Labeaume s'insurge contre l'anglais à Paris

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Les enseignes en anglais sont nombreuses à Paris, comme celle de cette boutique de souvenirs de la rue Rivoli, près du Musée du Louvre.

Collaboration spéciale, Valérie Gaudreau

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Labeaume en France
Labeaume en France

Du 6 au 13 juillet, Le Soleil accompagne le maire Régis Labeaume en mission en France. Au programme : Saint-Malo, Nantes et Paris. »

(Paris) Régis Labeaume n'en revient pas : chaque fois qu'il visite Paris, l'usage de l'anglais est de plus en plus répandu dans les conversations et dans l'affichage. Au point où le maire de Québec se demande s'il n'est pas temps de dénoncer en public ce que plusieurs élus français lui disent en privé : si la France ne se réveille pas, qui le fera dans la francophonie?

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Régis Labeaume a discuté avec son homologue de Paris, Bertrand Delanoë, qui s'est dit, lui aussi, inquiet de l'usage croissant de l'anglais dans sa ville.

Collaboration spéciale, Valérie Gaudreau

«Il va falloir qu'on se préoccupe de ça à un moment donné. C'est sidérant de voir la publicité ici», a-t-il lancé mardi en point de presse à l'issue d'une série de rencontres portant sur l'Association internationale des maires francophones (AIMF).

«On ne pourra pas avoir une francophonie en santé si on ne décide pas de réfléchir à ça.»

Les raisons sociales des grandes chaînes sont une chose. Mais utiliser des termes comme smart phones, happy hour, iced coffee et autres breakfast sandwich dans l'affichage commercial dépasse les limites, dit le maire. Et il semble prêt à crever l'abcès sur ce «sujet tabou».

«Les politiciens français à qui j'en parle me disent dans l'oreille que j'ai raison, mais c'est tabou.»

Le maire pourrait-il profiter de la tribune du premier Forum mondial de la langue française que Québec accueillera en juillet? Disant ne pas vouloir «bousiller» la rencontre en suscitant une potentielle polémique, il se promet toutefois d'en parler au commissaire général du Forum, Michel Audet.

«C'est peut-être à nous de lancer le débat? Je pense qu'on est justifiés de le faire. Mais je vais en parler à Michel.»

Régis Labeaume dit s'être fait répondre par plusieurs personnes qu'elles voyaient une simple forme de «snobisme» dans l'usage de l'anglais dans l'Hexagone. «Mais un snobisme qui affecte ta langue, c'est pas trop bon. Pour nous, la France est le pilier de la langue française. Nous, on se débat comme des fous pour trouver des mots.»

Et même si d'autres défendent cette tendance, blâmant cette fois un phénomène de mode, Régis Labeaume estime qu'il vaut mieux ne pas attendre qu'elle passe. «C'est comme l'alcoolisme, une fois que tu révèles que tu as un problème, tu as une partie de la solution», a-t-il illustré.

Questionné sur l'usage croissant de l'anglais dans sa ville, le maire de Paris s'est dit inquiet du phénomène, mardi.

«Il m'arrive même quand j'écoute la radio ou que je regarde la télévision de ne pas comprendre certains mots», a reconnu Bertrand Delanoë après une rencontre avec Régis Labeaume. «En particulier concernant les nouvelles technologies, qui amènent de nouveaux mots, une espèce de langue qui est en train de se créer», a-t-il poursuivi en appelant lui aussi à la vigilance.

«Le langage est quelque chose de très précieux, mais c'est aussi un véhicule pour des valeurs.»

Le Souvenirs Center, près du Louvre, est un... (Collaboration spéciale, Valérie Gaudreau) - image 2.0

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Le Souvenirs Center, près du Louvre, est un exemple parmi tant d'autres de l'utilisation répandue de l'anglais dans l'affichage commercial à Paris.

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>> LU

Régis Labeaume déplore l'usage croissant de l'anglais en France? Un seul coup d'oeil permet de se rendre compte que le problème est bien réel dans les rues de Paris. À deux pas du pourtant emblématique Musée du Louvre, les boutiques de souvenirs s'appellent Souvenirs Center, Rivoli Street, Gift Shop, Love Paris et World Souvenirs. L'idéal pour rapporter un petit cadeau totalement made in France.

>> VU

Le superbe hôtel de ville de Paris et son escalier de marbre blanc qui rappelle celui de l'hôtel de ville de Québec. Mais en beaucoup plus imposant. De quoi faire descendre le maire Bertrand Delanoë pas mal plus longtemps si l'envie lui prend de commander du poulet de chez St-Hubert devant les caméras...

>> ENTENDU

«André Garon m'a offert mon portrait. Il a beaucoup de talent et il est très gentil.» Contrairement à Josée Verner, pas question pour Régis Labeaume de se départir de la toile qu'André Garon a peinte pour lui. «Le tableau est à l'hôtel de ville», a poursuivi le maire lorsque questionné sur l'article du Soleil de mardi où l'artiste se disait blessé par le refus de l'ex-députée et actuelle sénatrice de conserver l'oeuvre. «Bon, il n'est pas sur le mur parce que ça ferait un peu narcissique, mais je le conserve.»

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