La campagne de séduction du maire de Québec et de Québec International porte ses fruits, et les jeunes bordelais semblent sensibles à son message. M. Labeaume recrute jusque dans la rue.
Alice Toulotte a 22 ans et le goût de l'aventure. Chocolatière et pâtissière, elle possède en plein le profil que recherchent plusieurs restaurateurs de la ville de Québec, qui manquent de personnel. Et elle a envie de faire le saut de l'autre côté de l'Atlantique.
«C'est mon rêve. Depuis que j'ai commencé ce métier-là. Mon père est prof d'anglais et il amenait ses élèves là-bas et ça m'a toujours fait rêver.»
Tellement que, mise au courant par la presse locale de la visite du maire de Québec à Bordeaux et de la campagne de recrutement qu'il mène pour attirer de jeunes travailleurs dans sa ville, elle a fait le pied de grue pour l'attendre à la sortie du restaurant Jean Ramet, où il dînait vendredi avec des investisseurs bordelais.
Saisir l'occasion
Il faut dire qu'Alice travaille justement à ce restaurant et que malgré sa demande, son patron a refusé de lui permettre de rencontrer M. Labeaume. Probablement par crainte qu'elle lui file entre les doigts.
Qu'à cela ne tienne, Alice a abordé le maire à la sortie. Un peu nerveuse et la main tremblante, elle a fait valoir ses habiletés, sa formation et son expérience.
«L'occasion est trop rare pour que je passe à côté.» Ah, et elle a aussi mentionné son petit ami torontois exilé à Bordeaux, un chef pas piqué des vers qui a travaillé au Trianon Palace de Versailles avec un certain Gordon Ramsay. De la véritable musique aux oreilles du maire Labeaume, qui s'est empressé de noter les coordonnées de la jeune femme.
«J'annonce que dans trois jours vous avez un emploi! Et j'irai même à ce restaurant-là», a avancé le maire. Avis aux intéressés, de Québec, qui voudraient avoir les coordonnées de la jeune chocolatière, il suffit de s'adresser à Québec International, l'organisme responsable du recrutement de travailleurs étrangers, ou d'aller au www.1888 mevoila.com.
>> Suivre la transat en direct
Le maire et sa délégation ont déniché vendredi, à Bordeaux, une solution pour permettre aux gens de Québec de suivre en direct la transat Québec-Saint-Malo qui se déroulera en plein océan Atlantique en juillet.
«On cherchait une façon d'intéresser le public de Québec pour qu'il soit capable de suivre les bateaux quand ils auront quitté les quais», a rappelé Régis Labeaume. «La réponse qu'on pouvait imaginer, on l'a eue ce matin.» C'est l'entreprise Be Tomorrow, pilotée par trois Bordelais qui ont travaillé avec des grands comme Pixar, Disney et Microsoft, qui a offert la solution avec la mise au point d'une technologie «géniale». Elle permet de suivre les bateaux par satellite et par GPS et de les voir en temps réel sur Internet.
Une caméra vidéo offrira une vue en direct de ce qui se passe sur le bateau. Un jeu a même été conçupour que les spectateurs puissent se créer un bateau virtuel qui tenterait de ravir la tête du peloton au premier skipper. Une technologie qui a beaucoup impressionné le maire Labeaume. On peut voir un exemple des réalisations de Be Tomorrow sur le site Internet du Volvo Ocean Race, qui se déroule en ce moment. L'adresse est www.volvooceanrace.com
>> LU
Une longue entrevue que Régis Labeaume a accordée au journal Sud-Ouest. Le maire, au travers des rencontres d'entreprises et des activités diplomatiques à l'horaire de sa mission bordelaise, a fait une vaste tournée médiatique. Il a été reçu à France 3, a accordé une entrevue aussi à 20 minutes, à Sud-Ouest et même au journal étudiant L'amphi bordelais. Dans Sud-Ouest, la journaliste a noté qu'Alain Juppé aurait bien aimé «piquer» l'idée du Moulin à images à Québec, «mais il semble que l'animation soit un peu chère...»
>> VU
La compagnie de théâtre Campe, qui offrait une prestation à l'occasion de l'Escale du livre de Bordeaux. La ville de Québec était vaillamment représentée à l'événement littéraire, puisque tous les membres de la distribution sont originaires de la capitale et ont étudié au Conservatoire de Québec. Les comédiens interprétaient Détour de chant, une pièce de théâtre de rue musicale, inspirée des romans de Réjean Ducharme. Ils ont gentiment accueilli Le Soleil tout juste après une de leurs représentations qui se déroulent en plein air, dans un parc où s'arrêtent les curieux.
>> ENTENDU
«Au Québec, nous nous battons à tous les jours pour trouver le mot français juste. Nous nous battons à tous les jours pour conserver cette magnifique langue. Très amicalement, je veux vous rappeler qu'à Québec, au Québec, nous nous interdisons et nous bannissons l'utilisation de tout anglicisme... Aidez-nous à conserver notre langue, à la faire fleurir.» Après avoir dénoncé l'usage abusif de l'anglais en France, en novembre, le maire Labeaume a de nouveau enfourché son cheval de bataille, vendredi, lors de son discours protocolaire à l'ouverture de l'Escale du livre. Les applaudissements ont été polis. Un homme derrière nous s'est un peu vexé, mais le message a clairement été transmis aux
Bordelais.