Une situation qualifiée de «déraisonnable» par le CAA-Québec. «Disons que l'industrie est très difficile à suivre dans son raisonnement», a souligné au Soleil le porte-parole de l'organisme Philippe St-Pierre.
Lundi, les chutes des prix observées sur les marchés boursiers ces derniers jours n'avaient toujours pas été refilées aux automobilistes québécois.
Chemin faisant, la marge de détail s'élevait à 12 ¢ du litre à Québec, alors que la marge moyenne observée au cours de la dernière année a été de 6,8 ¢.
Après la Baie-James (1,614 $) et Mont-Joli (1,399 $), c'est d'ailleurs à Québec que le litre d'essence se vendait le plus cher dans la province, à 1,374 $.
Selon la Régie de l'énergie, le coût moyen d'acquisition pour un litre d'essence ordinaire n'a cessé de chuter depuis mercredi dernier, passant à 1,255 $ lundi.
«À Québec, qui est le deuxième plus gros marché de l'essence dans la province, on constate que le jeu de la concurrence semble inexistant. C'est très préoccupant», a fait valoir M. St-Pierre.
Ailleurs au Québec, il en coûtait ainsi lundi 1,337 $ le litre à Trois-Rivières, alors qu'à Drummondville et à Rouyn-Noranda, la même quantité d'essence se vendait 1,334 $.
Le CAA soutient par ailleurs que la marge au détail par litre vendu est anormalement élevée dans les stations-services de Québec. Au cours des 52 dernières semaines, cette marge, supérieure à la moyenne provinciale, s'est élevée à 6,8 ¢. L'an dernier, cette marge moyenne avait été de 5,7 ¢ du litre.
À titre de comparaison, la marge au détail moyenne par litre en Mauricie se chiffre depuis un an à 4,6 ¢ du litre.
D'après la Régie de l'énergie, une station-service dite efficace - qui vend 3,5 millions de litres d'essence par année - a besoin d'une marge bénéficiaire de 3 ¢ le litre pour couvrir ses frais.
La faute aux taxes
À l'Association québécoise des indépendants du pétrole (AQIP), on soutient que le prix payé pour l'essence par les Québécois est le plus bas au pays. «Ce sont les taxes imposées qui font que nous payons un prix plus élevé», a signalé lundi la présidente Sonya Marcotte.
L'AQIP avance que pour chaque litre d'essence vendu à Québec lundi, le montant des différentes taxes prélevées se chiffrait à 43 ¢.
L'AQIP pense que son projet de plafonner le prix de l'essence au Québec permettrait de mieux encadrer les soubresauts du marché. Le prix de l'essence serait réévalué chaque jour, contrairement à une fois par semaine en ce moment. Dans le marché de Québec, la marge au détail serait alors fixée entre 4 et 7 ¢ du litre, selon les forces du marché en présence.
Pour le CAA-Québec, on reconnaît que les taxes prélevées sur la vente d'essence au Québec sont imposantes. «Mais nous, on demande la transparence. Si les prix baissent rapidement sur les marchés de gros, ils doivent également baisser rapidement à la pompe. C'est logique», a fait valoir Philippe St-Pierre.