Le maire de Québec dit «comprendre» le ministre québécois des Finances, Raymond Bachand, qui refuse d'investir dans un tramway, que ce soit à Québec ou à Montréal, avant cinq ans au moins.
«Peut-être que lui n'a pas d'argent pis je suis obligé de dire qu'il a un peu raison. Moi, depuis le début, je dis que ça prend un programme national» de transport des biens et des personnes, a rappelé mercredi M. Labeaume, en marge d'une conférence devant les membres de l'Association québécoise du transport et des routes (AQTR).
Si le gouvernement conservateur n'a pas fait montre d'ouverture jusqu'à présent, le maire croit que c'est une question de temps pour qu'Ottawa change d'idée.
«Il coupe dans les budgets, il s'attaque au déficit, ça va. Mais à un moment donné, la vie continue, pis ce pays-là, il faut le développer. Si, dans le jeu de base, t'as pas compris que ça prend une bonne circulation des biens et des personnes, on a un problème», fait-il valoir.
Pas assez d'argent
M. Labeaume répète que les villes et les provinces n'ont pas assez d'argent pour se payer de tels équipements de transport en commun. Dans la capitale comme dans la métropole, l'investissement est estimé à 1,5 milliard$. «Un des problèmes qu'on a, c'est que si on s'en tient à la Constitution, c'est de compétence provinciale [les transports]. Mais tous les gouvernements provinciaux sont cassés. Quand même t'as la compétence, si t'as pas l'argent, tu vas pas loin», insiste-t-il.
Que compte faire l'élu municipal pour convaincre ses homologues fédéraux? Selon lui, la «seule façon d'être entendu», c'est de faire «de la politique», de mettre son poids politique dans la balance. Comme il l'a fait dans les dossiers de l'amphithéâtre, du Diamant, de la promenade Samuel-De Champlain, énumère-t-il. Tous des dossiers appuyés par le provincial, pas le fédéral...
«Dans 36 mois, quand je vais avoir fini mon étude de faisabilité [sur le tramway], regardez-moi bien aller», avertit M. Labeaume, qui entend bien s'allier d'autres villes canadiennes dans sa croisade.