Réunis à Nantes, les politiciens se sont employés à démontrer les similarités entre la capitale du Québec et la capitale du pays de la Loire, qui est collée sur la Bretagne.
Le maire Patrick Rimbert a d'abord parlé du quartier Saint-Roch comme de l'équivalent du quartier de la création de l'Île de Nantes, axé comme son nom l'indique sur les activités créatives (communication, design, arts de la scène, architecture, arts visuels). Il a aussi évoqué l'attachement au patrimoine, le rôle majeur des universités et l'importance du centre des congrès.
Régis Labeaume, maire de Québec, a adopté un ton plus économique. Il souhaite que les entreprises et les chercheurs des deux côtés de l'Atlantique accentuent leurs collaborations, notamment dans les secteurs des technologies de l'information et des biotechnologies. Il a d'ailleurs invité les Nantais et leurs voisins immédiats à se servir de Québec comme d'une porte d'entrée sur l'Amérique, à y déléguer cadres et professionnels pour percer cet immense marché.
«Très parcimonieux»
Si cette invitation peut paraître large, M. Labeaume s'est dit «très parcimonieux» dans les jumelages ou échanges. «On peut en faire beaucoup pour voyager, mais que ce ne soit pas utile», prévient-il. Dans le cas de Nantes, une ville de taille comparable et à l'économie diversifiée comme Québec, il est toutefois convaincu que «ça peut être payant pour tout le monde». «On vous sent entrepreneurs, ce qui n'est pas le cas partout en France», a-t-il soufflé hier.
Québec étant déjà la ville jumelle de Bordeaux et de Paris, M. Labeaume ne tient pas nécessairement à couler cette nouvelle relation dans un accord signé en bonne et due forme. Il est toutefois d'accord pour politiser la démarche, et c'est pourquoi il a accepté l'invitation à se rendre sur place, formulée par l'ancien maire Jean-Marc Ayrault, promu au poste de premier ministre récemment. Une invitation maintenue par son successeur Patrick Rimbert, qui dit partager avec le maire de Québec «la même conception de notre rôle d'élu».
Bordeaux ne doit pas se sentir menacée par cette nouvelle flamme, a assuré le maire Labeaume. «Bordeaux, c'est différent. Ça a commencé sur la culture. Ça a été essentiellement culturel pendant 40-45 ans. Là, ça prend une tangente plus économique. Ici, au départ, c'est économique. Ça deviendra culturel par la suite.»
LU
Un article dans Le Monde d'hier qui fait le tour des projets de reconversion des berges des grandes villes de France. Des travaux sont enclenchés le long de la Seine, à Paris, mais la réduction des voies de circulation pour favoriser les cyclistes et les piétons est exclue pour le moment. Les raisons sont politiques. Il est également question de Lyon et de Bordeaux, ville jumelle de Québec, qui fait de la Garonne la pièce maîtresse de son aménagement urbain. «Dans les deux cas, le succès a dépassé toutes les estimations : ces berges autrefois ignorées sont devenues des lieux de prédilection», peut-on lire, comme s'il s'agissait de la promenade Samuel-De Champlain.
VU
Une ancienne église transformée en hôtel-boutique. Dormi dedans, même. L'Hôtel Sozo, à Nantes, a conservé les murs de pierre et les vitraux de la chapelle du XIXe siècle achetée pour une bouchée de pain en 2010. Deux ans de travaux et plus de deux millions de dollars ont été nécessaires pour aménager 28 chambres ultramodernes à l'intérieur. Le résultat est convaincant, pour ne pas dire saisissant. Le maire Régis Labeaume y voit une source d'inspiration pour les églises désaffectées qui restent à convertir à Québec, mais pas nécessairement pour Saint-Coeur-de-Marie, sur la Grande Allée, qui coûterait trop cher à retaper pour assurer une rentabilité.
ENTENDU
«Vous êtes de loin le Guilbault le plus agréable que je connaisse.» Régis Labeaume a réagi ainsi quand s'est nommé le directeur général d'Images et réseaux, un regroupement d'entreprises et de chercheurs en télécommunications établi à Rennes. Bertrand Guilbauld paraissait surpris d'autant de sollicitude avant même d'avoir pris la parole, hier après-midi. Le maire de Québec a précisé qu'un adversaire qui le «harasse» porte le même nom de famille. Il s'agit évidemment de Jean Guilbault, conseiller municipal indépendant du district Laurentien. Attrapant la balle au bond, le Français a commencé sa présentation en assurant au maire qu'il tenterait de demeurer «le Guilbaud le plus agréable à vos yeux».