La communauté urbaine de Nantes recense un peu plus d'un demi-million d'habitants. Le transport en commun y est beaucoup plus développé qu'à Québec, pourtant de taille comparable. Nantes peut ainsi compter sur trois lignes de tramway totalisant 42 kilomètres, un Busway (corridor réservé exclusivement aux autobus) de huit kilomètres et bientôt des «chronobus», 10 lignes d'autobus ayant priorité sur les automobiles et aux feux de circulation.
Le tramway, ce n'est pas une nouvelle affaire à Nantes. La ville a été la toute première de France à ressusciter l'équipement en 1985. Mais après avoir construit trois lignes en 15 ans, les élus municipaux se sont tournés vers l'autobus pour compléter le réseau. Pourquoi? Parce que «le tramway est une infrastructure coûteuse», que le financement supérieur est tombé et que le nombre de passagers attendus n'était pas suffisant, répond l'actuel maire de Nantes, Patrick Rimbert.
«Transfert modal»
La ligne 1 du tramway de Nantes, l'une des plus performantes au pays, transporte 100 000 voyageurs par jour, contre 26 000 pour le Busway, qui circule sur l'emprise de la ligne 4. Pour que cela soit rentable d'y implanter le tramway, ce qui est techniquement possible, il faudrait au moins 35 000 voyages par jour, calcule M. Rimbert.
De quoi faire douter le maire Régis Labeaume? Pas une seconde. «Il y a un transfert modal [transfert de l'automobile vers le transport en commun] important avec un tramway, ce qui n'est pas le cas avec un parcours rapide» d'autobus, souligne-t-il, incapable de chiffrer l'achalandage quotidien attendu sur les 35 kilomètres de rail projetés à Québec et à Lévis.
À ses côtés, son homologue de Nantes tempère : «Avec le Busway, c'est à peu près pareil.» Puis, constatant que son invité est agacé, il tient à témoigner du succès immédiat du tramway, qui s'est rempli sitôt inauguré. Aujourd'hui, les rames transportent deux fois plus de passagers qu'anticipé, dit Patrick Rimbert.
M. Labeaume répète que le choix entre le tramway et l'autobus a été fait notamment en se basant sur les expériences de Nantes et de Bordeaux, et qu'il n'est «pas question de revenir là-dessus». «On a un Plan de mobilité durable et on essaie de le vendre à la population, mais les gens ne voient que le tramway», se plaint-il.
Le Réseau de transport de la Capitale (RTC) a enregistré 45 millions de passages en 2011. Le Plan de mobilité durable a pour objectif de doubler la part modale du transport en commun à Québec. Celle-ci passerait de 10 à 20 % sous l'impulsion d'un nouveau tramway estimé à 2 milliards $ et d'une réorganisation de tout le réseau de transport en commun.
En 2011, la Semitan, la société de transport en commun de Nantes Métropole, a comptabilisé 116,5 millions de passages sur son réseau, dont 60 % en tramway. Environ 15 % de tous les déplacements en ville se font grâce au transport en commun. Des chiffres impressionnants qui ont aidé Nantes à décrocher le titre de capitale verte de l'Europe pour 2013. «C'est beaucoup grâce aux transports», dit Gilles Retière, président de Nantes Métropole.
LU
«Nos pelouses centenaires sont réservées aux petits oiseaux.» C'était sur une affiche, dans le Jardin des Plantes, près de la gare de Nantes. Façon poétique d'interdire les pelouses au public, le passant étant forcé de constater qu'il n'a rien d'un petit oiseau. Environ 15 % du territoire de la capitale du pays de la Loire - mais autrement ville bretonne assumée - est composé d'espaces verts, selon les chiffres officiels. La Ville de Québec a l'objectif de protéger 8 % de son territoire. Il faudrait voir ce qui entre dans les calculs de part et d'autre, car Québec apparaît beaucoup plus verte que Nantes si on s'en tient au sens premier de l'adjectif.
VU
Le Banaball : bana comme dans «banane» et ball comme dans «balle». Cette structure installée sur le toit de l'École d'architecture de Nantes est à la fois un projet artistique et un jeu. Les concepteurs, Clément Bacle et Ludovic Ducasse, ont construit une immense cage dans laquelle on peut pénétrer pour pratiquer un nouveau sport mélangeant le ballon prisonnier, la pelote basque, le volleyball et le handball. Sur le dessus de cette cage, ils ont posé une banane géante qui donne faim tellement elle a l'air vraie. D'en bas, on se dit qu'elle a sûrement été oubliée par King Kong. À moins que Banane Rebelle soit en vacances...
ENTENDU
Régis Labeaume dire à la blague, et sous la pression des journalistes, qu'il allait fusionner avec Lévis! Nantes a installé son éléphant mécanique géant (photo) et son nouveau carrousel pour adultes dans les hangars des défunts chantiers maritimes du port. Le maire de Québec cherchait un endroit pour répliquer la formule. C'est sa femme qui a trouvé : les installations de la Davie à Lévis. Une bonne raison de fusionner, a lancé le maire en riant, pour le plus grand bonheur des journalistes, qui faisaient mine de prendre des notes. «Surtout, n'écrivez pas ça!» s'est-on fait dire aussitôt.