Le mot brome apparaît dans la région à la fin du XVIIIe siècle, quand les autorités britanniques commencent à créer des cantons en Estrie pour accueillir les loyalistes britanniques après l'indépendance des États-Unis. En 1797 est créé celui de Brome qui, comme plusieurs autres des Cantons-de-l'Est (Compton, Richmond, Sutton, Stanstead...), se voit donner le nom d'une localité anglaise. D'après la Commission de toponymie du Québec, ce nom de Brome serait en effet celui d'un village dans le Suffolk, dans l'est de l'Angleterre, mais il est également possible qu'il s'agisse du nom de famille de quelqu'un.
Voilà qui suffit à disculper les premiers défricheurs de la région : s'ils avaient voulu donner à leur coin de pays le nom du 35e?élément, ils l'auraient appelé bromine, en anglais, et non brome.
Alors, qu'est-ce que ce mot brome faisait en Angleterre? Le site de la Commission de toponymie est muet à ce sujet, mais s'il s'agit du village du Suffolk, le Oxford Dictionnary of British Place-Names mentionne qu'il signifie simplement «là où pousse du genêt», une plante herbacée commune qui s'appelle broom en anglais.
S'il s'agit du nom de famille, cependant, les choses sont plus floues. Pour certaines sources, il s'agit banalement du nom d'un lieu qui a été pris par une ou des familles de l'endroit. Selon d'autres sources, brome aurait des origines autrement plus nobles, car le genêt fut la plante emblématique d'une famille de nobles français de l'Anjou à partir d'un certain Geoffroy V, dit Plantagenêt, qui fut comte d'Anjou et roi de Jérusalem au XIIe siècle. Son fils Henri devint rien de moins que roi d'Angleterre en 1554, et le nom de famille Broome serait la traduction de genêt.
Go figure, comme ils disent...
Quoi qu'il en soit, Brome est l'un des cantons de l'est ayant la plus longue histoire de peuplement - si l'on fait exception des autochtones. Le plus grand lac des environs et la plus haute colline portent son nom.
D'abord peuplé par des immigrants loyalistes et américains, le canton de Brome fut longtemps presque exclusivement anglophone : seulement 212 francophones y vivaient sur une population de 3136 habitants lors du recensement de 1860-1861. Mais selon l'Histoire des Cantons-de-l'Est (IQRC, 1998) de Jean-Pierre Kesteman, Peter Southam et Diance Saint-Pierre, l'attrait de l'Ouest et des grandes villes entraîna au XIXe siècle un nombre important d'anglophones à quitter la région, qui finit par devenir majoritairement francophone.
La présence anglophone demeure cependant forte - environ 20 % dans Brome-Missisquoi -, et la toponymie garde les traces du passé, que ce soit de façon évidente, comme dans «Sherbrooke», «Cowansville», etc., ou plus subtile, comme à Lac-Brome...
À faire et à voir
Canard en fête
L'une des premières choses que l'on associe au nom de Lac-Brome est le canard, que la région produit en quantité ? et en qualité. Les amateurs de ce palmipède (ou les chasseurs malchanceux) pourront donc aller au festival Canard en fête, du 19 au 27 septembre. www.canardenfete.com
Tout en musique
Au début du XXe siècle, le lac Brome était un endroit de villégiature très prisé du milieu des artistes anglophones de Montréal, selon le livre Histoire des Cantons-de-l'Est. Une partie de cette tradition se perpétue de nos jours au Festival de la musique de Knowlton, du 4 au 16 août, consacré au classique. www.festivaldeknowlton.com
Un peu d'histoire
La municipalité de Lac-Brome est le produit de la fusion, en 1971, de sept villages bâtis «à l'anglaise» il y a plus d'un siècle. On y trouve donc une architecture particulière, rappelant celle de la Nouvelle-Angleterre - mais passablement moins éloignée. Le Musée historique du comté de Brome peut y ajouter une leçon d'histoire. www.townshipsheritage.com/FR/Org/Musee/brome.html
Joie de lavande
Peu d'activités sont plus banales (bien qu'agréables) que la cueillette de fraises, de framboises ou de pommes. Mais au rayon des passe-temps inusités, l'auto-cueillette de la lavande (oui, de la lavande) occupe certainement une bonne place. La lavanderaie Joie de lavande est la seule au Québec à l'offrir. www.joiedelavande.ca