Faible opposition au projet de tramway: Labeaume surpris et encouragé

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«Ce qui est plus surprenant, c'est les 8 % de "très défavorables". Ce n'est pas beaucoup. On en entend beaucoup, mais ça doit être toujours les mêmes qui parlent», s'est avancé à dire Régis Labeaume.

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Le tramway Labeaume
Le tramway Labeaume

L'arrivée du tramway transformera profondément la capitale, anticipe le maire Régis Labeaume. Présenté le 10 juin 2010, le projet qui coûterait 1,5 milliard$ favoriserait les écoquartiers et la densification de la ville. Le maire espère que Québec pourra prendre le tramway en 2020, à temps pour de futurs Jeux olympiques. »

(Québec) Pour le maire de Québec, 71 % de gens favorables au tramway, c'est bien. Mais 8 % de très défavorables, c'est mieux. Régis Labeaume s'est dit fort encouragé par les résultats du sondage Segma-Le Soleil publié jeudi. Si bien qu'il ne ferme plus la porte à la tenue d'un référendum.

«Ce qui est plus surprenant, c'est les 8 % de "très défavorables". Ce n'est pas beaucoup. On en entend beaucoup, mais ça doit être toujours les mêmes qui parlent», s'est-il avancé à dire lors d'une entrevue téléphonique depuis Milwaukee, aux États-Unis, où il assiste au congrès annuel de l'Alliance des villes des Grands Lacs et du Saint-Laurent.

Le maire voit également d'un bon oeil le fait que le tramway soit considéré comme la priorité absolue pour Québec par 22 % des gens, derrière une baisse de taxes (37 %) et un nouvel amphithéâtre (33 %). Surtout que voilà une semaine à peine, le projet n'était même pas sur les rails. «Voir le résultat seul, ce n'est pas aussi fort que comparé aux autres. Quand tu penses que 22 % des gens pensent que c'est la priorité, c'est fort», a-t-il commenté, précisant qu'il n'était pas question de baisser les taxes.

Ces résultats sont d'autant plus encourageants que le maire anticipe toujours une nouvelle flambée des prix de l'essence. Ce qui devrait faire pencher davantage de gens dans le camp des pro-tramway, à son avis. «Les gens ne se souviennent plus comment ils payaient le pétrole en août 2008, quand le baril était à 142 $. Imaginez-vous quand le pétrole va recommencer à monter.»

Questionné sur les 65 % de citoyens réclamant la tenue d'un référendum, M. Labeaume semble désormais moins fermé à l'idée. Disant vouloir attendre la consultation publique de septembre, celui-ci précise qu'«après, on verra dans le temps comme dans le temps». Jusqu'à récemment, il avait catégoriquement refusé d'envisager un scrutin sur le sujet. «D'ici la consultation, il va se donner beaucoup plus de réponses à des questions. D'autre part, ce ne serait pas une bonne idée d'aller en référendum tout de suite parce qu'on n'est pas prêts. On manque trop d'informations sur le projet, il n'est pas encore suffisamment consistant.»

Il cite en exemple l'évaluation du coût du projet, grossièrement faite en suivant la «règle du pouce», c'est-à-dire en multipliant le coût estimé d'un kilomètre (50 millions $) par la longueur du tracé (29 km). D'où le 1,5 milliard $.

Changement salutaire

Pour le spécialiste en communication Thierry Giasson, le changement de cap du maire Labeaume par rapport au tramway explique en grande partie l'adhésion soudaine au projet. «Obtenir 71 %, c'est très impressionnant. Le maire avait diabolisé, ridiculisé ses adversaires qui poussaient sur ce projet et, là, il a vu la lumière. Tant mieux, parce que le maire est très populaire et que s'il donne son accord, le cautionne et embarque, ç'a un effet d'entraînement sur les gens», estime le professeur de l'Université Laval.

La conversion du maire est d'autant plus importante qu'il sera à même de mieux vendre le projet aux opposants. «Si ses objections sont tombées, leurs objections vont aussi tomber», poursuit M. Giasson. Ce dernier note toutefois que cette forte adhésion pourrait s'effriter au fur et à mesure que le début du chantier approchera et que ses impacts - financiers et sur la congestion le temps des travaux - se feront sentir.

Le conseiller indépendant Yvon Bussières estime pour sa part que le sondage vient rappeler à quel point le portefeuille des citoyens est déjà sollicité. «Le citoyen en veut pour son argent : que les économies faites soient retournées au citoyen. Les

24 chantiers [pour réduire les dépenses de la Ville], est-ce pour réduire ou geler le compte de taxes ou si c'est pour faire de nouvelles dépenses?» s'interroge l'élu de Saint-Sacrement-Belvédère. Celui-ci rappelle que les taxes ont augmenté de 2,3 % en moyenne, alors que l'inflation a été de 0,7 % en 2009. Bref, trois fois plus. D'où le souhait de 37 % des personnes sondées de voir leur avis de cotisation diminué lors du prochain budget.

 

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