S'il y a un signe incontestable qu'une chanteuse est élevée au rang d'icône dans la communauté gaie, c'est bien le nombre de personnificateurs féminins qui souhaitent entrer dans leur peau.
Jean-Vincent, alias Gyzel est drag queen depuis une dizaine d'années et aime Madonna «depuis toujours».
«J'ai commencé à aimer Madonna à la période Vogue, l'album I'm Breathless et le film Dick Tracy. Erotica, j'ai aussi bien aimé, mais j'étais trop jeune, je n'avais pas le droit de l'écouter!» lance le jeune homme qui n'a «pas encore 30 ans».
Mais personnifier Madonna ne veut pas dire adhérer inconditionnellement à tout ce qu'a fait la diva. «Avec elle, c'est toujours j'aime, j'aime pas, ça dépend», explique Gyzel.
Il faut dire que la carrière de Madonna est si longue et diversifiée que les personnificateurs peuvent se permettre de choisir. «Elle a tellement changé que si on travaille les maquillages, ou la façon dont elle agit sur une scène dans les années 80 ou aujourd'hui, c'est deux personnes totalement différentes», explique Gyzel.
«Du point de vue stylistique, c'est beaucoup de travail pour se réinventer comme elle l'a fait.»
Gyzel, elle, enfin, lui, a choisi les chansons et les looks des plus récents albums de Madonna dont Confessions on a Dance Floor, Hard Candy et MDNA. Lors de la conférence de presse annonçant la programmation de la Fête Arc-en-ciel, Gyzel a donné un avant-goût du grand spectacle gratuit qu'il donnera à la place D'Youville le 31 août, veille du show de la «vraie» Madone à Québec.
Chorégraphies, costumes, danseurs, tout y était pendant les interprétations de Girl Gone Wild et Gimme All Your Luvin'. «Mais là, j'avais quatre danseurs. Le 31, ils seront 12», explique celui qui donne régulièrement des spectacles en Britney Spears, mais surtout en Lady Gaga.
«Pour moi, Lady Gaga, c'est Madonna 2. Elle choque, elle fait des trucs que personne d'autre n'a faits avant elle. C'est ce qui nous plaît, car nous les gais, on a toujours revendiqué notre propre identité, le fait de s'habiller comme on a envie sans être jugés.»
Et si Madonna lui plaît, Gyzel plaît aussi à de plus en plus de monde. Ces derniers temps, le personnificateur, qui partage son temps entre le Québec et la France, multiplie les contrats. En plus d'être sur la scène du Drague Cabaret Club chaque semaine, il est en demande à Montréal et donne chaque année des spectacles à Mykonos, une île grecque réputée pour son tourisme gai. Un horaire de plus en plus chargé pour cet étudiant en droit.
La personnification risque-t-elle de nuire à vos études, Gyzel? «C'est ce que mon mari me dit tout le temps!» lance-t-il.