«Lorsque l'on observe l'évolution des prix de l'essence dans la capitale, il y a lieu de se poser des questions», souligne le porte-parole de l'organisme, Philippe St-Pierre.
L'an dernier, les détaillants de Québec (et de Montréal) ont perçu une marge de profit moyenne de 5,6 ¢ pour chaque litre d'essence vendu. Partout ailleurs au Québec, cette marge moyenne a plutôt été de 3 ¢ par litre.
Une situation que s'explique mal le CAA-Québec, alors que la logique veut qu'un fort volume de vente est habituellement garant d'un meilleur prix pour les consommateurs.
«Doit-on revisiter le principe à la base de l'économie de marché et conclure que plus un marché et les volumes de vente sont moindres, plus il est normal de retrouver de meilleurs prix?» se demande M. St-Pierre.
Dans un rapport rendu public il y a deux semaines, la Régie de l'énergie avançait pourtant le contraire pour justifier des marges au détail plus élevées à Québec.
Pour expliquer les disparités de prix entre Québec et Montréal à la pompe, la Régie soulignait que la demande d'essence était cinq fois moins importante dans la capitale que dans la métropole. Une situation entraînant une marge de commercialisation plus basse à Montréal, écrivait-elle.
Rapport décevant
Le CAA se fait d'ailleurs très critique envers l'analyse pondue par la Régie de l'énergie à la demande de la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau.
«Les observations de la Régie offre peu de réponses sur les variations de prix qui ne suivent pas toujours les indicateurs pétroliers», note Philippe St-Pierre.
D'après ce dernier, l'uniformité des prix de l'essence à Québec a d'ailleurs de quoi soulever de sérieux doutes dans la tête des automobilistes.
Par conséquent, le CAA estime que le marché de l'essence de Québec ne reflète pas fidèlement la relation d'offre et de demande. «Avec des marges plus élevées que la moyenne provinciale, l'industrie y trouve peut-être son compte, mais au détriment des automobilistes qui paient plus cher», ajoute M. St-Pierre.
L'an dernier, le CAA-Québec a noté que 107 jours ouvrables sur 248 à Québec, le prix à la pompe de l'essence ordinaire a été plus élevé que le prix réaliste calculé à partir d'indicateurs quotidiens d'acquisition sur les marchés financiers.