Le maire de Strasbourg plaide pour un tramway «pertinent»

«On voit bien  sur quels axes on... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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«On voit bien sur quels axes on a des flux très importants et où on a intérêt, plutôt que d'avoir des bus qui se succèdent, à avoir un vrai tramway», souligne Roland Ries, maire de Strasbourg, lors d'un passage à Québec. Selon lui, un premier tramway doit être implanté là où la circulation de voitures et d'autobus est déjà dense.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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Le tramway Labeaume
Le tramway Labeaume

L'arrivée du tramway transformera profondément la capitale, anticipe le maire Régis Labeaume. Présenté le 10 juin 2010, le projet qui coûterait 1,5 milliard$ favoriserait les écoquartiers et la densification de la ville. Le maire espère que Québec pourra prendre le tramway en 2020, à temps pour de futurs Jeux olympiques. »

Annie Morin
Annie Morin
Le Soleil

(Québec) La première rame d'un tramway doit passer là où il y a des gens et des autobus.

Roland Ries, maire de Strasbourg, sénateur socialiste et président du Groupement des autorités responsables de transport (GART), ne veut pas se mêler du débat - clos par l'administration Labeaume - sur le parcours d'un éventuel tramway à Québec. En entrevue au Soleil, lors d'un bref passage dans la capitale québécoise, il énumère néanmoins les critères qui ont guidé l'implantation du tramway dans sa ville au début des années 90.

La mairesse de l'époque, dont il était l'adjoint, a ainsi décidé de «mettre le tramway là où il y avait des trains de bus». «Il y en a ici [à Québec] par exemple. C'est pas très difficile à voir. On voit bien sur quels axes on a des flux très importants et où on a intérêt, plutôt que d'avoir des bus qui se succèdent, à avoir un vrai tramway», dit-il en pointant vers le boulevard René-Lévesque, qui relie l'Université Laval à la colline parlementaire.

M. Ries parle également de mesurer la densité démographique et commerciale afin de privilégier les zones les plus peuplées et les plus fréquentées.

Pas la solution partout

Car selon lui, le tramway n'est pas la solution pour tous les quartiers ni tous les problèmes de circulation. Il «n'est pas pertinent partout». De plus en plus de villes de France adoptent d'ailleurs les busways, des voies réservées en site propre où les autobus roulent fréquemment et sans entrave, qui coûtent moitié moins cher et prennent moins de temps à construire que le tramway.

Régis Labeaume, qui a décidé de se servir du tramway comme d'un moteur de développement pour la basse ville de Québec, affirme qu'une ligne sur deux dans le plan de mobilité durable répond aux critères strasbourgeois.

«La nord-sud, c'est ça. Pis la est-ouest, ça sera pas ça», tranche le maire de Québec. «Il y a deux bouts très francs où ça sert d'outil de développement. Sur Charest et sur D'Estimauville, alors là vraiment, l'intention, c'est de revitaliser des secteurs très précis. Pour le reste, nord-sud, on est dans le trafic», précise-t-il. Le projet de 35 kilomètres est évalué à 2 milliards $.

Nouveau plan nécessaire

Lors d'une conférence organisée mercredi midi par l'organisme Vivre en ville, son homologue de Strasbourg a prévenu que la venue d'un tramway devait s'accompagner d'un nouveau plan de circulation. Dans la principale agglomération d'Alsace, la circulation de transit n'est plus possible au centre-ville. Des voies de desserte permettent de s'en approcher, mais pas de le traverser. La Ville fait également beaucoup de place aux vélos et la vie dure aux stationnements.

«Il n'est pas logique d'investir dans le tramway et dans les parkings de coeur de ville. Sinon, on finance le concurrent immédiat du transport public», déclare M. Ries.

C'est grâce à ces actions coordonnées que sa ville est devenue la première de France à faire tomber la part modale de l'automobile sous les 50 %. Québec, elle, ambitionne de doubler le nombre d'usagers du transport collectif d'ici 2030 pour le porter autour de 20 %.

Paradis piétonnier

Les photos «avant et après» de plusieurs endroits stratégiques de Strasbourg montrées mercredi ont de quoi laisser pantois. La place Kléber, autrefois ceinturée par plusieurs voies de circulation, est ainsi devenue piétonne et traversée seulement par les lignes A et D du tramway. La rue des Francs-Bourgeois, qui aurait pu être qualifiée de boulevard, ne laisse place qu'au tramway elle aussi.

C'est un peu comme si on éliminait complètement l'automobile sur l'avenue Honoré-Mercier et à la place D'Youville. Impressionnant.

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