Les deux requérants, Marcel Lafontaine, de Victoriaville, Simon Jacques, de Lac-Beauport, ainsi que l'Association pour la protection des automobilistes allèguent qu'entre 2002 et 2006, les intimées ont comploté pour fixer le prix de l'essence à Sherbrooke, Magog, Victoriaville et Thetford Mines. Elles auraient ainsi gonflé leurs profits aux dépens des consommateurs pour augmenter leurs marges bénéficiaires.Les représentations sur la demande de permission d'exercer un recours collectif doivent durer deux semaines. Une armada d'une quarantaine d'avocats représentant toutes les parties a pris place devant la juge Dominique Bélanger, de la Cour supérieure. Pour satisfaire les besoins de tout ce monde, il a fallu le loger dans la plus grande salle du palais de justice, celle où se tiennent es procès devant jury.
Au cours de cette première journée, les avocats des requérants ont annoncé leur désistement à l'égard de Shell, une des compagnies intimées lors du dépôt de la requête, l'an dernier. Il appert que, dans les régions concernées, la compagnie n'avait pas d'employés pouvant fixer les prix de l'essence, et que, d'ailleurs, l'essence acheminée à ces endroits ne lui appartenait plus.
Elle n'aurait donc eu aucun avantage à participer à une fixation des prix à la pompe artificiellement trop élevés. Les intimées qui restent sont Les Pétroles Therrien et Distributions pétrolières Therrien, un grossiste et un distributeur sous la bannière Pétro-T, Ultramar, Petro-Canada, Imperial Oil, Les Pétroles Irving et Le Groupe pétrolier Olco.
Les avocats des requérants ont réitéré qu'un seul et même cartel comprenant les mêmes acteurs était bien implanté aux quatre endroits. On croit même que l'action des acteurs de ce cartel a eu une influence sur les autres stations des environs des quatre villes. Celles-ci auraient aussi augmenté leurs prix pour s'ajuster à ceux du cartel.
La demande d'exercer un recours collectif a été déposée à la suite d'une enquête du Bureau de la concurrence qui a débouché sur des accusations contre 53 stations-service, 13 individus et 11 entreprises des quatre villes concernées. Environ 2000 conversations incriminantes avaient été interceptées et 86 perquisitions avaient été effectuées au cours de l'enquête, en 2006. Le total des amendes s'est élevé à quelque 3 millions $ et les peines d'emprisonnement infligées totalisaient 32 mois.