«Il n'y aura pas de mégasurprises. Le projet du tramway sera encore là», a confirmé au Soleil François Picard, vice-président du comité exécutif à la Ville de Québec, à propos de ce document qui doit déterminer les orientations des 20 prochaines années en matière de mobilité.
La Ville de Québec a tenu bon nombre de consultations publiques depuis le dépôt du plan initial, il y a plus d'un an. Certaines personnes ont depuis remis en question le choix de faire circuler le tramway dans la basse-ville de Québec sur le boulevard Charest, plutôt que sur l'axe plus achalandé de René-Lévesque en haute-ville, où circulent déjà les Métrobus du Réseau de transport de la capitale (RTC).
Interrogé à savoir si le premier tracé allait se retrouver dans la version finale, François Picard a répondu qu'«on est convaincu du choix qu'on a proposé», laissant entendre que le tramway circulerait bel et bien sur le boulevard Charest. «Mais on va se garder des surprises quand même pour l'annonce du plan», a-t-il ajouté.
L'administration du maire Régis Labeaume avait opté il y a un an pour un tramway empruntant le boulevard Charest afin de revitaliser de fond en comble cette artère. À l'inverse de la haute-ville - déjà bâtie -, le potentiel immobilier et commercial y est fort élevé. La Ville de Québec souhaiterait ériger un nouvel écoquartier tout en hauteur tout près des stations d'un éventuel tramway, près de la falaise.
Ce choix du tracé en basse-ville - une première depuis plus d'une décennie de débats sur le sujet à Québec - avait fait l'objet de nombreux commentaires lors des consultations publiques.
En mai, une des membres du comité sur la mobilité durable avait même claqué la porte. Carole Després, professeure à l'École d'architecture de l'Université Laval, se questionnait alors sur la pertinence de doter la capitale d'une infrastructure aussi coûteuse et longue à construire que le tramway. Elle estimait également que la préférence affichée envers le boulevard Charest constituait une erreur grave.
Plusieurs groupes environnementaux ont toutefois donné leur appui au tracé en basse-ville, reconnaissant l'audace à long terme de ce choix impliquant une densification urbaine jugée nécessaire.
Dépôt à l'automne
La mairie prévoyait au départ déposer son rapport final sur le transport ce printemps. Or, Le Devoir rapportait samedi que le plan définitif ne serait pas distribué avant l'automne.
Peu importe ces délais, Québec met déjà en place quelques pièces maîtresses de son plan de mobilité, avance François Picard. «Même s'il n'y a pas de plan déposé officiellement, on travaille en arrière. On a déjà démarré avec la Commission de la capitale nationale et le ministère des Transports l'étude pour la tête des ponts. On n'a pas attendu le plan de mobilité durable. On avance avec la tête des ponts. Même chose pour le boulevard urbain Laurentien, avec le boulevard Wilfrid-Hamel et la présence de l'amphithéâtre.»
Le conseiller municipal de Lebourgneuf précise par ailleurs qu'un directeur de projet a déjà été embauché pour la réalisation du vélo boulevard en haute-ville. Cet axe cyclable est-ouest entre la colline parlementaire et l'Université Laval entraînera le réaménagement de plusieurs rues résidentielles dans les quartiers Montcalm, Saint-Sacrement et Sillery, notamment.
Cette mise en oeuvre du plan avant son dépôt fait toutefois sourciller l'organisme Accès transports viables. La présidente, Catherine Boisclair, s'inquiète de la cohérence des décisions de l'administration municipale, alors que la version finale du plan n'est pas encore connue et encore moins adoptée par les élus.
Quant au choix du tracé du tramway, Catherine Boisclair ne serait pas surprise de voir le boulevard Charest l'emporter dans le Plan de mobilité final. «C'est aussi le choix du maire Labeaume. Par contre, ce tracé aura besoin d'une étude, et on compte bien profiter de ce délai pour marteler le message qu'il faut améliorer le transport en commun existant. Il y a 700 autobus qui circulent tous les jours entre l'Université Laval et la colline parlementaire. Ce tracé-là aussi doit être fait par le tramway, qui ne doit pas juste servir au développement.»