Professeurs masculins: oui à la discrimination positive

En 2009, il n'y avait que 22,3 %... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

En 2009, il n'y avait que 22,3 % d'hommes qui enseignaient dans les écoles du Québec, comparativement à 30,4 % en 1990. Cette proportion chute à 12,9 % pour les écoles primaires.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Les garçons et l'école

Société

Les garçons et l'école

L'échec scolaire a un sexe. Les garçons sont beaucoup plus nombreux à décrocher. Ils représentent une majorité d'élèves en difficulté. Pourtant, même si l'hécatombe se poursuit depuis des années, l'école fait la sourde oreille. Le réseau scolaire, frileux, ne tient pas suffisamment compte des difficultés des garçons, affirme Égide Royer, spécialiste en adaptation scolaire à l'Université Laval. Le Soleil fait le point sur la question. »

Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Le réseau scolaire est préoccupé par le manque de professeurs masculins dans les écoles du Québec. Les directeurs d'école vont même jusqu'à réclamer des mesures de discrimination positive pour corriger la situation.

«Si on a besoin de ça pour avoir plus d'hommes et démontrer que cette profession est intéressante, je dis oui. On en a eu des mesures de discrimination positive pour d'autres groupes, alors pourquoi pas au primaire et au secondaire pour les hommes en enseignement? Je suis d'accord avec ça», affirme Chantal Longpré, présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement (FQDE).

Mme Longpré réagissait à une série d'articles sur les problèmes des garçons à l'école, publiés au cours des derniers jours dans Le Soleil. Parmi les solutions évoquées, certains affirment qu'à compétence égale, il faut privilégier l'embauche de professeurs masculins.

Même si aucune étude ne permet de démontrer que d'avoir davantage d'hommes en enseignement permet aux garçons de mieux réussir à l'école, Mme Longpré est convaincue qu'une telle mesure serait bénéfique.

«Oui, ça peut avoir un impact positif. On ne peut pas certifier qu'avec 50 % d'hommes tous les garçons vont réussir. Mais ça ne peut qu'améliorer les performances et améliorer la valorisation de la profession», ajoute-t-elle.

La FQDE estime par ailleurs qu'en donnant une plus grande marge de manoeuvre aux écoles, les directeurs pourraient mettre en place des mesures particulières vraiment adaptées aux besoins de leurs élèves et, par ricochet, faire réussir davantage de garçons.

Le réseau scolaire manque cruellement de professeurs masculins depuis plusieurs années déjà. En 2009, il n'y avait que 22,3 % d'hommes qui enseignaient dans les écoles du Québec, comparativement à 30,4 % en 1990. Cette proportion chute à... 12,9 % pour les écoles primaires. Au secondaire, les hommes ont été majoritaires jusqu'en 1997, mais leur nombre ne cesse de diminuer depuis, selon les chiffres du ministère de l'Éducation.

Situation «catastrophique»

À la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), on considère qu'il s'agit d'une situation «catastrophique». «C'est désolant, ça n'a pas de bon sens», lance sa présidente, Josée Bouchard, qui voit dans le manque de modèles masculins à l'école «une relation de cause à effet pour expliquer le décrochage».

Mme Bouchard ne va pas jusqu'à réclamer des mesures de discrimination positive pour changer la donne, mais espère qu'on trouvera des moyens pour attirer davantage de gars dans la profession. Une bonne partie de la solution passe par la valorisation de la profession d'enseignant, ajoute-t-elle.

«S'il n'y a pas plus de gars qui s'inscrivent dans les facultés d'éducation, il n'y aura pas plus de choix au moment de l'embauche», dit-elle. Le ministère de l'Éducation mettra d'ailleurs en branle cet automne une campagne de sensibilisation sur le sujet.

La présidente de la FCSQ espère aussi que le manque d'hommes en enseignement fera partie des discussions qui se dérouleront dans le cadre du grand forum sur l'éducation, promis par le gouvernement Charest cet automne. «Il faut se demander comment on peut valoriser l'école publique et la profession enseignante. Ça va nous amener sur le terrain des hommes à l'école, inévitablement.»

Effets pervers

Dans les rangs des enseignants, la solution passe aussi par la valorisation de la profession. «Il y a beaucoup de travail à faire», affirme Manon Bernard, présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement.

Même son de cloche du côté de la Fédération des comités de parents. Son président, François Paquet, rappelle par ailleurs qu'il y a toujours des «effets pervers» rattachés aux mesures de discrimination positive.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer