En début de soirée, alors que les fans faisaient leur entrée sur les Plaines, Madonna s'affairait à achever son test de son. Quand elle l'a terminé, avec Love Spent, elle a lancé: «On se revoit dans six heures!» Il était 18h... Puis, elle a ajouté: «Je blague!»
N'empêche, elle n'est pas montée sur les planches vers 21h ou 21h15, la Madone. C'est plutôt passé 22h15 qu'elle a décidé de démarrer son imposante machine. Car c'en est toute une. Lorsque les projecteurs se sont éteints, un décor de cathédrale s'est matérialisé sur les écrans géants - gracieuseté de l'équipe montréalaise de Moment Factory -, tandis que des disciples secouaient un immense encensoir suspendu au plafond. La vedette est apparue en ombre chinoise, dans un isoloir avec un AK-47, en priant.
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De l'ombre à la lumière
Celle qui est née Louise Ciccone l'a déjà dit elle-même: le spectacle MDNA se veut un voyage de l'ombre à la lumière. Aussi l'amorce du concert était-elle sombre et violente. Dans Gang Bang, où elle évoluait dans un hôtel miteux, Madonna se battait contre des hommes, qu'elle tirait à bout portant. Chaque fois, le sang giclait sur les écrans...
Si les chorégraphies étaient brillantes, si les tableaux qui défilaient étaient ingénieux et tenaient parfois du cirque, on n'était vraiment pas sur une piste de danse. Le public, attentif, a d'ailleurs paru secoué...
En revanche, quand la «Material Girl» a troqué son costume moulant noir pour un ensemble de majorette, on est entré dans un tableau nettement plus dynamique et léger. Le même souci créatif était cependant présent dans l'enrobage: sur Give Me All Your Luvin', des joueurs de tambour apparaissaient suspendus dans les airs, rien de moins!
Au milieu de cet impressionnant déploiement, l'artiste de 54 ans brillait. On le sait, elle ne chante pas sur toutes les pièces, le playback étant en renfort à plusieurs endroits, mais elle se donne de manière redoutable, dansant, courant, jouant de la six-cordes, cumulant les costumes ainsi que les coiffures, et campant ses personnages avec aplomb.
Dose de spontanéité
Bien que la machine ronronne parfaitement, il y a de la place pour la spontanéité, à preuve la version de Open Your Heart, livrée en compagnie du trio Kalakan, où on sentait bien son souffle au micro et où son fils est venu danser. C'est d'ailleurs au terme de cette pièce qu'elle s'est adressée au public, précisant que la pièce que le trio Kalakan avait ensuite jouée, Sagarra jo!, était contre l'intolérance. Elle a invité la foule à hurler «fuck yeah!», puis un «fuck oui!», pour approuver. Un spectateur lui a remis un petit drapeau du Québec, après quoi elle s'est lancée dans Masterpiece, qu'elle a dédiée à sa mère, «qui est née dans cette partie du monde et sans laquelle je ne serais pas ici».
La présente tournée a fait bien sûr la part belle au matériel de MDNA, mais les vieux hits avaient tout de même droit de cité, quoique passablement remodelés. Ceci aura peut-être déçu les nostalgiques, qui espéraient se déhancher en se remémorant des souvenirs. Vogue, pour laquelle elle avait sorti une nouvelle version de son bustier Jean Paul Gaultier, Human Nature, qu'elle a achevée en se dévêtant, laissant voir un tatouage «No Fear», ou Like Virgin ont ainsi surpris par leur audace. Cette dernière, en particulier, devenue une valse piano-voix défendue avec son claviériste montréalais, Ric'key Pageot, prenait soudainement une autre signification.
Ce concert, haut en couleur, franchement bien ficelé avec le metteur en scène originaire de Québec Michel Laprise, s'est terminé sur une Like a Prayer lumineuse, reprenant le thème omniprésent de la religion, puis sur Celebration fort dansante, où la star a repris en main son drapeau québécois. Une indéniable réussite, qui plus qu'être simplement festive, était d'une grande valeur artistique.
Oakenfold en intro
Le D.J. Paul Oakenfold s'est chargé de lancer la soirée. Pionnier de l'électro, qui a déjà collaboré avec Madonna, on ne peut dire qu'il a impressionné. Sa performance a en effet mis un certain temps à décoller et, surtout, elle était truffée de clichés et de longueurs. Cela dit, il s'est efforcé de ratisser large, proposant des remix de Sweet Dreams, des Eurythmics, Somebody I Used to Know, de Gotye ou encore de Satisfaction, des Rolling Stones. Il a terminé avec son remodelage de We Are Young, de Fun. Rien de bien transcendant donc, quoiqu'il y ait eu certains passages qui ont semblé plaire à la foule.
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Le déroulement de la soirée:
The Prayer Overture: Act of Contrition
Girl Gone Wild (avec extraits de Material Girl et Give It 2 Me)
Revolver
Gang Bang
Papa Don't Preach
Hung Up (avec extrait de Girl Gone Wild)
I Don't Give A
Express Yourself
(avec extraits de Born This Way de Lady Gaga et de She's Not Me)
Give Me All Your Luvin'
Turn Up the Radio
Open Your Heart (avec extraits de Sagarra jo! de Kalakan)
Masterpiece
Vogue
Candy Shop (avec extrait d'Ashamed of Myself de Kelley Polar et extrait d'Erotica)
Human Nature
Like a Virgin (avec segments de Evgeni's Waltz)
I'm Addicted
I'm a Sinner (avec extrait de Cyber-Raga)
Like a Prayer
Celebration (avec segments de Girl Gone Wild)