On peut dire que le diplômé de l'Université du Massachussetts en a franchi du chemin depuis son embauche par les Giants en tant que joueur autonome en 2010. Après avoir retenu l'attention en inscrivant trois touchés lors d'un match préparatoire contre les Jets de New York, Cruz a joué de malchance en subissant une blessure à l'aine qui l'a tenu à l'écart du jeu pendant pratiquement toute la saison.
N'ayant pu se faire justice l'an dernier, Cruz n'a pas raté sa chance en 2011. Utilisé comme partant dans le troisième match de la saison parce que Mario Manningham était blessé, Cruz a capté cinq passes pour des gains de 110 verges, en plus de réussir une paire de touchés pour mener les Giants à une victoire de 29-16 sur les Eagles de Philadelphie. «Mario pourrait être partant avec toutes les autres équipes de la ligue... Il aurait très bien pu manifester son mécontentement parce qu'il a perdu son poste quand il était blessé, mais il a préféré réagir en professionnel et il joue de façon phénoménale comme troisième receveur», a expliqué Cruz, qui a effectué ses premiers pas de danse dans la zone des buts après des touchés de 74 et 28 verges.
«Certains entraîneurs m'avaient incité à faire quelques pas de danse pour célébrer un éventuel touché pendant le mois de l'héritage hispanique. Ils ne cessaient de me répéter que je devais faire quelque chose de spécial pour électriser la foule puisque je suis à moitié portoricain. Mais je n'avais pas pensé à quelque chose de bien précis tout de suite parce que je ne m'attendais pas à réussir un touché dès mon premier départ. Quand je suis arrivé dans la zone des buts, j'ai réalisé que je devais faire quelque chose. Mes premiers pas de danse sont venus tout naturellement et ma grand-mère les a bien aimés. Et c'est pourquoi j'ai continué de manifester ma joie de la sorte après chaque touché», a raconté Cruz.
Très populaire
Il n'y a pas que les fans des Giants qui ont apprécié les pas de danse du no 80 puisque les producteurs de la populaire émission Dancing with the Stars - qui a déjà mis en vedette Emmitt Smith et Hines Ward - se sont empressés de communiquer avec celui qui est rapidement devenu un des athlètes les plus populaires de New York. «J'ai décliné leur offre parce que toute ma concentration est actuellement sur le football, mais je leur ai fait savoir que je serais peut-être intéressé dans un avenir lointain si leur émission est toujours à l'horaire», a raconté Cruz en souriant.
Pour l'instant, ce qui importe le plus pour Cruz, c'est d'aider les Giants à remporter le XLVIe SB, présenté dimanche contre les Patriots de la Nouvelle-Angleterre. «J'ai vu la bague du SB remporté il y a quatre ans aux doigts de quelques joueurs et entraîneurs de l'équipe et ça m'a donné le goût d'en avoir une, moi aussi. J'aimerais pouvoir dire à mon tour dans quelques jours que je suis un champion du SB.»
Ce qui serait une bien belle récompense pour un athlète qui a été ignoré au repêchage après avoir porté les couleurs d'une université dont le programme de football n'avait pas encore gagné ses lettres de noblesse. «Je n'ai pas été surpris d'avoir à signer un contrat en tant que joueur autonome parce que je ne mesurais pas 6'6''. Ce n'est pas évident de se faire remarquer quand on ne se retrouve pas sous les projecteurs, mais il faut croire que le travail finit par être récompensé quand on ne compte pas les heures passées à s'entraîner dans le but de s'améliorer.»
Même discours
L'ex-entraîneur des Buccaneers de Tampa Bay et des Colts d'Indianapolis Tony Dungy anticipe un excellent duel entre les Patriots de la Nouvelle-Angleterre et les Giants de New York, dimanche, à l'occasion du XLVIe Super Bowl. «Ce qui me frappe jusqu'à maintenant, c'est de voir jusqu'à quel point les deux équipes tiennent le même discours. Les Patriots ont une confiance totale en Tom Brady et c'est la même chose pour les Giants avec Eli Manning. Les Patriots comptent sur une attaque aérienne redoutable avec deux ailiers rapprochés et un ailier espacé de premier plan, comparativement à un excellent trio de receveurs pour les Giants. Comme je crois que les entraîneurs ne feront pas la différence, l'équipe qui l'emportera sera celle qui réussira à exercer suffisamment de pression pour ennuyer le quart de l'équipe adverse», a indiqué l'analyste du réseau NBC.
Des fleurs pour Brady
Après avoir répété, hier, que son premier choix pour former une équipe si on lui demandait de le faire demain matin porterait sur le quart-arrière des Packers de Green Bay, Aaron Rodgers, Tony Dungy a tenu à préciser aux journalistes de Boston qui l'entouraient qu'il respectait Tom Brady au plus haut point. «Il participera dimanche au Super Bowl pour la cinquième fois de sa carrière. Est-ce que j'ai besoin d'en dire davantage? a demandé Dungy. Certaines personnes croient à tort que ce n'est pas difficile de gagner le Super Bowl. À la fin des années 90, les Packers de Green Bay misaient sur le meilleur quart en Brett Favre, sur le meilleur joueur défensif avec Reggie White et sur le meilleur entraîneur [Mike Holmgren]. Pourtant, ils n'ont gagné qu'un seul championnat [XXXIe SB]», a rappelé Dungy.
Ballard ne se fait pas d'illusions
Belle révélation chez les Giants de New York cette saison avec 38 passes captées, l'ailier rapproché Jake Ballard est le premier à admettre que les protégés de Tom Coughlin ne se situent pas dans la même classe que les Patriots de la Nouvelle-Angleterre, qui ont le luxe de miser sur un redoutable duo à cette position avec Rob Gronkowski et Aaron Hernandez, auteurs de 25 touchés pendant le calendrier régulier. «Je suis content que les Giants ne me demandent pas d'accomplir ce que ces deux gars-là ont fait pour les Patriots cette année. Dimanche, je vais essayer de contribuer en attaque en captant quelques ballons, mais si on me demande uniquement de bloquer, je vais le faire du début à la fin du match», a expliqué Ballard en souriant.