«Les événements sont toujours à renouveler. Les grands parcs de loisirs, les grands aquariums, les musées savent qu'outre le public fidèle, spécialisé, il faut à chaque fois inventer du nouveau», a lancé samedi le maire de Saint-Malo, René Couanau, lors d'une conférence de presse tenue dans sa ville en présence de Régis Labeaume, son homologue de Québec.
M. Couanau a reconnu volontiers que l'édition 2012 de la Transat était victime des difficultés économiques de l'Europe. Les budgets de fabrication et d'entretien des voiliers ont fondu, tout comme les enveloppes de publicité, alors que les assurances coûtent de plus en plus cher. Il y aura donc un peu moins de bateaux pour traverser l'Atlantique et ils seront plus petits.
Selon le maire de Saint-Malo, le renouveau de la formule passe par une meilleure communication. «Ce qui fait la grande course transatlantique, c'est autant la qualité des bateaux, des skippers, la concurrence, mais aussi la qualité de la communication», dit-il.
Passionner les gens
Régis Labeaume est d'accord et se tourne spontanément vers Internet pour relancer la Transat.
«Notre difficulté à Québec, c'est qu'il n'y a pas de public assidu. Il faut trouver la façon pour que la population puisse vivre la traversée quasiment live. [...] Je pense que ça va prendre des caméras en permanence sur les embarcations. C'est ce qu'on a besoin pour passionner les gens» et donner plus de visibilité aux commanditaires, a-t-il fait valoir.
Déjà, cette année, l'entreprise Korem, de Québec, offre une application permettant de suivre en temps réel les déplacements des bateaux participants sur le Web, les téléphones intelligents et les tablettes. Des informations périphériques sur les vents, les vagues, les dimensions des voiliers et l'expérience de l'équipage pourront aussi être consultées. Quelques images vidéo seront diffusées, mais pas en continu.
L'entreprise bordelaise Be Tomorrow a aussi inventé un jeu où les spectateurs sont à même de se créer un bateau virtuel pour participer à la course.
Les conséquences de la concurrence
Les grands voiliers, que Québec veut accueillir en 2017, à temps pour le 150e anniversaire de la Confédération canadienne, sont aussi un peu moins nombreux cette année dans le port de Saint-Malo, où ils se mouillent pour la 12e fois. Mais dans ce cas, c'est davantage la concurrence qui pousse les nombres à la baisse. «C'est un type d'événement très demandé», constate M. Couanau.
C'est le cas pour 2017. Outre Québec, qui a réservé sa place pour juillet, le Sultanat d'Oman a envoyé des représentants à Saint-Malo, ces jours-ci, pour voir les bateaux de près et négocier avec les organisateurs, Sail Training International. «Ils sont très demandeurs», a pris la peine de noter le maire Couanau. «Ils sont en train de s'ouvrir considérablement sur autre chose que le pétrole.»
«On sent beaucoup plus de compétition venant de l'Orient» pour les grands événements sportifs et culturels, confirme Régis Labeaume, qui s'en inquiète un peu. «À l'avenir, ça va peut-être coûter plus cher.»
En attendant, le maire de Québec bénéficie de l'expérience de son ami malouin pour négocier «serré» avec Sail Training International. «On utilise ses services parce qu'évidemment, on veut payer le moins cher possible», a-t-il répété samedi. En vertu d'un accord préliminaire signé en novembre, Québec devra débourser entre 3,8 et 4,8 millions $ pour attirer entre 30 et 40 voiliers de grande taille dans son port d'ici cinq ans. La transaction finale doit être conclue en août.
Lu
«On the run», c'est le nom des petits commerces d'alimentation collés aux stations-service d'Esso en France. Au Québec, on parle plutôt de Marché Express. La multinationale a bien tenté de rebaptiser «nos» dépanneurs en 2007, mais la démarche a soulevé l'indignation des groupes de défense de la langue française. Craignant un boycottage, Esso a fait marche arrière et maintient ses bannières francophones au Québec. Comme quoi l'anglicisation de l'affichage commercial est un phénomène réversible pour les Gaulois, peu importe d'où ils sont.
Vu
Des policiers en scooters ouvrir la voie au véhicule transportant Régis Labeaume dans les petites rues de Saint-Malo pour qu'il arrive à temps à la conférence de presse portant sur la Transat Québec-Saint-Malo. Le chauffeur, Julien, avait l'habitude puisqu'il a conduit Nicolas Sarkozy à travers la France pendant la dernière campagne électorale. Deux grosses heures de retard au décollage à Québec et un accident sur la route nationale 84 en bordure de Rennes ont eu raison de l'horaire serré du maire de Québec. Il a dû se présenter en jeans et pas rasé devant les cousins bretons, qui heureusement raffolent de l'accent québécois.
Entendu
Parler des nouveaux radars photo «tronçons» qui s'implantent tranquillement en France. Ces appareils détectent la vitesse des véhicules qui passent à un endroit précis, puis reprennent une mesure quelques kilomètres plus loin afin de calculer la vitesse moyenne sur tout le tronçon. Ceux qui dépassent les limites écopent d'une contravention, photos à l'appui. Le but est d'éviter que les automobilistes décélèrent avant de croiser l'appareil de contrôle et accélèrent aussitôt après, un effet pervers bien connu de la nouvelle technologie. Un premier radar de ce type a été installé à Besançon, en Franche-Comté, en juin. Il devrait y en avoir une quarantaine dans toute la France d'ici la fin de l'année.