Tramway sur Charest: un pari risqué, pensent deux experts

François Des Rosiers, du Centre de recherche en... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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François Des Rosiers, du Centre de recherche en aménagement et développement de l'Université Laval, craint qu'un tramway sur le boulevard Charest - que l'on voit ici paralysé par les travaux, cet été - ne réponde pas adéquatement à la demande des utilisateurs.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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Le tramway Labeaume
Le tramway Labeaume

L'arrivée du tramway transformera profondément la capitale, anticipe le maire Régis Labeaume. Présenté le 10 juin 2010, le projet qui coûterait 1,5 milliard$ favoriserait les écoquartiers et la densification de la ville. Le maire espère que Québec pourra prendre le tramway en 2020, à temps pour de futurs Jeux olympiques. »

(Québec) Le tracé du tramway par le boulevard Charest est très risqué par rapport à celui du boulevard René-Lévesque, qui n'a pas été retenu par le groupe sur la mobilité durable, selon un expert de l'Université Laval.

«Le risque est énorme. Un des risques, c'est d'avoir un système qui ne répond pas à la demande dans l'immédiat en le [tramway] faisant passer là où il n'y a rien et qui peut-être va y répondre dans 20, 25 ans si tout va bien», a affirmé, mercredi, François Des Rosiers, du Centre de recherche en aménagement et développement (CRAD) de l'Université Laval, lors des audiences publiques sur le plan de mobilité durable.

Le chercheur croit en plus que de faire passer le tramway dans l'axe Charest entre Sainte-Foy et Saint-Roch pourrait être un obstacle majeur à la réalisation de tout le projet de tramway.

«Ça peut nuire au projet au lieu de l'aider. On pourrait peut-être penser à desservir les clientèles où il y a une certitude qu'il y a une demande [axe René-Lévesque], quitte après à prolonger le tracé pour aller vers les zones qui ont un potentiel de développement à plus long terme», a-t-il poursuivi.

Son collègue Paul Villeneuve croit également que le tracé par Charest est risqué. Il reconnaît qu'un tramway dans l'axe Charest pourrait générer un développement immobilier.

«C'est pas impossible. C'est arrivé dans un certain nombre de villes. C'est un défi considérable. Ça demande deux choses. Il faut une bonne croissance démographique pour les prochaines années et un leadership très fort et persistant pendant 20, 30 ans pour y arriver. Sur Charest, ça va prendre 20 ans de la date de la mise en service du tramway pour voir les effets», a-t-il répondu.

Pour trancher la question, le CRAD propose que des études sur différents tracés soient réalisées afin d'en évaluer les avantages et les inconvénients. En dépit des réserves sur l'axe Charest, le Centre de recherche accueille très favorablement les propositions du groupe sur la mobilité durable.

Le Conseil régional de l'environnement (CRE) de la Capitale-Nationale considère également que le tramway doit circuler à la haute ville entre le Grand Théâtre et l'Université Laval sans toutefois mettre une croix sur l'axe Charest.

«Il est fondamental d'implanter un tramway sur l'ensemble des parcours 800 et 801, qui connaît déjà un fort achalandage et se trouve à saturation depuis nombre d'années dans plusieurs tronçons», a fait valoir l'organisme dans son mémoire.

«Le tramway ne doit donc pas être strictement vu comme un outil de développement immobilier, même s'il représente d'énormes avantages en ce sens. S'il y a un axe à Québec qui peut et doit connaître un transfert modal de la voiture vers d'autres modes, c'est bien René-Lévesque», a-t-on ajouté.

Appui indéfectible

Malgré ce désaccord sur le tracé du tramway, le CRE appuie avec ferveur le plan de mobilité durable du maire Régis Labeaume.

«Si celui-ci considère que le dévoilement du plan de mobilité durable le 10 juin a été sa plus belle journée depuis son élection en 2007, ce fut aussi la nôtre. Ainsi, nous souhaitons que la mise en oeuvre de ce plan soit son plus grand legs.»

Le vice-président du comité exécutif de la Ville, François Picard, a reconnu que l'axe Charest présente un défi.

«Ça peut être risqué, mais ça peut être payant aussi. Déjà des propriétaires de terrains le long de certains axes disent qu'ils ont eu des offres et qu'il y a des promoteurs intéressés par leurs terrains», a-t-il indiqué, sans toutefois préciser si les terrains convoités étaient situés sur Charest.

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