Monastère de L'Hôtel-Dieu: un défi de réhabilitation

Dans la partie plus ancienne du monastère, les... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Dans la partie plus ancienne du monastère, les fenêtres au premier niveau ont été élargies pour retrouver leurs dimensions d'origine.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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Lieu d'histoire et d'avenir

Société

Lieu d'histoire et d'avenir

Construit au tout début de la Nouvelle-France, le monastère des Augustines de L'Hôtel-Dieu de Québec est un immense chantier sur le point de se terminer. Une transformation majeure qui aura nécessité un investissement de quelque 40 millions $. Cette étape n'est pas que physique pour ce lieu d'histoire aujourd'hui tourné vers l'avenir. Découvrez, au fil des semaines, ce profond changement autorisé par la communauté religieuse. »

Raphaëlle Plante

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Afin de réhabiliter le monastère de L'Hôtel-Dieu pour lui donner une nouvelle vie, le bâtiment a été littéralement «éventré». «On a ouvert partout où c'était possible», indique l'architecte directeur du projet, Bernard Serge Gagné.

Un étage a été ajouté sur l'aile la... (Le Soleil, Yan Doublet) - image 1.0

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Un étage a été ajouté sur l'aile la plus moderne du monastère des Augustines afin d'abriter la réserve muséale, dont les parois sont en inox.

Le Soleil, Yan Doublet

«On avait affaire à des bâtiments de qualité remarquable, mais avec des éléments fondamentalement désuets, comme les composants technologiques, la plomberie, l'électricité [...] Il y a eu des ajouts apparents au fil du temps, donc il fallait "rentrer les viscères dans le corps" et libérer l'environnement des contraintes que sont, par exemple, les tuyaux», signale M. Gagné, qui dirige le chantier depuis 2011.

Un travail de moine a été effectué avec les plafonds de bois et les caissons, qui ont été démontés et numérotés, puis réinstallés une fois les «viscères» rentrés. «Le plus gros des travaux, on ne le verra pas. C'est une grande réussite!» s'exclame l'architecte associé chez ABCP.

M. Gagné précise que le travail effectué au monastère en a été un de réhabilitation, et non de restauration : «La restauration, c'est la remise en état à l'identique [des bâtiments], tandis que la réhabilitation consiste à permettre une nouvelle fonction dans le respect des bâtiments, une adaptation. Il y a eu des interventions contemporaines discrètes, mais affirmées.»

Les deux ajouts les plus apparents sont sans contredit le nouveau hall d'entrée vitré ainsi que la réserve muséale. Le hall, «c'est le monastère qui s'ouvre sur la ville, une connexion entre les rues Charlevoix et des Remparts. C'est clair que ça prenait un organe d'entrée, il n'y avait pas vraiment d'accueil [avant]. C'est très transparent, mais il y aura une grille du côté de Charlevoix pour rappeler le cloître» et la présence des religieuses, signale M. Gagné.

Quant à la réserve muséale, il s'agit de l'ajout d'un étage sur l'aile la plus moderne du monastère, qui date des années 50. «On a opté pour un matériau métallique, ici l'inox, qui rappelle les toits des anciens bâtiments, sauf que les parois sont droites.»

Dans les bâtiments plus anciens, à l'étage du cloître (premier niveau), les fenêtres ont été élargies pour retrouver leurs dimensions d'origine. «Vers 1880, les soeurs étaient tannées de geler et ont décidé de rapetisser les fenêtres. [Lors des travaux], on voyait que ça craquait autour selon un bel arc de cercle. On a trouvé une fenêtre semblable à celles disparues et on s'en est inspiré pour refaire les fenêtres telles qu'elles avaient été», explique l'architecte.

Vestiges dans les voûtes

Ce qui aura causé le plus de maux de tête à Bernard Serge Gagné et à son équipe? Les voûtes, ou plutôt les découvertes archéologiques qui y ont été faites lors des travaux et qui ont considérablement modifié les plans d'origine. «En faisant de l'excavation pour renforcer les fondations, on a découvert des vestiges de petits bâtiments qui se trouvaient sur le site dès 1639 : une maison, une cuisine, une citerne, des canalisations...»

Les voûtes des premiers bâtiments actuels du monastère, qui datent de 1695, ont donc été construites par-dessus ces vestiges. Le ministère de la Culture ayant demandé que ces découvertes archéologiques soient préservées, la salle mécanique qui devait être installée dans les voûtes a dû être déplacée.

Lors de l'incendie qui a ravagé le monastère en 1755, l'effondrement des étages supérieurs a fait en sorte que certaines voûtes ont été enfouies, mais les fouilles ont permis de les retrouver. «La grande voûte a résisté, mais elle a subi une déformation lors de l'incendie, car elle a une forme en "dos de chameau" au lieu d'un arc plat», indique M. Gagné, ajoutant que le plancher intermédiaire qui y avait été construit a été retiré.

Avec la nouvelle vocation du Monastère des Augustines, des événements pourront désormais avoir lieu dans les voûtes, un lieu chargé d'histoire... qui conserve une aura de mystère.

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