Le concert que Madonna offrira sur les plaines d'Abraham se distingue à bien des égards. Certes, c'est le seul en extérieur au Canada et le premier de la portion américaine qui ne soit pas en aréna. Mais surtout, c'est l'un des rares qui n'ait pas lieu à l'intérieur d'une enceinte comme ç'a été le cas dans les stades, en Europe ou au Moyen-Orient.
«Jouer à l'extérieur n'est pas quelque chose de nouveau pour nous, mais un site comme celui-là, c'est un peu différent, a expliqué M. Berry. La seule fois que ça s'est rapproché de ça était à Hyde Park, à Londres. [...] Ça prend plus de planification de notre part et des promoteurs locaux pour être certain que les gens puissent bien voir et entendre et donc passer du bon temps.»
Dans le milieu, Jake Berry est une sommité. Il a oeuvré sur plusieurs tournées de U2, dont la fameuse 360, il a travaillé auprès des Rolling Stones, de même que Shakira, AC/DC et Metallica. À ses yeux, la production que Madonna livrera aux Québécois s'illustre par le toit qui surplombe la scène et qui serait le plus imposant à avoir jamais voyagé.
Un théâtre en extérieur
«Madonna a un côté théâtral. On voulait que [la scène] ressemble davantage à un théâtre qu'à une scène extérieure avec un écran, ajoute-t-il. On voulait que ce soit un tout. Mark Fisher [Pink Floyd, U2, Cirque du Soleil] a fait le design avec [le metteur en scène] Michel Laprise.»
M. Berry souligne qu'au devant, la scène a une forme de «V», ce qui permet à quelque 3000 chanceux d'avoir une expérience de proximité. En fond de scène, un écran géant de 14 mètres de largeur sur 8 mètres de hauteur vient magnifier ce qui se passe sur les planches. Deux autres sont disposés dans la foule.
Comme tous les proches collaborateurs de Madonna, Jake Berry salue la minutie et le perfectionnisme de sa patronne: «Elle veut tout faire pour que les gens aient le meilleur show possible tous les soirs.»
M. Berry a la certitude que la chanteuse prendra le temps de s'adresser au public en français, ce soir. Et si vous faites partie des curieux qui veulent savoir ce qui se retrouve dans la loge de la star, sachez que le directeur de production n'a pas donné de détails, mais a précisé qu'il n'y avait rien d'extravagant. L'idée est simplement de créer un environnement pour qu'elle s'y sente à l'aise. C'est ainsi qu'elle peut se détendre avant de monter sous les feux de la rampe et séduire ses fans.
«C'est un champ de bataille, ici, n'est-ce pas? Alors Madonna viendra ici et conquerra les Canadiens!»
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Des billets à moitié prix
Plusieurs revendeurs peinent à écouler leurs billets de Madonna, offrant même leurs laissez-passer au tiers du prix sur Internet.
Après la folie furieuse de la prévente et de la vente initiale, force est de croire que la revente des billets de Madonna s'est calmée. Vendredi, des billets dans la zone C étaient vendus pour seulement 35 $ sur le site d'enchères en ligne eBay.
La plate-forme de vente Kijiji était elle aussi garnie d'offres alléchantes de billets avoisinant les 50 $. Le prix régulier était de 72 $.
Même les précieuses places Or - que plusieurs amateurs de la chanteuse pop n'avaient pas pu décrocher il y a quelques mois - se vendaient hier sous le prix coûtant, à environ 250 $ (prix régulier de 302 $). Principe similaire pour les billets J'ai ma place, tout près de la zone Or, pour lesquels les vendeurs demandent parfois aussi peu que 130 $.
Tout un contraste avec la revente des premiers jours, alors que des détenteurs de billets J'ai ma place avaient tenté de revendre leurs billets pour trois fois leur prix coûtant.
En février, les billets Or étaient affichés au prix exorbitant de 800 $ pièce. Impossible cependant de savoir si les revendeurs de l'époque ont bel et bien écoulé leurs marchandises.
Questionné à propos de cette baisse marquée de la revente, le promoteur du spectacle Sylvain Parent-Bédard a laissé entendre que la mise en circulation de nouveaux billets avait sonné le glas de la spéculation.
«Ça faisait partie d'une stratégie appliquée. On pense qu'on a eu raison», a-t-il soutenu vendredi. «On a calculé le nombre à 65 000, qu'on pouvait augmenter à 70 000. On a toujours voulu qu'il y ait de la place en quantité suffisante pour les gens. Lorsqu'on a effectué les déblocages techniques, ça nous a permis de remettre 2000 billets en vente, et je dois vous dire que c'est une stratégie pour contrer les revendeurs de billets.»
«À partir du moment où on a mis nos 2000 billets en vente, les revendeurs qui vendaient les billets à 500 $ et 1000 $, ils ont redescendu à 80 $ et 40 $, et on est très contents de ça, a-t-il poursuivi. Il reste quelques centaines de billets à vendre, et on a l'impression qu'on va être sold out pour demain.» Samuel Auger