Tramway: Québec serait devant Montréal

Richard Bergeron est l'auteur du rapport du Nouveau... (Photothèque Le Soleil)

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Richard Bergeron est l'auteur du rapport du Nouveau Tramway, un document détaillant la reconquête de l'espace urbain par le tramway en Europe, comme à Marseille (photo). Selon lui, la présence d'un tel véhicule de transport à Québec serait un moteur important de développement économique.

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Le tramway Labeaume
Le tramway Labeaume

L'arrivée du tramway transformera profondément la capitale, anticipe le maire Régis Labeaume. Présenté le 10 juin 2010, le projet qui coûterait 1,5 milliard$ favoriserait les écoquartiers et la densification de la ville. Le maire espère que Québec pourra prendre le tramway en 2020, à temps pour de futurs Jeux olympiques. »

(Québec) La Ville de Québec serait en train de prendre une avance sur la métropole pour l'inauguration d'un éventuel tramway, soutient l'élu municipal et chef de parti montréalais Richard Bergeron.

Le chef de Projet Montréal et ancien membre du comité exécutif du maire Gérald Tremblay est un farouche partisan du retour du tramway en Amérique du Nord. Urbaniste de formation, ancien haut fonctionnaire auprès de l'Agence métropolitaine de transport, le politicien se bat depuis plus de 15 ans pour remettre les tramways sur rails. Il est notamment l'auteur du rapport du Nouveau Tramway, un document détaillant la reconquête de l'espace urbain par le tramway en Europe.

Aujourd'hui, Richard Bergeron déchante. «J'ai un petit pincement au coeur, parce que je me dis, est-ce que Québec l'aura avant Montréal, son tramway?» raconte-t-il en entrevue au Soleil. «Québec peut gagner la course.»

Il se réjouit évidemment des démarches de la capitale pour se doter d'un tramway, mais il admet que la métropole en arrache. «Le maire Tremblay a dit récemment que quand les ponts tombent, quand il y a tellement de priorités à Montréal, quand il faut réparer l'eau, ce n'est pas le temps de faire du tramway», raconte celui qui a terminé troisième à la course à la mairie, pas loin derrière Louise Harel et Gérald Tremblay.

Officiellement, Montréal a une longueur d'avance. L'étude de préfaisabilité sur un tramway de 12,5 km dans Côte-des-Neiges et au centre-ville est déjà complétée, mais n'a pas été rendue publique. Pour le chef de Projet Montréal, le projet est en veilleuse. «Tant qu'à moi, le projet de tramway, il est suspendu jusqu'à la prochaine élection. Jusqu'à 2013, le projet à Montréal, il est mort.»

Coup de pouce

L'élu municipal se dit convaincu cependant par la volonté du maire Régis Labeaume, qu'il a rencontré à quelques reprises. «Je suis très heureux de voir que M. Labeaume, qui au début semblait sceptique, ait compris l'importance que ça a pour une ville de taille intermédiaire comme Québec, où ça devient l'armature principale du système de transports.»

D'ailleurs, si le maire de Québec a besoin d'un coup de pouce pour vendre son tramway aux citoyens, Richard Bergeron est prêt à se rendre à l'autre bout de l'autoroute 20. «Si, moi, je reçois des invitations de Québec, je vais y aller, c'est certain.»

Tracé sur Charest: Labeaume a raison

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a raison de croire au tracé en basse ville sur le boulevard Charest, estime Richard Bergeron, chef de parti municipal à Montréal et expert bien connu du tramway.

«Son changement de ligne et d'itinéraire, au début, comme tout le monde, les sourcils m'ont un peu arqué», admet le fondateur de Projet Montréal. «Mais j'ai rencontré M. Labeaume depuis. Quand il explique qu'il veut développer Charest Ouest, avec des immeubles pouvant atteindre jusqu'à 8, 10 ou 12 étages, sans aucunement nuire à la vue de ceux qui sont en haut de la falaise... Ça a un potentiel de développement économique tellement fort. En haute ville, c'est juste du transport. En bas, c'est du transport et du développement économique. C'est pas bête du tout.»

Il dit avoir vu de nombreux cas de revitalisation urbaine liée au tramway. «C'est sidérant l'impact qu'a le tramway. Tout le corridor est rehaussé instantanément. On ne peut pas imaginer un impact plus important sur une ville. Sur toute la longueur, ça s'avère partout dans le monde être un véritable aspirateur à développement économique.»

Pourquoi L'Allier a jeté l'éponge

À l'époque du maire Jean-Paul L'Allier, Richard Bergeron croyait dur comme fer que le tramway allait rouler dans les rues de Québec en 2008, pour le 400e anniversaire. Tous les astres semblaient alignés. Le ministre de l'époque, Serge Ménard, et le maire L'Allier n'en avaient pas que pour le tramway, à Montréal comme à Québec.

«J'ai dîné avec M. L'Allier récemment, et je lui rappelais qu'il m'avait invité à son comité exécutif en mars 2003 pour aller finir de convaincre les quelques sceptiques qu'il pouvait rester à Québec... C'est pour vous dire à quel point on était dans un horizon de tramway prêt pour le 400e!» se souvient-il. Selon lui, le coût associé au tramway à Québec aurait tué le projet au milieu des années 2000.

«M. L'Allier me disait récemment que lorsqu'il a vu les proportions financières que ça prenait, il a été très inquiet.»

Le tramway Ville de Québec existe

Un tramway portant l'inscription Ville de Québec existe déjà. Il s'agit même de la toute première rame de tramway de Bordeaux, inaugurée en octobre 2002.

«J'ai la photo dans mon bureau, avec le tramway Ville de Québec, le maire L'Allier et le maire de Bordeaux», raconte Richard Bergeron. «Et M. L'Allier s'était engagé à ce que la rame Ville de bordeaux du tramway de Québec soit inaugurée lors du 400e anniversaire en 2008.»

Le maire Régis Labeaume tiendra-t-il un jour la promesse de son prédécesseur?

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