M. Labeaume est de plus en plus connu et reconnu à Bordeaux. Normal. C'est la troisième fois qu'il y vient en mission, et il s'est fait du maire Alain Juppé un ami. Les deux hommes, quand ils sont ensemble, ne cessent de parler de ce qui les inspire dans leur ville jumelle. Et ils se plaisent à dire qu'ils copient l'un sur l'autre.
Aussi, à chaque visite de Régis Labeaume en Aquitaine, les médias en font état. La chocolatière que le maire a recrutée en pleine rue, vendredi, avait eu vent de sa visite par les journaux. C'est cette visibilité et l'élan d'enthousiasme pour Québec qui vient avec que le maire a le goût de cultiver.
«Moi, je suis convaincu que ça va faire des petits. Et on devrait peut-être venir plus souvent pour sécuriser ceux et celles qui sèment dans leur esprit l'idée qu'ils pourraient immigrer.»
Et quand il dit nous, il veut dire lui-même. Car, pour lui, c'est important que le maire en personne se déplace. Le maire ne vise pas de «profit net», comme le ferait un entrepreneur, par exemple.
«J'ai la chance d'avoir de l'exposure ici. Les médias viennent me voir. Alain Juppé est là avec moi, il collabore à ça. En France, c'est important.»
Sur le plan du recrutement de travailleurs, «le message a passé», observe le maire. Et les premiers indicateurs tendent à montrer que la visite a porté fruit. Outre les Français que la délégation de Québec a croisés sur son passage et qui ont déjà transmis leurs coordonnées, intéressés qu'ils sont à venir s'établir dans la capitale pour y travailler, le site Internet mis en place par Québec International pour les futurs immigrants a bénéficié de la publicité faite dans les derniers jours. La fréquentation est en effet estimée à 300 visites à la fin de la mission à Bordeaux.
En ce qui a trait aux ententes économiques, rien ne s'est signé à Bordeaux, admet le maire. De toute façon, là n'est pas son objectif. Comme lors de sa dernière visite dans «la perle d'Aquitaine», il a répété qu'il n'avait pas l'intention de faire un «spectacle de signatures». «Les ententes, les politiciens aiment ça parce que ça fait du spectacle, mais moi, je ne suis pas de même.» La Ville a tout de même fait «des liens» avec quelques entreprises, dont Be Tomorrow, qui aidera à rendre accessible sur le Web la Transat Québec-Saint-Malo.
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Lu
«Tire-toi une bûche», «Y patine vite», «Slaque la poulie». Des expressions typiquement québécoises inscrites sur des affichettes qui sont accrochées au plafond d'un étage de la bibliothèque Mériadeck de Bordeaux. Chacune des expressions est, bien sûr, traduite, en petits caractères, pour les non-initiés. L'établissement consacre en effet une section à la capitale québécoise, dans ce qu'elle appelle son «Album de jumelage». Le directeur, Serge Bouffange, et le responsable du patrimoine, Louis Torchet, ont fait faire le tour du propriétaire. Quelques étrangetés, par contre. Comme «Toquer sa crigne» et «C'est un plogué», qui ont laissé la journaliste - et le maire - plutôt perplexe. L'écriteau nous renseigne: cela veut dire «s'attacher les cheveux» et «il a du culot». Ah ben dis donc.
Vu
Le magnifique restaurant du chef doublement étoilé François Adamski. Et surtout goûté la nourriture sublime qu'on y sert. Les Québécois n'ont qu'à bien se tenir: en septembre, ce sont eux qui auront droit aux merveilles que produit ce jeune chef de 41 ans, qui a été en 2001 le plus jeune à recevoir le prestigieux prix Bocuse d'or. À l'occasion de Bordeaux fête le vin à Québec, M. Adamski, en duo avec le réputé chef du Château Frontenac, Jean Soulard, élaborera le menu du souper de gala. Le thème? Unir les vins bordelais et la gastronomie québécoise. Le chef Adamski est déjà à mijoter ses idées et se réjouit à l'idée de collaborer avec M. Soulard. «Je pense qu'il y aura beaucoup d'appels téléphoniques et d'échanges de courriels. Je ne connais pas du tout les produits québécois. Je pense que je vais m'enrichir un peu», a commenté le chef.
Entendu
Les chants - presque les incantations - incessants des partisans des Girondins de Bordeaux, lors du match de soccer auquel a assisté la délégation de Québec hier au stade Chaban-Delmas, devant une foule de 20 000 personnes. Les partisans les plus fervents, les «ultras», sont tous regroupés dans une même section. Ils chantent, sautent, agitent les bras à l'unisson, au rythme envoûtant des tambours. Mais cette section est sous haute surveillance, et une quarantaine de gardes de sécurité gardent un oeil vigilant sur ses occupants. Car ceux-ci ont l'habitude de lancer des fumigènes quand leur équipe marque. Ce qu'ils ont fait, lors du but des Girondins, qui, au grand malheur des «ultras», ont accordé un but en fin de partie. Score final: 1 à 1.