier, où l'admission était exceptionnellement gratuite pour tous les partisans. Malgré ce cadeau, les gradins ne se sont jamais remplis pour les finales. Même que moins d'amateurs ont franchi les tourniquets que la veille. «On a reçu des appels pour nous dire : "Merci c'est gratuit, mais on n'est même pas capables d'y aller"», a-t-il confié. «Ça brûle tout le monde.»

Visiblement soulagé de quitter le Colisée, M. Dom s'est laissé aller et a dressé une liste de désagréments. «Je reçois des commanditaires. C'est un four dans les salons corporatifs! J'ai manqué d'eau [deux fois] cette semaine», a-t-il raconté, ses clients ayant trop chaud. «Tout le monde sacre. Les gens n'ont pas idée à quel point c'est difficile de travailler dans cet environnement-là», a-t-il répété. «Il était parfait en 1950.» «Il n'y a même pas de monte-charge!»

Les citoyens vont vite oublier

Conscient que plusieurs citoyens sont attachés au Colisée, M. Dom leur dit «qu'ils oublieront vite» lorsqu'ils créeront de nouveaux souvenirs dans l'amphithéâtre voisin. Il se donne également comme mission de conserver l'esprit du Tournoi pee-wee, même une fois propulsé dans la modernité. «Les gens et les souvenirs qui ont fait de cet événement-là ce qu'il est, on ne met pas le pic dedans», a-t-il promis. «Le côté humain est plus fort que tout au Tournoi pee-wee.»

La direction et ses 1300 bénévoles sont donc résolument tournés vers le nouvel amphithéâtre. «Les bénévoles ont juste hâte eux autres aussi», assure M. Dom.

Dès les prochaines semaines, de nombreuses rencontres auront lieu avec les gestionnaires de l'amphithéâtre, Québecor, afin de préparer la 57e édition. «Le gros qui s'en vient, c'est la transition de l'autre côté. C'est ça notre plus gros défi, être prêts pour l'an prochain.»

S'il convient que le déploiement était devenu facile dans le Colisée après 56 ans «à reprendre la clé à la même place», M. Dom voit le déménagement comme un «défi logistique» stimulant. Et l'ampleur de la tâche ne lui fait pas peur. «J'aime autant vivre des problèmes d'organisation de l'autre côté que de vivre ce que je vis là.»

Un salon du hockey à Québec?

Patrick Dom aimerait convaincre ses différents partenaires d'organiser un grand salon du hockey dans la capitale à «moyen ou long terme». «Un gros show de hockey» présenté en marge du Tournoi pee-wee, qui sortirait du simple cadre de la compétition.

M. Dom se rendra à St. Paul au Minnesota, le mois prochain, pour assister au Let's Play Hockey Trade Show, question de s'en inspirer. «On veut que Québec devienne pas juste pee-wee. On veut quelque chose de gros. Pas une Expo Québec du hockey.» Au Minnesota, plusieurs compagnies sont invitées à venir présenter leurs produits. Des vedettes de la Ligue nationale de hockey font aussi leur apparition.

À Québec, Patrick Dom aimerait aussi donner la chance aux jeunes joueurs de se faire valoir auprès des collèges américains durant le salon. De nombreux autres projets mijotent dans sa tête, dont un grand spectacle à l'extérieur de l'amphithéâtre pour les jeunes joueurs pee-wee. La proximité avec Québecor et Gestev aidera à créer l'événement désiré, croit-il. Mais tout ça est conditionnel à la destruction du vieux Colisée, a-t-il aussi prévenu

Jean-René Dufort et MC Gilles (Dave Ouellet)... (Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 3.0

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Jean-René Dufort et MC Gilles (Dave Ouellet)

Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

L'Infoman et MC Gilles en visite

Le 56e Tournoi pee-wee et le Colisée seront en vedette dans le prochain épisode d'Infoman, diffusé jeudi 19h30 à ICI Radio-Canada. MC Gilles - Dave Ouellet pour les intimes -, natif de Québec, concoctait un reportage, hier. L'acolyte de Jean-René Dufort sera fidèle à lui-même, préparant un topo surtout humoristique. Mais reste qu'une dernière journée de pee-wee dans le Colisée ravivait des souvenirs en lui. «Ça me fait mal au coeur. Ça sent comme ça sentait... C'est une journée de deuil», a-t-il résumé. Dufort était lui aussi présent en tant que spectateur attentif. Ce dernier trouve dommage qu'on penche pour la destruction du Colisée. «J'aime ça, moi, les vieux arénas qui ont deux ou trois couches de peinture, qui sentent la patate frite. On perd quelque chose quand on détruit. [...] Y'a de l'âme ici», a-t-il déclaré, avant de lancer une pointe à son collègue de Québec. «Moi, j'aime le Colisée, c'est les Nordiques que j'hais!»

La rondelle au Temple

La rondelle du tout dernier but marqué au 56e Tournoi pee-wee prendra la direction du Temple de la renommée du hockey, à Toronto. Une façon de commémorer l'histoire de la compétition dans le Colisée Pepsi et de souligner son apport au développement de plusieurs vedettes actuelles dans les circuits professionnels. Des représentants du Temple ont visité Québec lors de la première semaine du tournoi. L'idée de souligner la fin d'une ère a alors été discutée. L'organisation de Québec a finalement reçu un courriel de Philip Pritchard, v-p aux opérations du Temple, une semaine plus tard, confirmant l'intronisation du tournoi dans le musée. Le fameux but, le cinquième du match final AAA faisant 3-2, appartient à Hunter Hastings des Bobcats de l'Arizona. Le jeune homme, âgé de 13 ans, aura son nom gravé dans l'histoire du hockey.

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