À l'école des magiciens du tatami

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Pour Daniel Tabouret, l'objectif ultime est maintenant de voir un représentant du Dojo de Beauport monter sur un podium olympique.

Le Soleil, Patrice Laroche

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Nos athlètes aux Jeux de Londres

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Nos athlètes aux Jeux de Londres

Pas moins de 12 athlètes de la grande région de Québec participeront aux Jeux olympiques qui prendront leur envol à Londres, le 27 juillet. Portraits. »

(Québec) Le Dojo de Beauport sera de nouveau en effervescence pendant les Jeux de Lon­dres. Le 31 juillet, Antoine Valois-Fortier, qui y a pratiqué le judo pendant de nombreuses années avant de s'expatrier au centre national à Mont­réal afin de parfaire son art, se présentera sur le tatami. Il deviendra le quatrième porte-couleurs du Dojo de Beauport à prendre part aux JO.

«Quatre représentants au cours des six derniers Jeux d'été», lance Daniel Tabouret, directeur technique du Dojo de Beauport. «Patrick Roberge a été le premier membre du club à aller aux JO. C'était à Barcelone en 1992, il avait 22 ans. Il fut suivi par ses soeurs Sophie, 27 ans, qui est allée à Sydney en 2000, et Catherine, 22 ans, qui a pris part aux Jeux d'Athènes en 2004. Et maintenant, c'est au tour d'Antoine, qui a également 22 ans.»

Tabouret explique que dans les années 80, les administrateurs du Dojo de Beauport, fondé en 1965, caressaient un objectif clair : voir un jour un de leurs judokas prendre part aux Olympiques. Un but qui s'est finalement concrétisé après 27 ans d'attente avec la participation de Patrick Roberge aux Jeux de Barcelone. Vingt ans plus tard, Tabouret estime que l'objectif ultime est maintenant de voir un représentant du Dojo de Beauport monter sur un podium olympique.

«Un excellent technicien»

«Et avec Antoine, nous avons bon espoir d'y arriver. C'est un excellent technicien. Nicolas Gill, son entraîneur au centre national, l'a d'ailleurs dit. Antoine, c'est l'athlète de son groupe qui a le plus grand bagage technique. Il a ajouté qu'il lui manquait un peu de force et de tactique, des choses qui allaient venir avec l'âge.

«Antoine, c'est aussi un lecteur et un fin analyste. Il lit tout ce qu'il peut sur le judo et il décortique tout ça. Et il fait la même chose avec les vidéos. Il étudie et analyse les techniques afin de trouver des stratégies pour s'imposer.

«Faut pas se le cacher, c'est en vue d'une participation aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro de 2016 qu'Antoine s'entraînait. Et il a atteint son objectif quatre ans plus tôt, alors qu'il n'a que 22 ans. Lors des Jeux panaméricains, il est arrivé deuxième derrière le Brésilien Leandro Guilheiro, un athlète plus vieux, qui a déjà deux médailles olympiques. Et il n'a perdu qu'à cause d'une pénalité.

«Antoine est en ascension. Ça promet donc. Et on est sûr que tôt ou tard, il aura une médaille olympique et qu'il nous fera passer à une autre étape.»

Les raisons du succès

Le passé étant garant de l'avenir, Tabouret a tenu à rendre hommage aux anciens porte-couleurs du Dojo de Beauport. Des athlètes comme Diane Amyot, Serge Sansfaçon, Michel Boudreault, Richard Boudreault, Jacques Tremblay, Daniel Garneau, etc. ont ouvert la voie aux générations suivantes en obtenant les premiers succès du club sur les scènes provinciale, nationale et même internationale. «Les autres se sont dit : ''Si eux l'ont fait, pourquoi pas nous?'' Et ils ont eu le goût de travailler plus fort pour y arriver.»

Selon le directeur technique, l'au­tre raison ayant permis au Dojo de Beauport d'envoyer autant d'athlètes aux JO réside dans les nombreux échanges réalisés au cours des années. Non seulement le dojo beauportois a régulièrement accueilli des grands maîtres du Japon et de la France, mais plusieurs judokas québécois ont pu se rendre en Europe pour s'entraîner et compétitionner. «Cette ouverture nous a permis d'apporter à nos jeunes quelque chose de nouveau et de se frotter aux plus forts.»

Antoine Valois-Fortier, un modèle pour les apprentis judokas

Même s'il a quitté le Dojo de Beauport il y a trois ans afin de s'entraîner au centre national, Antoine Valois-Fortier retourne régulièrement dans le club, où il s'est initié au judo à l'âge de quatre ans. Des présences qui ne passent jamais inaperçues.

«Pour les jeunes, c'est un exemple», reconnaît Daniel Tabouret, le directeur technique du Dojo de Beauport. «D'ailleurs, ils le connaissent tous. Et quand il vient au club, ça y est, on dirait que le bon Dieu entre. Mais malgré ses succès et ses médailles, Antoine n'a pas la grosse tête. Quand il vient nous voir, il s'intéresse aux jeunes et s'il peut donner un coup de main, il le fait avec gentillesse et bonhomie. C'est vraiment une chance de l'avoir.»

Tabouret retire une grande fierté des succès de Valois-Fortier. Pour lui, ceux-ci sont la récompense du travail et d'une passion d'une vie. «Je n'échangerais pas le sentiment que je ressens pour des milliers de dollars. Quand on a des jeunes qui, comme Antoine, aiment la compétition et qui décident d'investir temps et efforts, on souhaite qu'ils puissent aller jusqu'au bout et on fait tout ce qui est en notre pouvoir pour les aider. Nous, on se dit qu'il n'y a pas de raison pour que des jeunes de chez nous ne figurent pas parmi les meilleurs au monde.»

De la relève

Tabouret a indiqué que la succession de Valois-Fortier se préparait déjà au Dojo de Beauport. Non seulement plusieurs jeunes, des garçons et des filles, s'entraînant dans les différentes catégories montrent de belles aptitudes au niveau technique, mais, de plus, ils ont déjà un objectif clair et précis. Ils nous disent : "Moi, je veux aller aux Jeux, comme Antoine."»

Muffins, café et écran géant

Le Dojo de Beauport sera le théâtre d'une grande fête le 31 juillet. Grâce à la contribution de plusieurs personnes, dont Michel Boudreault et le grand-père d'Antoine Valois-Fortier, tous les membres du club beauportois, de même que leurs parents et amis, pourront assister en direct à la retransmission des combats du judoka «vedette» sur écran géant.

«Comme la compétition de judo des Jeux de Londres débutera à 4h du matin chez nous, il y a des jeunes qui coucheront au dojo la veille», précise le directeur technique Daniel Tabouret. «Nous offrirons aussi aux gens qui viendront au dojo café, thé, muffins, etc. Nous procéderons aussi au dévoilement d'une banderole. Je crois que ça va être une belle fête. Nous espérons maintenant qu'Antoine aura un bon tirage au sort de manière à ce que nous pussions voir un premier combat, mais aussi un deuxième et ainsi de suite. Et ça, on y croit.»

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