Cette fois-ci, les chefs d'accusation au criminel ont été portés contre 25 individus et trois entreprises qui travaillaient dans les marchés de l'essence de Victoriaville, de Thetford Mines, de Sherbrooke et de Magog entre 2002 et 2006.
«Cette affaire de fixation illégale de prix dans l'industrie de l'essence illustre la manière dont les cartels escroquent l'argent des honnêtes contribuables», a fait savoir la commissaire du Bureau de la concurrence, Melanie Aitken.
En 2008, la même enquête du Bureau de la concurrence avait mené à des accusations contre 13 personnes et 11 entreprises dans ces mêmes marchés. De ce nombre, 10 personnes et cinq sociétés (dont Ultramar) ont depuis plaidé coupables et payé des amendes totalisant près de 3 millions $.
Selon le Bureau de la concurrence, les employés des détaillants d'essence ou leurs représentants accusés avaient réellement mis en place un système téléphonique pour convenir d'avance des prix de l'essence vendue aux consommateurs.
Dernière vague
Cette deuxième vague d'accusations devrait d'ailleurs être la dernière dans cette enquête de fixation de prix dans le secteur de l'essence au Québec. «À moins de l'apparition de nouveaux éléments de preuve, pour nous, le dossier est clos», a indiqué Donald Plouffe du Bureau de la concurrence.
L'enquête du Bureau de la concurrence, qui a débuté en 2004, a nécessité la saisie de 100 000 documents lors de 90 perquisitions. Le Bureau dit avoir également intercepté des milliers de conversations téléphoniques pour mener à bien son enquête.
Il faut dire que le Bureau de la concurrence a été alerté à la suite d'une sortie publique dans un journal local de Victoriaville d'un propriétaire d'une station-service qui se disait victime d'intimidation pour fixer les prix de l'essence.
Menaces
À l'époque, Christian Goulet possédait une station-service de la bannière Esso à Victoriaville. Pendant des années, malgré les menaces persistantes de ses concurrents, M. Goulet dit avoir toujours refusé de vendre son essence à un prix fixé d'avance. «Je voulais surtout offrir les meilleurs prix possible à mes clients», avait-il expliqué dans une entrevue accordée au Soleil l'an dernier.
Or, en mai 2004, après avoir essuyé des menaces de plus en plus violentes (menaces de mort, vandalisme sur ses pompes), M. Goulet a décidé de se confier à un journaliste.
À Ottawa, le Bureau de la concurrence en a entendu parler et a décidé d'enquêter. «C'est à partir de là que tout a déboulé», avait confirmé M. Goulet.